Association des Travailleurs Maghrébins de France
10 rue Affre - 75018 Paris
01 42 55 91 82 national@atmf.org

By

Pour la suppression du Ministère de l’immigration et de l’identité nationale : Manifestation le samedi 27 février 2010 à 15h

Le colonialisme et ses produits dérivés ont aujourd’hui de nouvelles formes et de nouvelles dynamiques, qui s’inscrivent dans la réaction mondialisée contre tous les acquis des luttes populaires de la deuxième moitié du XXe siècle.

En France, le Ministère de l’identité nationale, de l’immigration et du codéveloppement, c’est le Ministère de la rafle et de la honte, c’est le Ministère des colonies. En créant un « Ministère de l’immigration et de l’identité française », puis en organisant avec le ministre Besson un « Grand débat » sur l’identité nationale qui mobilise les moyens de l’Etat, Nicolas Sarkozy encourage et organise le racisme dont l’islamophobie et la stigmatisation d’une partie de la population.

Ouvertement ciblés, les musulmans, destinataires d’une loi annoncée sur la Burqa, en butte aux faux dérapages/vraies insultes d’un Hortefeux ou d’une Morano, ministres en exercice d’un gouvernement qui tombe le masque. Le Président de la République met aujourd’hui en cohérence ses idées développées dans les discours de Marseille, Toulon et Dakar avec ses actes. C’est tout simplement la réintroduction d’un «Ministère des colonies» qu’il impose à la France. Comme l’ont déclaré les historiens et démographes qui ont démissionné des instances du musée de l’immigration : «Associer immigration et identité nationale, c’est inscrire l’immigration comme « problème pour la France et les Français dans leur être même ». C’est utiliser sans vergogne la technique déjà éprouvée du « bouc émissaire », afin de dresser les gens les uns contre les autres et les détourner des vrais problèmes. C’est aussi permettre à un système toxique de perdurer en privilégiant les véritables responsables de la crise, bénéficiaires d’une mondialisation inhumaine.

Ce Ministère utilise des méthodes dignes du temps des colonies: rafles de sans-papiers, contrôle d’identité au faciès illégaux, contrôle dans les restaurants, les cafés, les épiceries, devant les écoles, dans les hôpitaux, jusqu’aux administrations (centres de Sécurité Sociale, impôts, pôle emploi) cyniquement invitées à la délation. Il organise des centres de rétention surpeuplés avec miradors, barbelés, fouilles, contrôles et vexations. La police expulse des familles arrêtées au petit matin à leur domicile. Au nom de l’identité nationale on démantèle le droit d’asile, on renvoie des Afghans dans un pays en guerre après les avoir traqués, et on casse le droit au regroupement familial. La politique dite de « codéveloppement » n’est qu’un trompe l’œil permettant la continuation des politiques néo-coloniales. L’« immigration choisie » débouche sur un pillage des cerveaux qui renforce le pillage des ressources naturelles des pays d’émigration, rendu possible par l’usage de la dette et la complicité des dictateurs africains « amis de la France ». Cette grande famille françafricaine sera d’ailleurs au complet pour le défilé du 14 juillet en cette année 2010, cinquantenaire hypocrite des indépendances africaines.

Cette politique anti-immigrés se double d’une stigmatisation et d’une ségrégation des quartiers populaires qu’il s’agit de quadriller à l’aide des BAC et des CRS. Lors des émeutes de novembre 2005, le pouvoir avait même été jusqu’à appliquer de nouveau la loi sur l’état d’urgence utilisée durant la guerre d’Algérie.

Malgré les promesses faites à la suite des mouvements de protestation et de la grève générale contre la « Pwofitasyon », dans les territoires d’outre-mer, les pratiques coloniales perdurent comme le montrent les révoltes sociales actuelles.

Au mois de février le Ministre Besson rendra son rapport sur l’« identité nationale ». A un mois des élections régionales, le pouvoir veut utiliser la haine contre les immigrés et leurs descendants pour siphonner les voix du Front national. Nous devons refuser cette politique qui sème la division et nous appelons à une manifestation pour la suppression du ministère de l’Immigration. ` Cette manifestation est organisée cinq ans après le vote de la loi sur la colonisation positive et dans le cadre de la 5e semaine anticoloniale du 19 au 28 février 2010

Le 23 février 2005, l’Assemblée nationale votait un amendement qui consacrait « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord » alors que pendant plus de quatre siècles le colonialisme français a participé activement à la traite négrière, au pillage et à l’oppression violente de peuples dont elle a pillé les richesses, détruit les cultures, ruiné les traditions, nié l’histoire, effacé la mémoire.

Nous avons fait reculer le pouvoir il y a cinq ans qui a du supprimer l’article 4 de la loi colonialiste du 23 février 2005. Nous pouvons le faire reculer aujourd’hui en exigeant et en obtenant la suppression du Ministère de l’Immigration. Participons à la création d’un ministère de la décolonisation et de l’égalité réelle. Obtenons la régularisation de tous les sans-papiers et le droit de vote des immigrés. Construisons et préparons dès maintenant les changements et propositions permettant de sortir du colonialisme !

Tous ensemble exigeons, la suppression du

Ministère de l’immigration et de l’identité nationale !

Tous ensemble pour sortir du colonialisme !

Premiers signataires:

ACCA (Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui), ACTIT, AFASPA, Afriques en lutte, Les Alternatifs, Alternative libertaire, AMF (association des Marocains en France), ASDHOM, ATMF, ATTAC, CAAC-Comores, CCIPPP, CEDETIM, Cercle Frantz Fanon, Conscience Musulmane, CMF, CRI (Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie), CREF, Droits Devant, ENAAC, FASE (Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique), FCD (Fédération des Congolais de la Diaspora), FETAF, Fondation Frantz Fanon, FTCR, Génération Diversité, Identité Plurielle, Les Indivisibles, Ishtar, Ministère de la Régularisation de Tous les Sans Papiers, Les Oranges, MCD, MJKF, MQJS (Mouvement des Quartiers pour la justice sociale), MRAP, NPA, Peace Breather, PCF, Pôle Ethique, Réseau Frantz Fanon International, Respaix, Réveil des Consciences, Survie, UJFP, Union Syndicale Solidaires, USTKE, Les Verts, La Voie Démocratique, ZEP, 93 au cœur de la République

Signer l’appel : contact@anticolonial.net

Site de la semaine anticoloniale : www.anticolonial.net

By

Non au mépris des migrants résidents des foyers ADOMA

=http://www.atmf.org/spip.php?article1163

By

Tunisie : Les procès du bassin minier de Gafsa continuent Arrêt des poursuites à l’encontre de Fahem Boukadouss et Hassan Ben Abdallah

Fahem Boukadouss, correspondant de la chaîne Al Hiwar Attounoussi, et Hassan Ben Abdallah, coordinateur du comité local des diplômés enchômagés à Redeyef, vont comparaitre le mardi 23 février 2010 devant le tribunal d’appel de Gafsa. Tous les deux, avaient fait opposition à leur condamnation par contumace dans le procès des animateurs du mouvement social du bassin minier de Gafsa. Ils avaient été condamnés à des peines de prison ferme, 10 ans pour Hassan Ben Abdallah et 6 ans pour Fahem Boukadouss.

Fahem Boukadouss et Hassan Ben Abdallah risquent la prison pour de longues années à l’issue de ce procès. Leur seul tort étant d’avoir exercé librement son métier de journaliste pour le premier et d’avoir exigé le droit au travail et à une vie digne pour le second.

La libération conditionnelle des détenus du bassin minier le 4 novembre dernier, est loin de signifier une volonté d’apaisement et de dialogue avec la population de la part du pouvoir tunisien. Bien au contraire, les jeunes de M’Dhilla qui ont fait opposition aux peines prononcées à leur encontre par contumace, se sont retrouvés en prison. Adnane Hajji et les autres animateurs du mouvement subissent filature et harcèlement policiers au quotidien. Aucun des détenus renvoyés de son travail n’a été réintégré dans son emploi. La misère et la pauvreté continuent à sévir dans la région.

Nous exprimons notre entière solidarité avec Fahem Boukadouss, Hassan Ben Abdallah et l’ensemble de la population du bassin minier de Gafsa dans leur lutte légitime.

Nous exigeons :

L’arrêt des poursuites à l’encontre de Fahem Boukadouss, Hassan Ben Abdallah et de toutes les personnes poursuivies dans le cadre des procès du mouvement du bassin minier.

La promulgation d’une amnistie en faveur des détenus du bassin minier et leur réhabilitation dans leurs droits.

La mise en place des moyens nécessaires pour une véritable politique de développement dans la région au profit de l’emploi, de l’amélioration des conditions de vie de la population et du respect de l’environnement.

Paris, le 22 février 2010

Premiers signataires : Ligue des Droits de l’ Homme (LDH), Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), Association pour la Taxation des Transactions Financières et pour l’Action Citoyenne (ATTAC), Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM), Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), Assemblée de la communauté originaire de Turquie (ACORT), Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF), Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), Association des Tunisiens en France (ATF), Association des Tunisiens en France de Paris (ATF-Paris), Union syndicale Solidaires, Confédération Nationale du Travail (CNT), Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE), Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Les Verts, Parti Communiste Français (PCF), La Voie Démocratique, Parti Démocratique et Progressiste (PDP), Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie (PCOT), Ettajdid France, Le Congrès pour la République (CPR).

By

ATMF de Montpellier

ATMF Montpellier / M.NACIRI, 13 RUE DE LA FIGAIRASSE, LES IRIS, 34070 MONTPELLIER

Téléphone : 04 67 10 09 83

Portable : 06 28 06 64 64

Courriel : atmf34@hotmail.f

By

Projet de réforme du CESEDA : une nouvelle attaque contre les personnes migrantes

Paris le 17 février 2010

Nous, organisations de migrants et de solidarité avec les personnes étrangères avons pris connaissance du projet de réforme du CESEDA. Ces nouvelles dispositions sont dans le droit fil de la directive retour qui criminalise l’étranger.

Les exemples les plus criants en sont :

•L’élargissement des zones d’attente qui auparavant étaient à un point de passage frontalier, permettra de transformer n’importe quel endroit du territoire français en une zone d’attente pour les étrangers.
De plus, un dispositif d’expulsion accéléré est même prévu sous la forme de l’Obligation à Quitter le Territoire Français Sans Délai. Dispositif assorti d’une réduction sans précédent des délais de recours (48 heures).

Il faut également ajouter :

•Le retour de la double peine : la reconduite à la frontière peut être
assortie d’une interdiction de trois ans de tout le territoire européen et d’un fichage au système d’information Schengen. Autrement dit, le bannissement administratif !

•L’allongement de la durée de rétention qui passe de 32 à 45 jours. Cette privation de liberté va à coup sûr favoriser l’ouverture de nouveaux centres de rétention.

•La restriction des garanties de défense, le juge des libertés et de la détention ne pourra intervenir que cinq jours après l’enfermement de la personne étrangère au lieu de 48 heures actuellement. Un abaissement de la protection des Libertés qui risque d’aboutir à des expulsions sans contrôle du respect des procédures.
Autant de mesures qui renforcent la politique d’expulsion massive et
inhumaine.

Enfin, le principe de l’immigration choisie est définitivement entériné avec la création de la carte bleue européenne pour le salarié qui perçoit un revenu supérieur à 1,5 fois le salaire moyen. Une mesure qui favorise encore davantage le pillage des compétences des pays du sud par les pays du Nord.

Les associations signataires dénoncent ce projet de réforme du CESEDA. Rappelons que cette réforme est la cinquième en 6 ans : un véritable acharnement. Nous dénonçons l’attaque faite aux personnes migrantes et à leurs droits et appelons chaque citoyenne et chaque citoyen et toutes les associations à se mobiliser pour faire barrage à cette nouvelle agression contre les droits
inaliénables des personnes.

Organisations signataires : ACORT (Assemblée des Citoyens originaires de Turquie), ATF (Association des Tunisiens de France), ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins de France), FASTI (Fédération des Associations de
Solidarité avec les Travailleur-euse-s Immigré-e-s), FTCR (Fédération des
Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives).

By

Jeudi 11 février 2010 Réunion publique pour le droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers

By

Gaza, 1 an après: Grande Manifestation Samedi 6 Février 2010

A l’initiative du « Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens ».

Le 27 décembre marquait le premier anniversaire du début de l’agression israélienne contre les Palestiniens de la Bande de Gaza. Les bombardements massifs, les destructions et les massacres (plus de 1400 victimes palestiniennes dont une majorité de civils), sont venus s’ajouter aux effets désastreux du siège total, suscitant l’indignation des opinions publiques internationales. En France, le 10 janvier dernier, nous étions 300 000, unis dans la diversité, à l’appel du Collectif National, dans 100 villes de France.

Les Nations-Unies ont depuis explicitement endossé le rapport du juge Goldstone. Celui-ci demande une levée immédiate du bouclage de Gaza et affirme notamment que l’armée israélienne a sans doute commis des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité.

Un an après, l’objet de nos mobilisations reste d’actualité. Le blocus est toujours aussi dur, si ce n’est plus puisqu’il interdit en plus toute reconstruction des habitations et édifices détruits. Le gouvernement d’extrême-droite israélien refuse tout compromis. Il faut briser le siège, juger les criminels de guerre, sanctionner Israël. Face à l’impasse des négociations entre Israéliens et Palestiniens, c’est à nous, citoyens, organisations de la société civile, syndicats et partis politiques d’amener nos dirigeants à imposer le respect du droit international.
Gaza, 1 an après: Grande Manifestation Samedi 6 Février 2010 à 14h

signataires :
Agir contre le Colonialisme Aujourd’hui Alliance For Freedom And Dignity –France (AFD-France), Association des travailleurs maghrébins de France ( ATMF), Association des Tunisiens en France (ATF), Association France Palestine Solidarité (AFPS), Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR), Association pour les jumelages entre les camps de réfugies palestiniens et les villes françaises (A.J.P.F.), Association républicaine des anciens Combattants, Campagne Civile de Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP), CICUP, CPPI Saint-Denis (Collectif Paix Palestine Israël), Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Paix, Droit-Solidarité, Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux Rives (FTCR), Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (FASE), Fédération Syndicale Unitaire (FSU), Génération Palestine (GP), GUPS – Union Générale des Etudiants de Palestine, La Courneuve-Palestine, Le Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Paix (PAOR), Les Alternatifs, Les femmes en Noir, Les Verts, Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Organisation de Femmes Egalité, Parti Communiste Français (PCF), PCOF, Solidarité Palestine 18°, Union des Travailleurs Immigres Tunisiens (UTIT), Union Juive Française Pour la Paix (UJFP), Union syndicale Solidaires

By

JEUDI 4 FEVRIER : LES TRAVAILLEUR-E-S SANS-PAPIERS A BERCY

CAMPAGNE « RACKET SUR LES TRAVAILLEUR-E-S SANS-PAPIERS » –

COMMUNIQUE

30 janvier 2010

APRES AVOIR OCCUPE LA DIRECTION DES IMPOTS LE 12 JANVIER
LES TRAVAILLEUR-E-S SANS-PAPIERS MANIFESTERONT

ET SERONT RECUS A BERCY JEUDI 4 FEVRIER A 16 H 00

Après avoir occupé la direction des impôts de Paris Centre durant l’après midi et la soirée du mardi 12 janvier, les 280 travailleur-e-s sans-papiers (CSP 75 – 17 – 93 – Vitry) et leurs soutiens (Droits devant !! – Syndicat National Unifié des Impôts, SNUI – SUD Travail – ATTAC – ATMF – RESF, Jacques BOUTAULT, maire du 2ème arrondissement…) ont quitté les lieux après avoir obtenu satisfaction sur leur revendication principale, à savoir être reçus au Ministère de l’Economie et des Finances à Bercy.

Cette rencontre, qui aura lieu le JEUDI 4 FEVRIER à 16 H 00, se fera avec Mme Gaultier, directrice de la Fiscalité, et aura pour objectif de dénoncer le véritable racket subi par les centaines de milliers de travailleur-e-s sans-papiers, autant sur leurs cotisations sociales que sur les impôts qu’ils déclarent et payent, sur le revenu pour les sans-papiers déclarés ou TVA pour ceux qui travaillent « au noir ».

La réussite de l’action du 12 janvier est le résultat d’une mobilisation déterminée, tenace et sans faille des travailleurs sans-papiers et à celle des soutiens, notamment le SNUI, qui a pesé fortement pour faire plier le ministère et obtenir cette rencontre.

Après cette nouvelle action, les milliers de sans-papiers en grève soutenus par 11 organisations, notamment la CGT, les manifestations exemplaires à l’appel des collectifs de sans-papiers du « Ministère de la régularisation de tous les sans-papiers » du 10 octobre, du 14 novembre et du 9 janvier… Le gouvernement doit comprendre enfin qu’il n’arrivera jamais à juguler cette mobilisation qui ira en s’amplifiant tant qu’il n’aura pas pris la seule décision qui s’impose à l’évidence, et est approuvée par une frange toujours plus importante de l’opinion publique :

LA REGULARISATION GLOBALE DE TOUTES ET TOUS LES TRAVAILLEURS SANS-PAPIERS.

MANIFESTATION JEUDI 4 FEVRIER A 14 H 00

DEPART PLACE D’ITALIE

JUSQU’AU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES A BERCY

By

Affaire Ziri : Motion contre les violences policières

Nous membres du collectif vérité et Justice pour Ali Ziri :
nous élevons catégoriquement contre les violences policières de plus en plus nombreuses, qui ont causé la mort, ces derniers mois, de plusieurs personnes, notamment d’origine étrangère.

– appelons les candidats et têtes de listes aux prochaines élections régionales des 14 et 21 mars 2010 à une solidarité active avec les victimes et à œuvrer à la recherche de la vérité et de la justice jusqu’à la condamnation des responsables impliqués dans ces exactions.

– demandons aux candidats et têtes de listes d’appuyer nos revendications auprès du ministère de l’Intérieur consistant à suspendre de leurs fonctions les policiers qui ont provoqué la mort d’Ali Ziri et à prononcer à leur égard des mesures conservatoires dans l’attente de jugement pour ne pas provoquer les familles et amis du défunt.

– demandons aux candidats et têtes de listes à condamner sans réserve les atteintes aux Droits de l’Homme, récemment constatées par les instances du Conseil de l’Europe et de la Cour Internationale de Justice.

– demandons à tous les candidats et têtes de listes de se joindre à la manifestation qui aura lieu le vendredi 12 mars, à 18h30, à l’angle des rues Antonin-Georges-Belin et Jeanne d’Arc, non loin de la mairie d’Argenteuil, pour la pose symbolique d’une plaque commémorative en hommage à la mémoire du défunt Ali Ziri, pour rappeler notre détermination dans la recherche de la Vérité.

By

Ali Ziri : Lettre aux candidats et têtes de listes des élections régionales des 14 et 21 mars 2010.

Madame, Monsieur,

Afin d’apporter un éclairage permettant aux citoyens de s’exprimer en leur âme et conscience lors des prochaines élections régionales des 14 et 21 mars 2010, nous souhaiterions connaître et faire connaître votre position sur les violences policières, qui ont provoqué en 2009 la mort de pas moins de 15 personnes d’origine étrangère, dont Ali Ziri, décédé le 11 juin 2009, suite à un contrôle policier à Argenteuil.
Trois jours après cette tragédie, un collectif dénommé Vérité et Justice pour Ali Ziri s’est mis en place. Composé actuellement d’une trentaine d’organisations associatives, politiques et syndicales, ce groupement a déployé d’importants efforts pour faire éclater la vérité sur les circonstances de la mort tragique du retraité algérien du même nom.

 
En plus de la marche pacifique, qui a eu lieu le 24 juin dans les rues d’Argenteuil et qui a réuni près d’un millier de personnes, le collectif a organisé deux autres rencontres sur la dalle d’Argenteuil, deux meetings sur le lieu d’interpellation du défunt et quatre rassemblements devant la sous-préfecture. Il est à noter que, grâce au civisme des membres du collectif et à leur sens élevé de responsabilité, aucun incident n’a été déploré au cours de ces multiples réunions.

 
La mobilisation citoyenne a permis de faire avancer ce dossier en le sauvant de l’oubli et surtout à lui donner une plus grande visibilité auprès de l’opinion publique. En effet, le procureur de la République du Tribunal de Grande Instance de Pontoise a délivré, début octobre 2009, au juge d’instruction en charge du dossier Ali Ziri un réquisitoire supplétif pour « coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Ce nouveau rebondissement dans l’affaire Ali Ziri est intervenu près de quatre mois après les faits marqués par une vive émotion à Argenteuil et une mobilisation citoyenne sans précédent autour du collectif « Vérité et Justice pour Ali Ziri ». Pour ouvrir cette information judiciaire, le parquet s’est appuyé sur la contre expertise menée le 17 juillet dernier par un collège d’experts, qui a révélé l’existence de nombreux hématomes (27 au total, dont certains ont entre 12 à 17 centimètres) sur tout le corps du défunt Ali Ziri.   

Mais la bataille lancée par le collectif n’est pas pour autant tout à fait gagnée, tant que les policiers, mis en cause dans cette affaire, ne sont pas suspendus de leurs fonctions et tant que la justice n’a pas prononcé des sanctions proportionnelles aux faits reprochés, afin que cesse le sentiment d’impunité qui banalise et encourage les violences appliquées à certaines populations. Le refus d’appliquer de telles sanctions pourrait être assimilé à un déni de justice par une bonne partie de la population d’Argenteuil.

La canicule d’août 2003 a rappelé de façon dramatique la grande vulnérabilité des personnes âgées en France. Il aura fallu déplorer le décès prématuré de quelques 14 802 personnes, pour la plupart âgées, pour que les pouvoirs publics et l’opinion prennent brutalement conscience des problèmes posés par le vieillissement de la population. Depuis cette date, des efforts sont menés en France pour l’amélioration de la qualité de vie des aînés.

C’est dans cette logique que la secrétaire d’Etat aux aînés, Nora Berra, avait lancé, le 15 juillet dernier, le label «Bien vieillir – Vivre ensemble » en partenariat avec l’AMF (Association des Maires de France) et l’association parlementaire «Vieillir ensemble». Ce label est destiné à promouvoir et à soutenir les communes prenant en compte, dans leurs politiques locales, l’amélioration de la qualité de vie des aînés.
Le 30 janvier dernier, devant l’émotion suscitée par le meurtre d’un couple de retraités à Pont-Sainte-Maxence (Oise), le ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, a annoncé qu’il souhaitait une aggravation des sanctions pénales contre les individus commettant un vol au préjudice des personnes âgées.
Mais quid des populations immigrées vieillissantes dans ces dispositifs ?
Car au-delà de la mort tragique d’Ali Ziri et de l’indignation qu’elle a suscitée au sein de l’opinion publique –après que cette affaire ait été largement relayée par la presse nationale et les grands médias- c’est en fait le sort, réservé aux Chibanis «seniors immigrés», qui est aujourd’hui plus que jamais posé.

Ali Ziri aurait fêté ses 70 ans au début de cette année 2010. Le comble est d’apprendre que les trois policiers impliqués dans cette affaire ont entre 21 et 28 ans. Quelle culture peut accepter que des jeunes, en uniforme ou non, traitent nos chibanis ainsi ? Ceux-là même à qui on a fait appel pendant les Trente Glorieuses pour reconstruire la France. Ali Ziri a travaillé pendant 40 ans en France, dont 27 au sein d’une même société de transports à Paris.

Convaincus de la justesse de notre combat qui touche éminemment aux droits de l’homme, un bien très précieux qu’il nous faut tous sauvegarder et défendre, nous, membres du collectif, sommes déterminés à aller jusqu’au bout pour faire triompher la vérité et obtenir des réponses appropriées à nos revendications.

C’est pourquoi, nous vous demandons de vous déterminer clairement par rapport à cette question des violences policières.

Seriez-vous prêt, dès lors que vous êtes élus, à condamner les violences policières et à soutenir les revendications du collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri ?

Afin de rendre possible une telle démarche, nous vous proposons la signature de la motion du collectif jointe à cette lettre. Nous vous invitons, par ailleurs, à venir assister à la pose symbolique d’une plaque commémorative en hommage à Ali Ziri qui aura lieu le vendredi 12 mars, à 18h30, à l’angle des rues Antonin-Georges-Belin et Jeanne d’Arc, non loin de la mairie d’Argenteuil.

Notre démarche participe d’une volonté d’éclairage des citoyens et vise à établir un climat de confiance avec les élus. Aussi, le collectif vérité et Justice pour Ali Ziri s’engage à rendre publique votre réponse ou votre absence de réponse.
Nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.
 
Argenteuil le 1er février 2010

P/ Le collectif
Mohammed Nemri

Les membres du collectif (premiers signataires) :

AC le feu, AMABVO, Alternative Libertaire, Argenteuil Plurielle, ASDOM, ATMF, CIVIC, CGT, FTCR, GISTI, JC 95, Les verts, LO, MIB, MIR, MJS 95, MQJS, MRC, NPA, PCF, PCOF, PG, SDAE, Résidents Foyer Remparts, PS Argenteuil, PS 95, Proches et amis d’Ali Ziri, Proches et amis d’Arezki Kerfali…

Contact ATMF, tél.: 01 39 82 81 48.

Email : atmfargent@yahoo.fr.

Site : www.atmf.org