{"id":2023,"date":"2006-11-13T23:09:08","date_gmt":"2006-11-13T23:09:08","guid":{"rendered":"http:\/\/new.atmf.org\/?p=2023"},"modified":"2006-11-13T23:09:08","modified_gmt":"2006-11-13T23:09:08","slug":"une-marche-en-liberte-emigration-2","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atmf.org\/?p=2023","title":{"rendered":"UNE MARCHE EN LIBERTE &#8211; Emigration subsaharienne"},"content":{"rendered":"<h3>Joseph LEPINE pr\u00e9sente le r\u00e9cit de Jean-Paul DZOKOU-NEWO, UNE MARCHE EN LIBERTE &#8211; Emigration subsaharienne, Paris : Maisonneuve &#038; Larose, nov. 2006.<\/h3>\n<p><b>Pr\u00e9sentation<\/b><br \/>\nJean-Paul Dzokou-Newo quitte le Cameroun pour se rendre en Europe. Il traverse le Nig\u00e9ria, le Niger, l&rsquo;Alg\u00e9rie, la Libye, puis, via l&rsquo;Alg\u00e9rie encore, le Maroc o\u00f9 il tente de passer la barri\u00e8re de Melilla, chute et se blesse gravement, n\u00e9cessitant une intervention chirurgicale d&rsquo;urgence r\u00e9alis\u00e9e par les M\u00e9decins Sans Fronti\u00e8res et une immobilisation compl\u00e8te pendant trois mois que lui offre le P\u00e8re Joseph Lepine, \u00e0 Oujda, au Presbyt\u00e8re de la Paroisse Saint-Louis, v\u00e9ritable oasis humanitaire pour de nombreux exil\u00e9s. Soirs apr\u00e8s soirs, en discutant avec Jean-Paul, le P\u00e8re Joseph lui fait raconter son histoire et r\u00e9dige ce long r\u00e9cit \u00e9pique et souvent dramatique ; un t\u00e9moignage d&rsquo;une rare pr\u00e9cision sur la vie et les \u00e9v\u00e8nements quotidiens que subissent les exil\u00e9s, d\u00e9shumanis\u00e9s tout au long de leur marche en libert\u00e9 et qui, souvent, r\u00e9sistent \u00e0 cette d\u00e9shumanisation gr\u00e2ce la foi. Ce sort est celui de milliers d&rsquo;exil\u00e9s d&rsquo;Afrique subsaharienne pouss\u00e9s par les guerres, les pers\u00e9cutions, les dictatures, les g\u00e9nocides, les affrontements ethniques ou religieux, les dysfonctionnements \u00e9tatiques, les influences internationales, la mis\u00e8re \u00e9conomique&#8230; \u00e0 fuir loin de leurs pays pour survivre, trouver refuge, aider leurs proches, \u00e9tudier ou simplement voir le monde. Mais leur \u00e9ventuel malheur initial se double aujourd&rsquo;hui d&rsquo;un autre dont tous sont victimes : une assignation \u00e0 r\u00e9sidence prononc\u00e9e par l&rsquo;Europe devenue x\u00e9nophobe, obnubil\u00e9e par des phantasmes de submersion migratoire. Jean-Paul en subit les cons\u00e9quences au jour le jour sans bien identifier l&rsquo;origine politique de ce ph\u00e9nom\u00e8ne. En postface, J. Valluy (Univ.Paris 1, r\u00e9seau T.E.R.R.A.), retrace la gen\u00e8se historique et g\u00e9opolitique de cet enfer europ\u00e9en qu&rsquo;a travers\u00e9 Jean-Paul Dzokou-Newo en Afrique.<\/p>\n<p>..<b>Avertissement et remerciements :<\/b><br \/>\nLe P\u00e8re Joseph LEPINE, Pr\u00eatre de la Paroisse Saint-Louis \u00e0 Oujda (Maroc) a recueilli le r\u00e9cit de Jean-Paul Dzokou-Newo, exil\u00e9 camerounais en transit au Maroc, de mars \u00e0 avril 2005, durant sa convalescence apr\u00e8s son accident sur la barri\u00e8re de Melilla.<br \/>\nQue soient remerci\u00e9es ici les trois associations qui on soutenu la publication de cet ouvrage : l&rsquo;Association des Travailleurs Maghr\u00e9bins de France, le Comit\u00e9 Catholique contre la Faim et pour le D\u00e9veloppement et le Secours Catholique &#8211; Caritas France.<\/p>\n<p><b>Pr\u00e9face, J\u00e9r\u00f4me Valluy<\/b><br \/>\nUniversit\u00e9 Panth\u00e9on-Sorbonne (Paris 1)<br \/>\nR\u00e9seau scientifique TERRA (Travaux, Etudes et Recherches sur les R\u00e9fugi\u00e9s etl&rsquo;Asile))<br \/>\nDans le cadre d&rsquo;une mission de recherche r\u00e9alis\u00e9e en novembre 2005 gr\u00e2ce au soutien du Centre de Recherches Politiques de la Sorbonne (CNRS &#8211; Paris 1) et en relation avec l&rsquo;animation du r\u00e9seau scientifique TERRA (Travaux, Etudes et Recherches sur les R\u00e9fugi\u00e9s et l&rsquo;Asile, http:\/\/terra.rezo.net) j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 approcher la mis\u00e8re et le malheur quotidiens des exil\u00e9s subsahariens qui, comme Jean-Paul Dzokou-Newo, transitent par le Sahara et le Maghreb pour se rendre en Europe. Je n&rsquo;ai fait que l&rsquo;entrevoir, ma recherche me conduisant aupr\u00e8s des acteurs de la solidarit\u00e9 avec les exil\u00e9s et notamment aupr\u00e8s du P\u00e8re Joseph Lepine, de la Paroisse St Louis, \u00e0 Oujda. Tout le monde l&rsquo;appelle \u00ab le P\u00e8re Joseph \u00bb. Un homme hors du commun : on sent vite en discutant avec lui une force morale, un amour du genre humain et un courage sans pareil dans le secours \u00e0 autrui, qualit\u00e9s qui r\u00e9apparaissent d&rsquo;ailleurs en filigrane tout au long de ce livre. Ces qualit\u00e9s sont rares mais plus rarement encore alli\u00e9es \u00e0 une conscience profond\u00e9ment lucide et critique des enjeux politiques qui sous-tendent les situations de d\u00e9tresse vers lesquelles se tend pourtant imm\u00e9diatement et sans condition la main secourable du P\u00e8re Joseph. Cette lucidit\u00e9 critique le situe aux antipodes de la bonne conscience caritative, aveugle ou insouciante vis \u00e0 vis des forces qui fa\u00e7onnent ces situations.<br \/>\nLa rencontre du P\u00e8re Joseph et de Jean-Paul Dzokou-Newo a produit une &#339;uvre exceptionnelle : autant les p\u00e9riples africains comme celui de Jean-Paul sont nombreux, autant sont rares les descriptions d\u00e9passant le temps des quelques minutes de reportage t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 ou des quelques heures d&rsquo;entretiens conduits par des chercheurs. C&rsquo;est qu&rsquo;il est rare de rencontrer une personne pr\u00eate \u00e0 consacrer des soir\u00e9es enti\u00e8res, pendant des mois, \u00e0 \u00e9couter un exil\u00e9 et \u00e0 \u00e9crire avec lui le r\u00e9cit de qu&rsquo;il a v\u00e9cu quotidiennement dans cette travers\u00e9e de l&rsquo;Afrique. Souvent aussi les exil\u00e9s n&rsquo;ont simplement pas le temps ou seulement l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;accorder \u00e0 leur propre vie une importance suffisante pour en faire l&rsquo;objet d&rsquo;un r\u00e9cit d\u00e9taill\u00e9. Ils pr\u00e9f\u00e8rent aussi parler de leurs projets, de leurs espoirs que de revenir sur les moments \u00e9prouvants voire humiliants de ce qu&rsquo;ils ont v\u00e9cu. Au-del\u00e0 de sa finalit\u00e9 premi\u00e8re de t\u00e9moignage, ce livre restera comme un document d\u00e9crivant les conditions de vie de ceux qui sont pouss\u00e9s aujourd&rsquo;hui au bord du monde et astreints, pour voyager, \u00e0 des p\u00e9riples \u00e9piques et souvent dramatiques.<br \/>\nJean-Paul et Joseph ont \u00e9crit ce texte ensemble, en discutant des \u00e9v\u00e8nements, en r\u00e9fl\u00e9chissant aux mots et aux phrases qui les d\u00e9crivent. Deux auteurs s&rsquo;expriment ainsi conjointement. On aurait pu envisager de distinguer, par un artifice typographique, l&rsquo;expression de l&rsquo;un et celle de l&rsquo;autre. Mais l&rsquo;artifice aurait affect\u00e9 la nature m\u00eame de ce texte o\u00f9 s&rsquo;entrem\u00ealent continuellement, et avec bonheur, les perceptions, les valeurs, les analyses et les formulations de l&rsquo;acteur et du narrateur dialoguant ensemble. Le style inspir\u00e9, leur est aussi commun, refl\u00e9tant des valeurs et croyances chr\u00e9tiennes partag\u00e9es et exprim\u00e9es parfois avec une ferveur qui risque de surprendre le lecteur non averti. Cette forme d&rsquo;expression, fr\u00e9quente dans de nombreux contextes culturels africains, se retrouve aussi lorsque l&rsquo;on discute avec les exil\u00e9s subsahariens et s&rsquo;exacerbe parfois comme si l&rsquo;affirmation emphatique d&rsquo;un attachement au divin ou d&rsquo;une spiritualit\u00e9 \u00e9tait non seulement une mani\u00e8re d&rsquo;exprimer sa foi mais aussi, pour certains, une mani\u00e8re de r\u00e9affirmer leur dignit\u00e9 humaine dans des conditions sociales et historiques o\u00f9 celle-ci est de plus en plus ni\u00e9e.<br \/>\n\u00ab Une marche en libert\u00e9 \u00bb me semble ainsi porter un double t\u00e9moignage : celui d&rsquo;une vie en exil si d\u00e9valoris\u00e9e, si d\u00e9grad\u00e9e aujourd&rsquo;hui et, plus implicitement, du processus politique europ\u00e9en qui est \u00e0 l&rsquo;origine de cette d\u00e9valorisation, de cette d\u00e9gradation. Alert\u00e9 plus t\u00f4t que quiconque sur cette d\u00e9rive historique, notamment par la multiplication des enterrements pour lesquels il est sollicit\u00e9 depuis des ann\u00e9es mais aussi par les appels \u00e0 l&rsquo;aide qui se multiplient \u00e0 la porte de sa paroisse, Joseph Lepine d\u00e9crit \u00e0 travers ce r\u00e9cit singulier de Jean-Paul Dzokou-Newo un ph\u00e9nom\u00e8ne g\u00e9n\u00e9ral. Pour cette raison, la postface de l&rsquo;ouvrage apportera des \u00e9l\u00e9ments d&rsquo;explication de ce que vit Jean-Paul Dzokou-Newo tout au long de son p\u00e9riple et des relations entre cette d\u00e9shumanisation subie au jour le jour d&rsquo;une part et les grandes man&#339;uvres anti-migratoires, diplomatiques, polici\u00e8res et militaires, men\u00e9es par les pays europ\u00e9ens dans les pays du Maghreb d&rsquo;autre part.<br \/>\nJ. Valluy<br \/>\nJanvier 2006<br \/>\n.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Joseph LEPINE pr\u00e9sente le r\u00e9cit de Jean-Paul DZOKOU-NEWO, UNE MARCHE EN LIBERTE &#8211; Emigration subsaharienne, Paris : Maisonneuve &#038; Larose, nov. 2006. Pr\u00e9sentation Jean-Paul Dzokou-Newo quitte le Cameroun pour se rendre en Europe. Il traverse le Nig\u00e9ria, le Niger, l&rsquo;Alg\u00e9rie, &hellip; <a href=\"http:\/\/www.atmf.org\/?p=2023\">Continue reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-2023","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.atmf.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2023","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.atmf.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.atmf.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atmf.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atmf.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2023"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.atmf.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2023\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.atmf.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2023"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atmf.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2023"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atmf.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2023"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}