{"id":2600,"date":"2012-01-18T13:45:45","date_gmt":"2012-01-18T13:45:45","guid":{"rendered":"http:\/\/new.atmf.org\/?p=2600"},"modified":"2015-02-19T14:57:27","modified_gmt":"2015-02-19T13:57:27","slug":"lettre-ouverte-a-messieurs-2","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atmf.org\/?p=2600","title":{"rendered":"Lettre ouverte \u00e0 Messieurs"},"content":{"rendered":"<p>Messieurs,<\/p>\n<p>L\u2019honneur m\u2019\u00e9choit de pr\u00e9senter respectueusement aux hautes autorit\u00e9s que vous repr\u00e9sentez la situation de mes fr\u00e8res africains venus des pays au sud Sahara, commun\u00e9ment appel\u00e9s \u2018\u2019migrants subsahariens au Maroc\u2019\u2019.<br \/>\nJe suis moi-m\u00eame migrant camerounais, ayant v\u00e9cu dix ans au Maroc. Je suis visc\u00e9ralement attach\u00e9 \u00e0 d\u00e9fendre la cause des personnes d\u00e9plac\u00e9es*, que ce soit pour des raisons \u00e9conomiques, politiques, sociales, ou climatiques. Notamment, je porte et d\u00e9nonce r\u00e9guli\u00e8rement les injustices que subissent les sub-sahariens dans des forums sociaux, des conf\u00e9rences et d\u00e9bats. Comme vous le savez, les migrants fuient la guerre, des conditions climatiques difficiles ou des situations \u00e9conomiques d\u00e9sastreuses. Quittant l\u2019Afrique subsaharienne, ils souffrent ensuite profond\u00e9ment de la travers\u00e9e du d\u00e9sert et cherchent finalement un temps de r\u00e9pit au Maroc. Mais dans le royaume, ils sont pr\u00e9caris\u00e9s, marginalis\u00e9s et, trop souvent, d\u00e9shumanis\u00e9s.<br \/>\nTous les jours, des subsahariens meurent de vouloir rejoindre l\u2019Europe dans un silence assourdissant et l\u2019indiff\u00e9rence totale des autorit\u00e9s marocaines. Depuis les tragiques \u00e9v\u00e8nements de Ceuta et Melilla en octobre 2005 qui ont vu quinze sub-sahariens mourir sous les balles des gardes marocains et espagnols, des organisations d\u2019accompagnement de migrants et de d\u00e9fense des droits humains au Maroc se sont mobilis\u00e9es pour intenter une action en justice, sans qu\u2019\u00e0 ce jour n\u2019aient pu \u00eatre identifi\u00e9s et condamn\u00e9s les responsables de ces meurtres. En 2008, une embarcation de fortune a chavir\u00e9 au large des c\u00f4tes d\u2019Al Hoceima, faisant plus d\u2019une trentaine de noy\u00e9s dont des femmes et des enfants, parmi la soixantaine de sub-sahariens pr\u00e9sents \u00e0 bord. Les rescap\u00e9s ont t\u00e9moign\u00e9 de l\u2019implication des gardes marocains dans le naufrage, et pourtant ceux-ci n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 inqui\u00e9t\u00e9s de quelque mani\u00e8re que ce soit.<br \/>\nDans ses multiples communiqu\u00e9s, le GADEM (Groupement Anti-raciste d\u2019accompagnement et de D\u00e9fense des Etrangers et Migrants au Maroc) fait \u00e9tat des violences et de la d\u00e9shumanisation dont sont victimes les subsahariens dans le pays : en t\u00e9moigne par exemple cet extrait d\u2019un communiqu\u00e9 datant du 25\/10\/2011 :<br \/>\n\u00ab Citant des informations de la MAP, le quotidien Al Massae rapportait dans son \u00e9dition du 5-6 novembre 2011 le refoulement par les autorit\u00e9s marocaines, le 25 octobre, de 90 personnes et le 3 novembre, de 60 personnes qui tentaient de passer \u00e0 Sebta (Ceuta) par la mer.<br \/>\nLes nombreux t\u00e9moignages recueillis par le GADEM permettent d&rsquo;affirmer que leurs interceptions en mer alors qu\u2019ils cherchaient \u00e0 rejoindre Sebta ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement violentes, et dans certains cas, mortelles. Ces op\u00e9rations ont donn\u00e9 lieu \u00e0 des violences disproportionn\u00e9es et \u00e0 de nombreuses exactions. D\u2019autres \u00e9v\u00e9nements similaires ant\u00e9rieurs et plus r\u00e9cents retracent le m\u00eame type de pratiques par les autorit\u00e9s marocaines et\/ou espagnoles qui portent une atteinte grave au droit \u00e0 la vie de ces personnes.<br \/>\nLes 90 personnes refoul\u00e9es le 25 octobre \u00e0 la fronti\u00e8re alg\u00e9rienne sont les rescap\u00e9s d&rsquo;un naufrage provoqu\u00e9 suite \u00e0 l&rsquo;intervention conjointe des forces de s\u00e9curit\u00e9 espagnoles et marocaines pour intercepter leur embarcation qui tentait de contourner par la mer le grillage install\u00e9 sur la c\u00f4te entre Fnidq et Sebta. Si certains migrants ont r\u00e9ussi \u00e0 rejoindre le territoire sous contr\u00f4le espagnol, 10 \u00e0 15 personnes seraient mortes noy\u00e9es, selon des t\u00e9moignages concordants.<br \/>\nLe 3 novembre, 74 personnes, ressortissants de diff\u00e9rents pays d\u2019Afrique subsaharienne, ont tent\u00e9 de rejoindre Sebta \u00e0 la nage. Ils ont \u00e9t\u00e9 rattrap\u00e9s par les bateaux de la marine marocaine, alors que des tirs de balles en caoutchouc de la Guardia civil retardaient leur progression et que des civils marocains, apparemment incit\u00e9s par les forces de l\u2019ordre marocaine, leur jetaient des pierres depuis le rivage. Seules 13 personnes ont pu rejoindre les eaux jouxtant Sebta (\u2026).<br \/>\nLes migrants interview\u00e9s par le GADEM, accusent des hommes en uniforme qui leur semblaient \u00eatre des militaires marocains de les avoir frapp\u00e9s et d\u2019avoir enfonc\u00e9 la t\u00eate de certains sous l&rsquo;eau jusqu&rsquo;\u00e0 la limite de la noyade avant de les ramener \u00e0 terre, o\u00f9 ils les auraient d\u00e9pouill\u00e9s de leur argent et t\u00e9l\u00e9phones portables.<br \/>\nApr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9s dans diff\u00e9rents commissariats des environs puis regroup\u00e9s dans celui de Tetouan, ils ont \u00e9t\u00e9 transport\u00e9s en bus vers le commissariats d\u2019Oujda puis finalement refoul\u00e9s \u00e0 la fronti\u00e8re avec l&rsquo;Alg\u00e9rie, \u00e0 l&rsquo;exception des 5 personnes, s\u00e9par\u00e9es du reste du groupe, car elles auraient \u00e9t\u00e9 gravement bless\u00e9es lors de l\u2019op\u00e9ration d\u2019arrestation \u00bb.<br \/>\nEt l\u2019horreur ne connait pas de tr\u00eave : le 23 d\u00e9cembre, alors que le monde entier s\u2019appr\u00eatait \u00e0 f\u00eater No\u00ebl et la nouvelle ann\u00e9e, les personnes migrantes subsahariennes au Maroc \u00e9taient une fois de plus victimes d\u2019une chasse \u00e0 l\u2019homme sans pr\u00e9c\u00e9dent, traqu\u00e9es telles des b\u00eates sauvages, sans respect de leurs droits et de leur dignit\u00e9.<br \/>\nLa police marocaine (en civil ou en tenue) a en effet multipli\u00e9 les arrestations de sub-sahariens dans tout le royaume ch\u00e9rifien. Comme toujours, l\u2019op\u00e9ration a d\u00e9but\u00e9 dans les quartiers p\u00e9riph\u00e9riques des grandes m\u00e9tropoles o\u00f9 vivent les migrants et o\u00f9 la police passe le plus souvent \u00e0 l\u2019action en faisant du porte \u00e0 porte. Cette fois encore, des centaines de personnes : femmes (dont certaines enceintes), enfants, demandeur d\u2019asiles et r\u00e9fugi\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 comme des criminels. Sans m\u00e9nagement, ils ont \u00e9t\u00e9 menott\u00e9s puis bastonn\u00e9s. Ce \u00e0 quoi s\u2019ajoutent l\u2019humiliation et le traumatisme d\u2019une arrestation publique. Ensuite, sans avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es devant le juge d\u2019instruction (comme le pr\u00e9voit pourtant la loi), ils ont \u00e9t\u00e9 directement reconduits \u00e0 la fronti\u00e8re alg\u00e9rienne o\u00f9 les migrants sont alors victimes du jeu de ping-pong entre les deux pays. Le Maroc les renvoyant en Alg\u00e9rie et l\u2019Alg\u00e9rie les repoussant vers le Maroc\u2026 Tout ceci ne serait qu\u2019un jeu s\u2019il n\u2019avait provoqu\u00e9 la mort par \u00e9puisement de deux femmes : l\u2019une du Congo Brazzaville enceinte de six mois, l\u2019autre originaire de la R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo, noy\u00e9e avec ses deux filles.<br \/>\nLe lundi 16 janvier 2012, l\u2019Association Rif des Droits Humains (ARDH) et l\u2019Association Beni Znassen pour la Culture, le D\u00e9veloppement et la Solidarit\u00e9 (ABCDS) ont demand\u00e9 au Ministre marocain de la Justice et des Libert\u00e9s et au Conseil National des Droits de l\u2019Homme que soit men\u00e9e d\u2019urgence une enqu\u00eate pour faire toute la lumi\u00e8re sur les trop nombreux cas de noyade de migrants, et sur la responsabilit\u00e9 des forces auxiliaires et de la marine royale dans ces \u00e9v\u00e8nements tragiques.<br \/>\nDevant l\u2019ampleur du ph\u00e9nom\u00e8ne migratoire, ce \u2018\u2019grand d\u00e9fi de notre temps\u2019\u2019, il est d\u00e9sormais indispensable de porter l\u2019attention de tous sur ces laiss\u00e9s-pour-compte qui ont cru pouvoir circuler librement sur Terre, comme le font tous les jours les capitaux internationaux, les richesses africaines et les touristes occidentaux. Est-ce vraiment utopique, pour un Africain, de souhaiter aller et venir librement sur cette terre ? De prendre son destin en main plut\u00f4t que d\u2019attendre de recevoir une aide au d\u00e9veloppement qui ne tient pas ses promesses ?<br \/>\nPour avoir r\u00eav\u00e9 de lendemains meilleurs, ces hommes, femmes et enfants, ont quitt\u00e9 leurs pays comme l\u2019ont fait avant eux les Europ\u00e9ens en qu\u00eate de l\u2019Eldorado ou les Marocains cherchant \u00e0 am\u00e9liorer leurs conditions de vie \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Mais les subsahariens eux, aujourd\u2019hui, sont pourchass\u00e9s, emprisonn\u00e9s, assassin\u00e9s, stigmatis\u00e9s, d\u00e9shumanis\u00e9s et chosifi\u00e9s (pour exemple, voir l\u2019article du quotidien marocain Al Massae n\u00b01643 du jeudi 5 janvier 2012, rendant les subsahariens responsables de la propagation du virus du sida au Maroc). Et pourtant, pour nombre d\u2019entre nous, le Maroc est plus qu\u2019un pays de transit : certains y \u00e9lisent domicile, s\u2019y marient, y fondent une famille. Aujourd\u2019hui, qu\u2019on le veuille ou non, des subsahariens naissent, vivent et meurent au Maroc. Et consid\u00e8rent les marocains comme des fr\u00e8res. Pourtant, ils \u00e9prouvent les pires difficult\u00e9s \u00e0 trouver un travail, \u00e0 scolariser leurs enfants, \u00e0 se faire soigner. Mais cela apparait-il dans les notes protocolaires adress\u00e9es en haut-lieu? Il serait souhaitable que les st\u00e9r\u00e9otypes d\u2019image \u00e0 l\u2019encontre des migrants soient d\u00e9construits et discr\u00e9dit\u00e9s et, pour cela, que sa Majest\u00e9 soit inform\u00e9e de la situation r\u00e9elle des subsahariens vivant au Maroc.<br \/>\nD\u2019ores et d\u00e9j\u00e0, les migrants vivant au Maroc font entendre leurs voix : \u00e0 l\u2019occasion de la journ\u00e9e culturelle du 16 juillet 2011 \u00e0 Rabat (dont le mot d\u2019ordre \u00e9tait \u00ab Pour un Maroc riche de ses migrants \u00bb), ainsi que lors de la Journ\u00e9e Mondiale des Migrants du 18 d\u00e9cembre 2011, les diverses associations et collectifs de migrants ont affirm\u00e9 leur loyaut\u00e9 au Maroc et leur souhait d\u2019\u00eatre r\u00e9gularis\u00e9s. Pour que l\u2019Afrique reste unie et indivisible.<br \/>\nCar il est aberrant que les marocains reproduisent avec les subsahariens les erreurs des Europ\u00e9ens en consid\u00e9rant les immigr\u00e9s comme des citoyens de seconde zone. N\u2019ont-ils pas eux-m\u00eames d\u00e9j\u00e0 suffisamment souffert, en Europe, de pr\u00e9jug\u00e9s et de stigmatisations? Nous pensons que ce grand pays qu\u2019est le Maroc et dont les dignes fils sont aujourd\u2019hui repr\u00e9sentants dans les hautes institutions internationales de d\u00e9fense des droits humains, devrait au contraire soutenir la cause de la libert\u00e9 de circulation et d\u2019installation des personnes sur son territoire. Le Maroc a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 ratifier la Convention sur la protection des travailleurs migrants et de leur famille. Il a aujourd\u2019hui l\u2019occasion de montrer l\u2019exemple en accueillant et en int\u00e9grant ces quelques 35.000 migrants sub-sahariens (chiffre communiqu\u00e9 par le Minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur).<br \/>\nC\u2019est pourquoi je me permets de vous interpeller. Car, me semble t-il, il est grand temps d\u2019agir pour que cesse l\u2019absurdit\u00e9 de ces politiques migratoires s\u00e9curitaires x\u00e9nophobes qui ne font qu\u2019attiser la haine entre les peuples. L\u2019Homme, qui soit maghr\u00e9bin, sub-saharien ou europ\u00e9en, doit pouvoir aller et venir librement. C\u2019est l\u00e0 un droit fondamental qui doit \u00eatre affirm\u00e9 et d\u00e9fendu, corps et \u00e2me.<br \/>\nMessieurs, j\u2019en appelle donc \u00e0 vos autorit\u00e9s respectives pour que, d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent, les migrants subsahariens au Maroc soient trait\u00e9s avec dignit\u00e9. Pour cela, nous, migrants sub-sahariens, demandons au Maroc de garantir notre protection et de signer la Charte Mondiale des Migrants, proclam\u00e9e \u00e0 Gor\u00e9e en f\u00e9vrier 2011 et d\u00e9finissant les droit des personnes en d\u00e9placement.<br \/>\nEn esp\u00e9rant que mon cri d\u2019alarme trouve un \u00e9cho favorable, je vous prie de croire, Messieurs, \u00e0 l\u2019expression de mes meilleurs sentiments militant.<\/p>\n<p>YENE Fabien Didier<\/p>\n<p>*Consultant en Migration. Fondateur de l\u2019Association pour la Sensibilisation et le D\u00e9veloppement des Camerounais Migrants au Maghreb-Maroc ; Pr\u00e9sident de la Communaut\u00e9 des camerounais migrants au Maroc ; Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral du Conseil des migrants subsahariens au Maroc ; Pr\u00e9sident du Collectif des communaut\u00e9s subsahariennes au Maroc ; Membre de la Coordination internationale de la Charte Mondiale des Migrants. Auteur du livre \u00ab Migrant au pied du mur \u00bb (\u00e9ditions Atlantica S\u00e9guier).<\/p>\n<p>YENE Fabien Didier<br \/>\nConsultant: Migration Sub-saharienne<br \/>\nT\u00e9l:00212610275676 \/\/ 0033616636732<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Messieurs, L\u2019honneur m\u2019\u00e9choit de pr\u00e9senter respectueusement aux hautes autorit\u00e9s que vous repr\u00e9sentez la situation de mes fr\u00e8res africains venus des pays au sud Sahara, commun\u00e9ment appel\u00e9s \u2018\u2019migrants subsahariens au Maroc\u2019\u2019. Je suis moi-m\u00eame migrant camerounais, ayant v\u00e9cu dix ans au &hellip; <a href=\"http:\/\/www.atmf.org\/?p=2600\">Continue reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ngg_post_thumbnail":0,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[47],"tags":[],"class_list":["post-2600","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-migrants-sans-frontieres"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.atmf.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2600","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.atmf.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.atmf.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atmf.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atmf.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2600"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/www.atmf.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2600\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3277,"href":"http:\/\/www.atmf.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2600\/revisions\/3277"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.atmf.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2600"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atmf.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2600"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atmf.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2600"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}