Association des Travailleurs Maghrébins de France
10 rue Affre - 75018 Paris
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Les semaines de l’égalité 2017

Le 21 septembre 2015, le Conseil des prud’hommes de Paris a rendu sa décision sur le plus massif et le plus long procès contre les discriminations en France. Cette décision est historique : 842 cheminots marocains, c’est-à-dire 842 familles ont été reconnues et rétablies en droit. D’abord le droit à leur dignité.
Désormais ils ne sont plus considérés comme étant inférieurs à leurs collègues français. Ensuite le droit à l’égalité. Ils ont désormais le même statut de cheminots. Enfin, ils ont obtenu une réparation financière pour compenser les discriminations dont ils ont été victimes en matière de déroulement de carrière, de calcul de retraite, d’accès à la formation, d’accès aux soins et de facilités de circulation, ainsi que le remboursement des frais de justice. (la SNCF a fait appel depuis, et la délibération des juges est prévue pour janvier 2018))
Dans chaque page du jugement, la SNCF a été déboutée, condamnée et la nature de sa pratique jugée discriminatoire reconnue par un tribunal. 40 ans de discriminations qui touchent la vie et la santé de 2000 cheminots, parce qu’ils ont un infra-statut et parce qu’ils sont immigrés.

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Des morts sans sépulture

 

                                                     Un jour d’octobre 1961, la Seine a rougi d’un crime d’Etat.
Depuis, dans le silence et l’obscurité de ce même Etat, des femmes et des hommes meurtris par leur dignité arrachée se souviennent. Chaque 17 du dixième mois de chaque année, ils se retrouvent sur un pont qui enjambe la mémoire de l’eau.
Avec des fleurs à la main, avec le regard perdu au loin pour laisser réémerger ces morts sans sépulture, ils et elles témoignent. De pont en pont, d’Argenteuil à Nanterre, de Colombes à Gennevilliers, ils tissent les souvenirs avec le fil de la justice.
Rien, pas même le temps qui emporte les chibanis et les chibanias, ne dissout l’horreur perpétrée par l’Etat français. Rien, parce que tout nous y renvoie : des crimes policiers qui visent d’abord les enfants héritiers de l’immigration aux meurtres de milliers de migrants, organisés chaque année par la France et les autres gouvernements de l’Union Européenne. Des migrants qui fuient la misère et la guerre orchestrées par l’Occident.
Hier la Seine, aujourd’hui la Méditerranée, à son tour devenue le plus grand cimetière sans sépulture.
Rien ne nous fera oublier car tout fait écho au prix payé par ces Algériens et Algériennes qui se battaient pour l’indépendance.
 Rien ne nous fera oublier car d’autres peuples sous d’autres latitudes se battent pour la même indépendance et subissent les mêmes crimes racistes coloniaux, impérialistes.
 Rien ne nous fera oublier car sur les murs d’Argenteuil, l’affiche de monsieur Ali Ziri, même défraîchie avec le temps, résiste aux vents mauvais. Ali, 69 ans, tué par la police nationale un jour de printemps 2009, avait 20 ans ce jour d’automne 1961. Il savait ce que la police avait fait, il n’imaginait pas ce qu’elle ferait encore tant d’années plus tard. Là encore, lorsqu’il s’agira de condamner la police nationale, ses proches entendront la justice prononcer : « non-lieu ».
D’hier à aujourd’hui, nous poursuivons ce chemin de larmes et de recueillement car la douleur gronde encore dans nos corps. Mais nous poursuivons ce chemin de dignité en exigeant la reconnaissance de ces crimes d’Etat et la condamnation de l’Etat.
Nous ne voulons plus de ces plaques de rues, de places ou de ces frontons d’écoles et autres institutions d’Etat portant le nom d’esclavagistes et de colonialistes.
                   Il est temps de rendre hommage à celles et ceux qui ont mis leur vie au service de la lutte pour l’égalité et la dignité.
                                                 Ce 17 octobre, nous le ferons pour eux, parce qu’ils nous ont faits.
Argenteuil, 1er octobre 2017.
17 octobre 1961

17 octobre 2017     
Collectif citoyen « 17 octobre 1961 » d’Argenteuil, pour la 56 ème commémoration.
Mardi 17 Octobre 2017 à Argenteuil.

A 19h, Hommage aux morts sur le Pont d’Argenteuil.

A 20h, Projection du film « Les balles du 14 Juillet 1953»
de Daniel Kupferstein à la Maison des jeunes,
3 rue des Gobelins.

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Migrant-e-s âgé-e-s, les oublié-e-s de l’histoire

  

 

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Chibanis… contrôles discriminatoires de la part de la Carsat… suite

Grâce à la mobilisation et la détermination de l’Atmf nous avons obtenu l’annulation de plus de 4 600 € de dette réclamée par la Carsat à un Chibanis vivant dans un foyer Adoma à Strasbourg.

Mais malheureusement un autre Chibani du même foyer a reçu une notification, en date du 1er aout dernier, lui réclamant le remboursement de 6 870€.
Somme à rembourser au plus tard le 1er octobre 2017 !!!
Nous avons fait un recours auprès du président de la commission du recours amiable de Bas-Rhin.

Les contrôles discriminatoires et ciblés contre les Chibanis se poursuivent à Strasbourg et toujours en masse !
En effet le mardi 19 septembre plus de 10 contrôleurs (Carsat) ont débarqué au foyer Adoma (Strasbourg) pour exiger les passeports des Chibanis présents ce jour là et pour les autres un courrier déposé les invitant à se présenter à la caisse de retraite au plus tard le 29 septembre sous peine de leur suspendre leur Aspa (Allocation de Solidarité aux Personnes Agées, plus de 65 ans).
La Carsat ne se contente pas juste de suspendre l’Aspa, elle réclame le remboursement de cette aide et cela en revenant 3 ans en arrière !

À quand l’arrêt de ces harcèlements ?
Laissons les vivre leurs derniers jours DIGNEMENT.

Strasbourg – 29 septembre 2017

—————————

Pour avoir plus d’information, merci de cliquer sur les liens ci-dessous :

1- La décision de la cour de cassation – carsat_contre_chibanis du 28 mai 2015 http://www.gisti.org/…/jur_cass_2015-05-28_aspa_condition-d…

2- Délibération de la Halde 2009-148 du 6 avril 2009 http://www.defenseurdesdroits.fr/…/h…/HALDE_DEL_2009-148.pdf

3- 2 articles des DNA du 18 mars 2016 http://www.dna.fr/edition-de-str…/…/des-chibanis-surendettes
et
http://www.dna.fr/edition-de-strasbo…/…/un-controle-de-masse

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Les jeunes mineurs marocains au square Alain Bashung

 

Depuis le mois de juin, plusieurs jeunes mineurs marocains nous visitent pratiquement tous les jours, en demande de soutien (nourriture, vêtements, se reposer…).

Voici  quelques  articles  décrivant la situation de ces  jeunes mineurs et le rôle des associations, dont l’ATMF, pour  leur trouver des solutions ;

Journal 20 Minutes : http://www.20minutes.fr/paris/2111883-20170803-paris-mineurs-marocains-square-alain-bashung-toujours-livres-memes

Journal H24 info : https://www.h24info.ma/maroc/videos-paris-colle-drogue-prostitution-drame-de-mineurs-marocains-livres-a-eux-memes/

Journal Elperiodico : http://www.elperiodico.com/es/sociedad/20170823/menores-sin-techo-marroquies-se-instalan-en-una-plaza-de-paris-6239234

Journal NPA : https://npa2009.org/actualite/antiracisme/quartier-de-la-goutte-dor-lerrance-des-mineurs-isoles-marocains

 

 

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Festival des Migrations • 30/09/2017 Place Gutenberg • Strasbourg

Nos revendications restent les mêmes et nous affirmons avec force :

L’urgence d’agir au niveau national et européen en réaffirmant l’intangibilité du droit international : les pays membres de l’Union Européenne ont signé la Convention de Genève sur le statut des réfugiés à savoir

  • Le droit de quitter tout pays, y compris le sien (article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, article 12 du Pacte international relatifs aux droits civils et politiques, dont les Etats membres de l’U.E. sont tous signataires)
  • Le droit d’asile (articles 31 et 33 de la Convention de Genève, article 18 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne)
  • Ce droit est entravé par l’Union Européenne qui tente de repousser ses frontières encore plus au sud et se rend ainsi complice de violations des droits humains lorsqu’elle soustraite le contrôle des personnes migrantes à la Libye et aux pays du Sahel.
  • Seule une application effective de cette convention, notamment par la délivrance de visas, permettra d’éviter les drames en Méditerranée. Des frontières fermées rendent la migration plus difficile, plus coûteuse et plus dangereuse ; elles ne l’empêcheront pas
  • Depuis 2000, l’Union Européenne a dépensé plus de treize milliards d’euros pour sécuriser, surveiller, contrôler ses frontières extérieures.
  • En pure perte sur la même période, migrants et réfugiés ont dépensé plus de quinze milliards d’euros pour les franchir !
  • L’Union Européenne ne doit pas confier la responsabilité des réfugiés (politiques, économiques ou climatiques) aux pays non-européens qui ne leur assurent aujourd’hui aucune protection effective. Cela pousse des personnes fuyant les conflits, comme les Syriens, à prendre la mer au péril de leur vie.
  • Les investissements économiques et l’aide au développement aux pays du Sud de la Méditerranée ne doivent pas être conditionnés à la mise en place des dispositifs de contrôle de flux migratoires, mais s’inscrire dans une dynamique d’égal à égal.
  • C’est bien la fermeture des frontières qui tue des hommes et des femmes sur le chemin de l’exil, car si les frontières étaient ouvertes, tous ceux qui veulent atteindre l’Europe, tous ceux qui en ont besoin pour sauver leur vie ou l’améliorer, pourraient arriver par avion ou par des routes sûres, sans avoir besoin de risquer leur vie en mer ni de débourser des sommes colossales pour franchir cette frontière.

Incapable de développer une véritable politique commune en matière d’asile et d’immigration, l’Union européenne ne fait rien d’autre qu’alimenter les affaires des passeurs, dont l’activité est aujourd’hui devenue le troisième trafic du monde en termes de chiffre d’affaire, derrière la drogue et les armes. Ce sont les passeurs qui désormais déterminent qui arrive en Europe, à quel endroit et à quel prix !

Ce changement de vision est urgent. Nous voulons une politique européenne d’asile et d’immigration basée sur le respect des droits des personnes migrantes plutôt que sur la répression. Nous réaffirmons la nécessité de construire une gouvernance alternative au modèle européen actuel. Ce chantier appelle d’une part, une réflexion approfondie avec des nouveaux acteurs incluant les collectivités locales, les universités, les réseaux de migrants et d’autre part, à porter un intérêt aux divers modèles migratoires alternatifs en cours dans d’autres parties du monde (l’Asie, l’Amérique latine, l’Afrique)

LE COLLECTIF POUR UNE AUTRE POLITIQUE MIGRATOIRE dont fait parti l’ATMF

 

 

 

 

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ATMF Strasbourg combat avec les familles des disparus en Tunisie

Après notre participation à la conférence internationale  » Migration Movements around the Mediterranean:Realities and challenges  » et dans le cadre du projet Missing at the Borders nous avons rencontré les familles des disparus afin de  leur donner une voix et une  visibilité. L’ATMF Section du Bas-Rhin a aussi rendu visite (Zarzis-Tunisie) a Chamssedine Marzouk , un ancien Pêcheur est devenu le fossoyeur des migrants qui meurent en mer. Depuis plus  de 11 ans , il s’occupe bénévolement de nombreux corps retrouvés aux larges côtes sud de la Tunisie. A travers cette visite, l’association des travailleurs Maghrébin montre sa solidarité avec Chamssedine, le croque mort des migrants rejetés par la mer, et notre compassion aux sans voix « Migrants disparus aux frontières « . .

 

 Par :Hatem Gheribi

   

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Missing at the borders – disparus aux frontières : présentation du projet & appel aux dons

MISSING AT THE BORDERS

People not numbers

www.missingattheborders.org (site en cours de création).

 DIGNITÉ, VERITÉ ET JUSTICE pour les migrants morts et disparus aux frontières de l’Europe !

Année après année, nous assistons au décompte macabre des victimes le long des frontières du monde. Seulement dans la Méditerranée, entre la fin des années 80’ et 2016, plus de 35000 personnes migrantes ont été comptées comme mortes ou disparues dans la tentative de traverser la mer pour atteindre l’Europe[1].

Il s’agit des victimes des frontières et des murs que les Pays du nord riche érigent de plus en plus pour empêcher la mobilité humaine. Il s’agit des victimes des politiques migratoires qui ne permettent pas que la migration soit un droit à la portée de toutes et tous, comme le sanctionnerait pourtant l’art.13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ces personnes sont mortes ou disparues pour avoir tenté de saisir le droit de traverser les frontières qu’on leur nie en leur refusant le droit d’avoir un visa pour voyager dignement.

Ces victimes que les media et la politique transforment en objets sont des PERSONNES.

DES PERSONNES avec un prénom, un nom de famille, une histoire, une motivation qui les a amenés à quitter leur propre terre et à chercher ailleurs la paix, un travail, un futur.

DES PERSONNES derrière lesquelles il y a des FAMILLES, car chacune d’entre elles a une mère, un père, une femme, un mari, des frères et des sœurs, des proches.

DES FAMILLES qui vivent dans l’angoisse de la disparition de leurs proches, parfois arrivés en Europe et puis disparus sans laisser de traces.

DES FAMILLES qui ont des indices qui disent que leur proches ont étés victimes de disparitions forcées, en ayant étés enfermés illégalement dans une des centaines de prisons pour migrants qu’on construit dans les Pays du sud de la Méditerranée avec l’aval politique et le soutien économique européen.

DES FAMILLES obligés de payer des énormes sommes d’argent pour libérer leurs proches des tortures auxquelles les soumettent les bourreaux de la traite des êtres humains.

DES FAMILLES qui ont la quasi-certitude de la mort de leurs proches, mais restent hantées par l’ignorance de leur sort, par l’absence du corps aimé qui ne leur a jamais été restitué. Sans connaître leur sort, sans pouvoir leur offrir une sépulture digne, le deuil leur est impossible.

DES FAMILLES qui ont demandé que la justice condamne les agents militaires et de police qui ont la responsabilité matérielle de la mort de leurs proches, et qui on vu au contraire les cas classés.

DES FAMILLES qui pourtant ont décidé de ne pas considérer la disparition ou la mort de leurs proches comme une fatalité.

DES FAMILLES qui exigent des réponses de la part de ceux qui n’arrêtent pas de construire des murs et qui agissent avec toujours plus de violence le long des frontières.

DES FAMILLES qui accusent ceux qui, n’accordant pas des possibilités d’entrée régulières, obligent les personnes à risquer leur vie pour arriver à destination.

DES FAMILLES qui exigent que l’Europe et les Pays du Sud du monde complices dans le contrôle des frontières externalisées répondent des milliers de morts et disparus le long des routes migratoires.

DES FAMILLES qui ont décidé de ne pas rester en silence, mais d’exiger DIGNITÉ, VERITÉ ET JUSTICE!

Pour cette raison les activistes des associations des deux rives de la mer Méditerranée, avec les familles des personnes migrantes mortes ou disparues en tentant de rejoindre l’Europe, ont décidé de créer cette plateforme en ligne à fin de raconter l’histoire de ces migrants disparus et faire entendre les voix et les demandes de dignité, de vérité et de justice de leurs familles.

[1] OIM – http://gmdac.iom.int/map-tracking-migrant-deaths-and-disappearances

MISSING AT THE BORDERS

Est un projet qui veut faire entendre les familles, pour qu’elles restituent une visibilité aux disparus. La page web accueillera les témoignages vidéo des proches pour donner une identité concrète aux migrants et pour répandre la demande de vérité et justice de leurs proches.

MISSING AT THE BORDERS est un projet à l’initiative de :

Atmf logo

Association des Travailleurs Maghrébins de France – http://www.atmf.org/

milan senza frontiere

Milano sans Frontières – https://www.facebook.com/milanosenzafrontiere/ – milanosenzafrontiere@gmail.com

Palermo Senza Frontiere LOGO

Palermo sans Frontières : https://www.facebook.com/Palermo-Senza-Frontiere-235340943334907/

cropped-como-senza-frontiere-bannerComo sans Frontières : https://comosenzafrontiere.wordpress.com/

carovane migranti logo

Carovane Migranti : http://www.carovanemigranti.org/

AP-nr-670 Alarm Phone : https://alarmphone.org/fr/

wtm-logo

Watch The Med : http://watchthemed.net/

 

 

www.missingattheborders.org     –    france@missingattheborders.org     –     italia@missingattheborders.org

 

MissingLogo

 

Les introductions en différentes langues :

Français : Missing at the borders – INTRO FR

Allemand : Deucht introduction

Anglais : INTRO WEB ENGLISH DEFINITIVE

Italien : INTRO WEB ITALIANO DEFINITIVE

Espagnol : INTRO WEB espagnol DEFINITIVE

Arabe : مفقودون على الحدود -أُناس لا أرقام.

 

APPEL AUX DONS

 

MISSING AT THE BORDERS est un projet autofinancé
Pour le soutenir, vous pouvez faire un don en utilisant les coordonnées bancaires ci dessous :
IBAN : FR76 10278 06039 00021292941 23 – BIC CMCIFR2A
Banque : Crédit Mutuel
Libellé : Projet MISSING AT THE BORDERS
Titulaire du compte : ATMF
Les chèque sont à établir à l’ordre de l’ATMF et à adresser au 10 rue Affre – 75018 Paris

 

Missing - appel à dons

 

 

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Missing at the borders – les disparus aux frontières : stand le 2/9 à Strasbourg

L’Atmf et l’Alarm Phone ont tenu un stand, place kléber Strasbourg le samedi 02/09/17 entre 16h & 18h, sur la question des disparus en méditerranée ainsi que de leurs familles.

 

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Quelques photos :

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À rebours du Plan Migrants, la société civile se rassemble autour d’une Conférence nationale citoyenne sur la politique migratoire de la France

Près de 260 associations et collectifs de solidarité et de défense des droits humains lancent l’organisation d’une Conférence nationale citoyenne sur l’accueil et les droits des personnes migrantes en France. Elles publient leur appel sur Mediapart et Bastamag ce 25 juillet.

Cette décision des acteurs associatifs et de citoyens est une réponse au Plan Migrants du Gouvernement publié la semaine dernière. Ce dernier ignore les propositions portées par celles et ceux qui, sur le terrain, agissent pour le respect de la dignité et des droits des personnes migrantes en France, et pallient l’absence ou l’insuffisance de volonté et de moyens de l’État.

Alors que les demandes de dialogue et de concertation des membres de la société civile restent sans réponse, ces derniers décident aujourd’hui de lancer un processus de concertation et de propositions entre tous les acteurs, afin de montrer, expériences à l’appui, qu’il est possible d’accueillir dignement et autrement les migrants dans notre pays.

Cette Conférence nationale citoyenne se tiendra fin 2017.

470 organisations ont adressé le 15 juin dernier au président de la république et au gouvernement un « Appel à un changement radical de politique migratoire en France ».

Cet appel exprimait la volonté des signataires de voir s’engager une politique alternative, respectueuse des droits fondamentaux. Il demandait qu’il soit mis fin aux violences policières à l’encontre des personnes exilées ainsi qu’à l’intimidation de citoyen-ne-s et associations désigné-e-s comme coupables de « délit de solidarité ». Il réclamait, enfin, la tenue d’une large conférence nationale sur les questions migratoires.

Depuis plus de vingt ans, les gouvernements successifs perpétuent une politique de mise à l’écart et d’exclusion. Des milliers d’enfants, de femmes et d’hommes qui ont réussi à atteindre l’Europe, dont la France, souvent au risque de leur vie, voient leurs droits les plus fondamentaux méprisés. Ils et elles sont relégué-e-s, maintenu-e-s dans la précarité, enfermé-e-s, expulsé-e-s, parfois vers des pays où ils et elles sont en danger de mort.

Face à cette situation, des dizaines de milliers de personnes solidaires et des centaines d’associations œuvrent au quotidien et pourvoient au plus urgent. Mais ni leur expertise d’acteur de terrain ni leur volonté citoyenne d’agir pour un accueil digne ne sont reconnues par les pouvoirs publics. Au contraire, ces personnes et associations voient leur action entravée, quand elles ne sont pas traitées comme des délinquantes et poursuivies pénalement.

Le « plan migrants », présenté ces jours derniers par le gouvernement, décidé en quelques semaines, n’est en rien le fruit d’une concertation, encore moins de la réflexion nationale que nous voulons. En outre il est loin d’aller dans le sens de la politique d’hospitalité, de respect du droit d’asile et plus largement de respect des droits humains que nous revendiquons. Non seulement il ne rompt avec aucune des précédentes politiques migratoires, mais il nous enferme encore davantage dans une approche sécuritaire, opposant réfugié-e-s et migrant-e-s, en particulier ceux et celles qualifié-e-s d’« économiques ».

Nous réitérons donc notre appel au lancement d’une conférence nationale sur les migrations, permettant de poser une analyse précise et éclairée de l’accueil des étrangers en France et d’envisager sereinement les façons de construire une politique respectueuse des obligations de la France en matière d’accueil et de respect des droits humains.

Des espaces de débat public ont été ouverts sur d’autres thématiques dans le passé, comme le Grenelle de l’environnement ou les conférences sociales. Nous ne les idéalisons pas, mais nous savons d’expérience que cela a permis aux responsables politiques de s’appuyer sur l’expertise des acteurs de la société civile, des collectivités locales, des chercheur-se-s, pour déboucher sur des propositions d’action nourries de cette concertation.

Notre requête n’a pour l’heure pas été entendue, mais nous ne renoncerons pas à la dynamique de rassemblement manifestée par le succès de notre appel. Nous lancerons une concertation citoyenne mobilisant associations nationales et locales, collectifs de migrant-e-s et citoyen-ne-s réunis dans des initiatives locales de solidarité. Ensemble nous voulons faire émerger une proposition de politique d’accueil conforme à nos valeurs de solidarité et d’humanité.

25 juillet 2017