Association des Travailleurs Maghrébins de France
10 rue Affre - 75018 Paris
01 42 55 91 82 national@atmf.org

By

TRAPPES ET LA VERRIÈRE : DU RACISME D’ÉTAT À LA TUERIE DE MASSE

Communiqué, Paris 24 octobre 2026

Ce n’est pas un fait divers. C’est un crime politique.

Ce vendredi 23 octobre, l’horreur a frappé Trappes et La Verrière.

Des personnes racisées, des voisins, des mères, des pères, des frères, des sœurs et des enfants de nos quartiers ont été ciblés en pleine rue par la haine raciste.

Face à l’effroi, face aux corps et aux larmes des familles, l’ATMF refuse l’imposture des discours officiels.

Ce massacre n’est ni un accident, ni une fatalité imprévisible.

C’est un carnage préparé, l’aboutissement sanglant d’une longue entreprise de déshumanisation, de stigmatisation et de criminalisation des personnes racisées.

Notre douleur est un cri de rage. Nos morts ne seront pas effacés.

Quand le venin du pouvoir arme les bras assassins

Depuis des décennies, un racisme d’État, nourri des réminiscences de l’histoire coloniale, empoisonne l’air que nous respirons.

Dans nos rues, nos transports, nos écoles et nos lieux de travail, la France populaire et racisée est humiliée, traquée, suspectée et sommée de s’excuser d’exister.

Aujourd’hui, le mépris a franchi un seuil irréversible : lorsque l’État et ses plus hauts dirigeants adoptent le vocabulaire de l’extrême droite, ils fabriquent la violence qu’ils prétendent ensuite déplorer.

Des mots de la République au sang des victimes

Ce crime ne surgit pas du néant. Il est le fruit toxique d’une surenchère verbale et politique légitimée au plus haut sommet de nos institutions.

La déshumanisation des quartiers populaires : lorsque Nicolas Sarkozy promettait de « nettoyer au Kärcher » les cités, il transformait des lieux de vie en espaces à purger. Lorsque Gérald Darmanin a offert la caution d’un ministère au mot « ensauvagement », il inscrivait dans la parole publique la théorie identitaire d’un prétendu recul de la civilisation.

L’assignation raciale et le mépris héréditaire : lorsque Bruno Retailleau a évoqué une « régression vers les origines ethniques », il a réduit des citoyens français à leur sang et à leur ascendance. Lorsque la sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio a lancé : « Ils sont comment français ? », elle a imposé une citoyenneté au rabais et une ségrégation morale au cœur de la République.

La criminalisation du quotidien : lorsqu’un ministre de l’Intérieur désigne les « rayons halal » comme matrices du « communautarisme », ou lorsque Manuel Valls affirme que « Marianne n’est pas voilée parce qu’elle est libre », une assiette ou un vêtement deviennent des signes de trahison nationale.

La chasse aux sorcières et la haine des élus racisés : lorsque le gouvernement traque un prétendu « islamo-gauchisme » à l’université, ou lorsque des élu·e·s municipaux racisés sont traité·e·s en parias ou qualifié·e·s d’« islamistes », le message est limpide : toute voix racisée qui s’élève doit être bâillonnée.

La machine médiatique de la haine

Cette offensive au sommet a trouvé son bras armé dans des médias de haine.

Le matraquage raciste de CNews, des médias du groupe Bolloré et de certains médias publics transforme chaque jour la xénophobie en « bon sens populaire ». En martelant les thèmes de la « priorité nationale », de la « submersion » ou de la haine des musulmans, des Noir·e·s et des Arabes, ces officines préparent les esprits à considérer les personnes racisées comme des ennemies.

Ajoutée à cela, la mécanique du tri social, contrôles au faciès, impunité des violences policières, lois d’exception et politiques discriminatoires, finit par convaincre les fanatiques que les personnes racisées sont des cibles légitimes.

Debout contre la terreur raciste

Lorsque la couleur de peau ou l’origine deviennent l’explication de la violence, lorsqu’une prière ou un repas font de vous un ennemi de l’intérieur, plus personne n’est en sécurité.

À Trappes et à La Verrière, la haine a tué.

Nous ne nous tairons plus.

Nous refusons les condoléances hypocrites d’un pouvoir qui alimente le poison qu’il prétend combattre.

L’ATMF appelle à :

– Faire bloc contre le racisme, l’islamophobie et toutes les formes de haine raciste ;

– Exiger vérité, justice et protection effective pour les victimes et leurs familles ;

– Obtenir le retrait de toutes les politiques discriminatoires ;

– Faire cesser la banalisation des discours racistes dans l’espace public, médiatique et politique ;

– Poursuivre la lutte jusqu’à ce que justice et égalité soient rendues à nos morts et à nos vivants.

Honneur aux victimes.

Force aux familles, aux habitant·e·s de Trappes et de La Verrière.

Ni oubli, ni pardon : justice pour toutes et tous.

ATMF 54Atmf Section du Bas-RhinATMF GennevilliersATMF Association des Travailleurs Maghrébins de France

By

Forte mobilisation contre la vie chère et en soutien à la jeunesse lycéenne et étudiante !

Malgré le changement tardif du parcours, la manifestation a rassemblé de nombreux manifestant·es déterminé·es à faire entendre leurs revendications.

Les manifestant·es ont également condamné avec force l’attaque terroriste raciste à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines. Ils et elles ont scandé des slogans contre les haineux, le racisme, la négrophobie et l’islamophobie.

Face à la vie chère, aux discriminations, à la haine raciste et aux violences policières , nous réaffirmons notre solidarité avec la jeunesse et toutes celles et ceux qui luttent pour la justice sociale, l’égalité et la dignité.

Contre la vie chère, contre le racisme et toutes les formes de haine : solidarité et résistance !

On ne lâche rien !

Ensemble, plus fort·es !

Paris, Samedi 24 octobre 2026

By

17 octobre 1961, 65e année

Une journée bien gazée à Strasbourg.

17 octobre 1961, 65e année

Intervention de l’ATMF

Merci de votre présence.

Cette intervention s’inspire du bouquin d’Olivier Le Cour Grandmaison, « Oradour coloniaux français ».

D’abord, une pensée émue à la mémoire de Julie-Marie Reibaldi qui nous a quittés il y a à peine 15 jours, et à la mémoire d’Alfred Zimmer qui a mis les voiles fin juin dernier.

Julie-Marie et Alfred demeurent de notre combat continu pour l’égalité et la justice, pour l’amitié entre les peuples et contre le racisme.

Aussi bien Julie Marie pour ATTAC Strasbourg que Alfred pour le MRAP ont activement œuvré pour l’obtention de cette Place.

Cette belle Place au bord de l’eau bien ombragée avec de généreux platanes est la concrétisation de la démarche du Collectif d’ailleurs nous sommes d’ici composé, d’alors, de plusieurs structures associatives, syndicales et politiques dont les plus actives étaient ATTAC, l’ATMF, le MRAP, le NPA et le PCF.

La démarche a débuté en 2011 et couronnée le 17 octobre 2013.

Le Collectif d’Ailleurs Nous sommes d’Ici émane du collectif national appelé ainsi lors de l’appel du 28 mai 2011, date d’anniversaire de la création du sinistre Ministère de l’immigration et de l’identité nationale, appel initié par Olivier Le Cour Grandmaison pour une mobilisation nationale et unitaire contre le racisme, contre la politique d’immigration du gouvernement et pour la régularisation des sans-papiers.

A propos de d’Ailleurs nous sommes d’ici, Patrick Chamoiseau dans son livre Frères migrants, p.115 écrit «J’ai aimé cette formule de je ne sais plus quelle manifestation : « D’ailleurs nous sommes d’ici ». Elle chante en moi depuis longtemps.»

Le massacre du 17 octobre a été provoqué par le couvre-feu raciste qui a été imposé aux seuls FMA (français musulmans d’Algérie).

Un couvre-feu raciste qui a abouti, le 17 octobre 1961, selon Olivier Le Cour Grandmaison « au plus important massacre de l’après seconde guerre mondiale, qui s’est soldé par la mort de très nombreux manifestants et manifestantes (entre 200 et 300 victimes) exécutés sommairement, battus, précipités et noyés dans la Seine.

Un crime contre l’humanité par définition imprescriptible, soutenait l’avocate Nicole Dreyfus qui a défendu la plainte déposée en 1998 par des victimes et des descendants de victimes, en vain ! » p.131

Ce massacre est un crime d’Etat, car il a été « conçu par les autorités politiques et militaires et commis par des hommes de rang ou des supplétifs » p.101. Se référer à ce sujet aux déclarations de Maurice Papon, Préfet de police de Paris à cette époque.

65 ans aujourd’hui et cette reconnaissance se fait toujours attendre !

Mais alors, pourquoi ce manque de courage et d’éthique de responsabilité « des autorités politiques françaises à bien qualifier ces faits ? d’autant que cette négation perpétuelle de dire la vérité a de « terribles effets sur les victimes et leurs descendants » p.146

Toute l’histoire de la colonisation française fut émaillée de massacres.

Au-delà des atrocités commises en Algérie jusqu’aux enfumades des grottes refuges telles des chambres à gaz, des ratissages et destruction de villages entiers, exécutions sommaires…

comme d’autres massacres, juste après la 2ème guerre, on peut citer comme exemples :

– le massacres de Sétif, Guelma et Karata, du 8 mai 1945 (jour la Libération) jusqu’au mois de juin; près de 30.000 à 40.000 tués,

– le massacre au camp militaire de Thiaroye (près de Dakar) le 1er décembre 1944, où près de 300 à 400 tirailleurs sénégalais furent tués. Tués juste parce qu’ils réclamaient le paiement de leurs pensions,

– les massacres de Madagascar, de 1947 à 1949, contre les indépendantistes, qui se sont soldés par 50 000 à 80.000 tués.

De cette politique colonialiste raciste, en France aujourd’hui, il y a de « beaux restes ».

Les populations issues des anciennes colonies sont constamment bouc-émissairisées, racisées, accusées de séparatisme …

et tous ceux qui s’élèvent contre cette politique raciste sont aussi accusés de wokisme, communautarisme, islamogauchisme …

Aujourd’hui des associations comme le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France) ont été dissoutes,

des lois scélérates sont promulguées comme celle appelée « présomption de légitime défense » qui n’est autre qu’un permis de tuer pour la police, dont les principales victimes seront bien évidemment les racisés comme c’était déjà le cas depuis belle lurette.

En France aujourd’hui, des mouvements sociaux sont criminalisés, certaines manifestations de solidarité sont interdites, des armes de guerre sont utilisées contre le mouvement des lycéens où des mômes sont mutilés, contre les gilets jaunes où une 30aine des personnes ont été éborgnées.

Dans ce contexte bien difficile pour les classes laborieuses, la convergence des luttes et des solidarités est une nécessité. Une nécessaire solidarité avec le mouvement des lycéens, celui des gilets jaunes, des travailleurs, des chômeurs et des précaires …

Sans oublier la solidarité avec le peuple palestinien victime d’un monstrueux génocide commis par Israël et la France est complice.

Cette France-là est en décadence, c’est une déchéance,

telle une vieille mine d’hypocrisie assassines;

reconnaître la Palestine et la cogénocider en sourdine

par les armes et la famine de Gaza à Jénine.

Merci bien à vous cordialement.

A.F-pour l’ATMF, le 17 octobre 2026.

By

Solidarité totale avec notre association membre l’ATMF de Saint-Avold, cible des attaques de la municipalité RN.

Le réseau ATMF exprime sa solidarité totale avec son association membre de Saint-Avold, prise pour cible par une municipalité RN qui multiplie les provocations, les attaques politiques et les clins d’œil à l’histoire la plus sombre de l’extrême droite. Après les images du maire Hervé Simon dans une jeep arborant le drapeau confédéré, symbole d’esclavage, de ségrégation et de suprématisme blanc, puis les révélations sur des élus de sa majorité chantant « Maréchal, nous voilà », il n’est plus possible de parler d’“incidents” ou de “malentendus” : il s’agit d’une banalisation assumée des références fascistes et pétainistes.

Ces faits ne tombent pas du ciel. Ils s’inscrivent dans une offensive politique cohérente du Rassemblement national contre les organisations ouvrières, les associations antiracistes et les forces populaires, avec des attaques visant la CGT, l’ATMF et d’autres structures solidaires à Saint-Avold.

Quand le RN s’installe dans les institutions, il ne « gouverne » pas : il cible, il intimide, il divise et cherche à imposer un climat de peur en désignant un prétendu « ennemi de l’intérieur » – l’immigré – afin de dresser les travailleurs les uns contre les autres et de stigmatiser les familles immigrées, les militants syndicaux et toutes celles et ceux qui refusent le racisme.

L’ATMF rappelle que son histoire s’est construite dans le combat contre le racisme d’État, les discriminations, les logiques coloniales et toutes les formes d’extrême droite. Notre solidarité avec notre association membre de Saint-Avold n’est pas seulement morale : elle est politique, déterminée et combative.

Face à une municipalité RN qui tente de normaliser l’idéologie fasciste, nous opposons la mémoire des luttes, l’unité des quartiers populaires, la solidarité entre travailleurs et l’exigence d’un front large antiraciste et antifasciste.

Nous dénonçons les tentatives du maire et de sa majorité de se défausser derrière de prétendues “erreurs” ou “instrumentalisations”. Ce que révèlent ces images, ce sont des choix politiques, des références idéologiques et une culture d’extrême droite qui cherche à se banaliser dans l’espace public.

Le RN veut faire croire qu’il serait un parti “comme les autres”. À Saint-Avold, comme ailleurs, il montre son vrai visage : celui d’un parti réactionnaire, anti-ouvrier, xénophobe et compatible avec les symboles de Vichy, du racisme et de l’ordre autoritaire.

Le RN n’est pas “patriote” : il recycle les symboles de l’oppression, nourrit le racisme et prépare l’autoritarisme. Face à lui, l’ATMF choisit le camp du peuple, de l’antiracisme, du mouvement ouvrier et de la résistance antifasciste.

L’ATMF appelle l’ensemble des forces démocratiques, syndicales, associatives, antifascistes et antiracistes à renforcer la mobilisation aux côtés de notre association membre de Saint-Avold.

Nous refusons la peur, le silence et la résignation. Nous refusons que des élus d’extrême droite utilisent leurs mandats pour humilier, attaquer et isoler les organisations qui défendent l’égalité, la dignité et la justice sociale.

À Saint-Avold comme partout, le fascisme ne passera pas.

Notre réponse sera l’organisation, l’unité et la lutte.

ATMF-Paris le 09 juillet 2026

By

MANIFESTATION MASSIVE

Contre le racisme.

Contre l’extrême droite.

Pour notre dignité.

Se taire face à l’injustice, c’est déjà choisir son camp.

Aujourd’hui, l’heure est grave. Très grave.

En France, le racisme n’avance plus masqué. L’islamophobie ne se cache plus. La haine se banalise. Elle s’installe. Elle s’organise. Elle parle fort. Trop fort.

Après les dernières élections municipales, des élu·e·s de la République ont été pris·es pour cible. Parce qu’ils et elles sont racisé·es. Parce qu’ils et elles sont musulman·es. Ou simplement perçu·es comme tel·les.

Voilà où nous en sommes.

L’extrême droite désigne des boucs émissaires. Elle attise la peur. Elle divise nos quartiers. Elle veut opposer les habitant·es entre eux. Elle veut briser nos solidarités.

Et des médias lui ouvrent leurs micros. Ils répètent ses mots. Ils amplifient son poison. Ils transforment la haine en débat. Ils présentent le racisme comme une simple opinion.

Mais le racisme n’est pas une opinion. C’est un délit. C’est une violence. Une menace. Un danger pour toutes et tous.

Aujourd’hui, une partie du peuple est livrée à la vindicte. Caricaturée. Humiliée. Déshumanisée.

Nous disons : STOP.

Nous disons : ça suffit.

Nous disons : nous ne baisserons pas les yeux.

Nous ne nous tairons pas.

Nous ne laisserons pas faire.

L’ATMF Association des Travailleurs Maghrébins de France appelle à un sursaut collectif.

S’indigner derrière un écran ne suffit plus. Commenter ne suffit plus. Regarder la haine avancer ne suffit plus.

Il faut être là. Dans la rue. Ensemble. Nombreuses et nombreux. Debout.

Le temps de la riposte est venu. Le temps de la dignité est venu. Le temps de la mobilisation populaire est venu.

Rendez-vous citoyen

Dimanche 21 juin 2026

14h00

Paris – Barbès

Nous appelons toutes celles et ceux qui refusent le racisme, l’exclusion et les politiques de division à rejoindre massivement la manifestation.

Pour faire reculer la haine. Pour défendre l’équité. Pour protéger nos droits. Pour défendre nos quartiers. Pour défendre nos enfants. Pour défendre notre dignité.

Face au racisme, une seule réponse : la solidarité.

Face à l’extrême droite, une seule réponse : la rue.

Face à la haine, une seule réponse : la mobilisation massive.

Toutes et tous à Barbès. Toutes et tous debout. Toutes et tous uni·es contre le racisme et l’extrême droite.

ATMF- 19.06.2026

By

Intervention de l’ATMF /Table ronde : Migration et Antifascisme- CICP 50 ans de Solidarités !

Merci pour l’organisation de cette rencontre, et merci pour l’invitation à participer à cette célébration des 50 ans du Centre international de culture populaire.

Prendre la parole aujourd’hui au nom de l’ATMF, ici, dans ce lieu, ce n’est pas anodin. Le CICP fait partie de ces espaces rares qui, pendant des décennies, ont permis aux luttes sociales, aux luttes de l’immigration et aux solidarités internationales de se croiser, de dialoguer, de se renforcer, et surtout de construire des perspectives communes.

Et l’histoire de l’ATMF s’inscrit pleinement dans cette histoire.

L’ATMF est passée par quatre étapes essentielles de son histoire. D’abord créée dans les années 1960 sous le nom d’AMF (Association des Marocains en France) par des militants politiques, elle est devenue en 1975 l’AMF Coordination des Sections à la suite de divergences politiques internes. Elle s’est ensuite transformée en Association des Travailleurs Marocains en France (ATMF)en 1981, avant d’évoluer enfin vers une association ouverte à l’ensemble des Maghrébins de France en 2000.

L’ATMF est née des luttes des travailleurs marocains immigrés en France. Des femmes et des hommes venus répondre aux besoins de main-d’œuvre de l’économie française, souvent recrutés pour les emplois les plus pénibles, les plus précaires, les moins reconnus. Une population réduite à une force de travail, mais privée de nombreux droits, confrontée au racisme, aux discriminations, et à différentes formes de contrôle.

Mais face à cela, ces travailleurs ne sont pas restés silencieux. Ils ne se sont pas contentés d’attendre que d’autres parlent pour eux. Ils se sont organisés eux-mêmes.

Cette auto-organisation est née d’une nécessité vitale : défendre sa dignité, ses droits, et sa place dans la société.

Cette histoire s’est construite dans un contexte de violences institutionnelles, de politiques d’exclusion et de suspicion permanente à l’égard des immigrés. Les foyers, les quartiers populaires, les lieux de travail sont devenus des espaces de résistance. Les immigrés ont créé leurs propres structures pour faire entendre leurs voix et construire un rapport de force collectif.

Parmi les moments fondateurs, il y a bien sûr les luttes des résidents des foyers Sonacotra dans les années 1970. Face à des conditions de vie indignes et à des règlements discriminatoires, des milliers de travailleurs se sont mobilisés, ont mené des grèves des loyers longues et déterminées. Cela a marqué une étape essentielle : celle de l’affirmation d’une parole autonome des immigrés.

Et dans cette histoire, il faut aussi rappeler le rôle de l’ATMF dans les luttes des mineurs marocains, notamment dans l’Est et le Nord de la France, où elle a contribué à soutenir leurs mobilisations, à faire reconnaître leurs droits et à rendre visibles des conditions de travail particulièrement dures et longtemps invisibilisées.

Dès le départ, cette auto-organisation a porté une double dimension. Les travailleurs marocains luttaient ici pour l’égalité des droits, contre l’exploitation et le racisme, tout en restant profondément liés aux luttes démocratiques et sociales au Maroc.

C’est une histoire qui relie ici et là-bas.

Cette trajectoire a aussi croisé les grandes mobilisations contre le racisme, notamment la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983. Un moment clé, où les enfants de l’immigration ont affirmé une chose simple : ils ne demandaient pas des droits particuliers, mais l’égalité réelle.

C’est dans cet esprit que l’ATMF s’est engagée dans de nombreuses dynamiques de solidarité : dans le mouvement ouvrier, dans les mobilisations pour la carte de résident, pour le droit de vote des étrangers, contre les lois discriminatoires, et aux côtés des sans-papiers, notamment à partir des années 1990.

Nous avons aussi été présents dans les luttes internationales : aux côtés des mouvements démocratiques au Maroc, du peuple palestinien, et des peuples du Maghreb et du Machrek dans leurs combats pour la dignité et la liberté.

Dans les années 1990 et 2000, de nouvelles convergences se sont construites avec les mouvements altermondialistes. L’ATMF a participé aux forums sociaux locaux, régionaux, maghrébins, européens et mondiaux, où se retrouvaient des luttes autour de préoccupations communes : justice sociale, égalité, droits humains, et refus des dominations.

Et dans toutes ces dynamiques, des lieux comme le CICP ont été essentiels.

Le CICP, c’est un lieu de rencontres, de débats, de construction d’alliances. Un lieu où se croisent les luttes contre le racisme, les combats anticoloniaux, les solidarités internationales et les mobilisations sociales. Un lieu où les causes ne restent pas isolées, mais se renforcent mutuellement.

Quand l’ATMF devient en 2000 l’Association des Travailleurs Maghrébins de France, ce n’est pas qu’un changement de nom. C’est l’expression d’une réalité partagée : celle de populations confrontées aux mêmes discriminations et aux mêmes mécanismes d’exclusion.

Et aujourd’hui, cette histoire continue.

Nous sommes toujours présents aux côtés des sans-papiers, des habitants des foyers, des anciens migrants, des jeunes des quartiers populaires, des travailleurs précaires. Nous continuons à transformer des expériences individuelles d’injustice en mobilisations collectives.

L’ATMF reste fidèle à ses fondements : l’autonomie des premiers concernés, la construction d’alliances, la solidarité internationale, et la conviction que les droits sont universels.

Alors célébrer aujourd’hui les 50 ans du CICP, ce n’est pas seulement regarder en arrière.

C’est rappeler une évidence : les luttes de l’immigration n’ont jamais été isolées. Elles se sont construites dans des réseaux, dans des alliances, dans des lieux comme celui-ci.

Et parce que les injustices persistent, ces espaces restent indispensables.

Et parce que les injustices persistent à travers le monde, au génocide vécu par le peuple palestinien à Gaza, à l’occupation et à la colonisation des territoires palestiniens, aux bombardements au Liban, aux conflits qui déstabilisent le Moyen-Orient, aux atteintes aux droits fondamentaux, à la répression et aux arrestations arbitraires dans les pays du Maghreb, ainsi qu’à la montée des discours de haine, du racisme et des idées fascistes d’extrême droite en France et en Europe, contre les violences policières l’ATMF continuera à prendre toute sa place dans les combats collectifs pour la justice, l’égalité, la dignité et la solidarité entre les peuples.

Bon anniversaire et longue vie au CICP !

Le mot du président de l’ATMF National, M.Nacer El IDRISSI,

Paris, 06 juin 2026

By

1er mai : mémoire, vérité, résistance

Le 1er mai 1995, Brahim Bouarram était assassiné, jeté dans la Seine par des militants d’extrême droite sortis d’un défilé du Front National.

Ce crime n’était pas un fait divers. C’était le produit d’un racisme politique.

Depuis d’autres noms, d’autres vies, se sont ajoutés à cette liste tragique. Et derrière chaque nom, il y a des familles brisées, des silences imposés, des injustices qui perdurent.

Plus de trente ans, rien n’est réglé.

Le racisme ne recule pas : il avance, il s’affiche, il s’impose.

L’extrême droite dicte l’agenda, contamine les discours, infiltre les politiques.

Islamophobie décomplexée, stigmatisation des immigré·es, chasse aux exilé·es, lois liberticides :

ce qui tuait hier est aujourd’hui banalisé.

Diviser pour mieux dominer.

Fabriquer des boucs émissaires pour masquer les responsabilités dans la précarité, les inégalités et la violence sociale.

Nommons les choses :

nous faisons face à un processus de fascisation.

Face à cela, il n’y a pas de neutralité.

Il n’y a pas de compromis possible.

Nous refusons de nous taire.

Nous refusons de nous habituer.

Nous refusons de laisser faire.

Se souvenir de Brahim Bouarram et de toutes les victimes de crimes racistes, ce n’est pas commémorer passivement.

C’est continuer la lutte.

Contre le racisme d’en haut comme d’en bas.

Contre l’extrême droite et ceux qui reprennent ses idées.

Contre un système qui exploite, exclut et attise la haine.

Pas de mémoire sans justice.

Pas de justice sans rapport de force.

Le 1er mai, faisons front.

Rassemblement – 1er mai 2026

09h30 – 11h

Pont du Carrousel – Paris

Signataires : ATMF ; MRAP ; LDH ; Action Antifasciste Paris –Banlieue ; Action Justice Climat Paris ; ACORT ; Act Up-Paris ; AFAPREDESA ; AMDH-Paris ; AMF ; APCV ; ASDHOM ; ASIAD ; Assemblée des Quartiers ; ATF ; Attac France ; CADTM France ; CEDETIM / IPAM ; Collectif « D’Ailleurs Nous Sommes d’Ici » ; Collectif des Musulmans Anticapitalistes ; Collectif les Mères Déters ; Collectif Vietnam-Dioxine ; Comité Adama ; Coordination Pas sans Nous ; COPAF ; CORENS ; Coudes à coudes ; CRDLHT ; DAL ; Droit devant ; FASTI ; Femmes Egalité ; Femmes Plurielles ; Fondation Frantz Fanon ; Front de mères ; FTCR ; FUIQP ; GISTI ; Jeunesse Populaire ; Ka Ubuntu ; L’Institut Mehdi Ben Barka-Mémoire vivante ; Mémorial 98 ; RAAR ; REMCC ; Réseau Féministe « Rupture » ; Résister Aujourd’hui ; Solidarités Asie France ; Tsedek ; UJFP ; Union Générale des Vietnamiens de France ; UTAC ; UTIT ; VISA ; CNT ; UD CGT ; UL CGT Paris 18e ; Union Syndicale Solidaires ; EELV ; La France Insoumise ; l’Après – l’Alliance pour une République écologique et sociale ; Les Verts populaires NPA-A ; PCF ; PCOF ; PEPS-Pour une Ecologie Populaire et Solidaire ; Révolution Permanente ; URCommuniste.

By

BALLY BAGAYOKO PRIS POUR CIBLE

Racisme médiatique : trop, c’est trop

L’attaque raciste contre Bally Bagayoko, nouveau maire de Saint-Denis, n’est pas un accident.

Ce n’est pas un “dérapage”.

C’est un symptôme.

Le symptôme d’un racisme désormais assumé, exhibé, relayé.

L’ATMF dénonce avec force le rôle de CNews.

Sous couvert de “débat”, cette chaîne banalise l’inacceptable.

Elle ouvre ses plateaux à la haine.

Elle recycle les obsessions de l’extrême droite.

Elle nourrit la peur.

Elle légitime l’exclusion.

Ce qui se joue est grave.

Très grave.

Car derrière Bally Bagayoko, ce n’est pas un homme seul qui est visé.

C’est une partie de la France.

Une France qu’on regarde encore comme étrangère à elle-même.

Une France dont le nom, la couleur, l’histoire dérangent.

Une France à qui l’on demande, encore et toujours, de prouver qu’elle appartient à la République.

Voilà le poison.

À force de complaisance, les propos racistes ne choquent plus.

Ils s’installent.

Ils circulent.

Ils se normalisent.

Ils deviennent des opinions ordinaires.

Puis des évidences.

Puis une ligne politique.

Et pendant ce temps, une République à deux vitesses s’installe.

D’un côté, ceux qu’on croit sur parole.

De l’autre, ceux qu’on soupçonne d’emblée.

D’un côté, les citoyens légitimes.

De l’autre, les citoyens sommés de se justifier.

C’est une violence.

Une humiliation.

Une fracture.

C’est aussi une diversion.

Pendant qu’on désigne des boucs émissaires, on détourne le regard des vraies urgences sociales.

Pendant qu’on excite les peurs, on abîme l’idée même de justice.

Pendant qu’on parle identité, on piétine l’égalité.

L’ATMF dit non.

Non à la banalisation du racisme.

Non aux médias qui en deviennent les amplificateurs.

Non aux responsables politiques qui ferment les yeux.

Non à ceux qui instrumentalisent la haine pour gagner du terrain.

Non à l’humiliation érigée en spectacle.

Nous refusons qu’une partie du pays soit traitée comme suspecte.

Nous refusons qu’on salisse la dignité de milliers de citoyennes et citoyens.

Nous refusons qu’au nom de l’audience, on détruise ce qui nous tient debout.

Car rien n’est joué.

Rien n’est perdu.

À la haine, nous opposons la solidarité.

À la stigmatisation, nous opposons l’égalité.

À l’exclusion, nous opposons la justice sociale.

Pour toutes.

Pour tous.

Sans tri.

Sans réserve.

Sans renoncement.

Notre République n’a de sens que si elle tient pour tout le monde.

Entière.

Indivisible.

Intraitable face au racisme.

Nous serons solidaires.

Nous serons debout.

ATMF, 10 avril 2026

By

8 mars : la lutte des femmes est une lutte quotidienne

À l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, l’ATMF rappelle que les droits des femmes ne sont ni acquis ni garantis. Ils se défendent et se conquièrent chaque jour.

Dans nos sociétés, les discours et les politiques qui banalisent l’âgisme, la xénophobie et l’islamophobie gagnent du terrain. Ces logiques de stigmatisation frappent particulièrement les femmes issues de l’immigration, souvent prises au croisement de plusieurs discriminations : sexistes, racistes, sociales et religieuses.

Face à ces attaques, nous affirmons que les femmes ne sont ni des symboles à instrumentaliser ni des corps à contrôler. Elles sont des citoyennes, des travailleuses, des militantes, des actrices essentielles de la vie sociale et des luttes pour l’égalité.

Dans le même temps, nous ne pouvons dissocier la lutte pour les droits des femmes des réalités politiques et des violences qui frappent de nombreux peuples. À Gaza, la population civile subit une catastrophe humaine d’une ampleur insupportable. Les femmes et les enfants en paient le prix le plus lourd. Le silence, l’inaction et le deux poids deux mesures qui entourent ces tragédies révèlent l’affaiblissement inquiétant du droit international et des principes universels censés protéger les peuples.

Partout où la guerre, l’occupation et les violences d’État se déploient, les femmes sont en première ligne : elles résistent, organisent la solidarité, protègent la vie et portent les luttes pour la dignité et la justice.

Pour l’ATMF, le combat féministe ne peut être dissocié des combats contre le racisme, contre les discriminations, pour la justice sociale, pour la paix et pour le respect du droit des peuples. L’égalité ne peut être sélective, et les droits humains ne peuvent être à géométrie variable.

En ce 8 mars, nous rendons hommage à toutes celles qui, partout dans le monde, refusent l’injustice, résistent à l’oppression et continuent de lutter malgré les violences, les discriminations et les tentatives de les réduire au silence.

Nous appelons à renforcer les solidarités, à soutenir les luttes des femmes et à construire ensemble des sociétés fondées sur l’égalité, la dignité et la justice.

• -Parce que la lutte des femmes est indissociable de la lutte pour les droits humains.

• -Parce que la solidarité est notre force.

• -Parce que la lutte des femmes est une lutte de tous les jours.

08 mars 2026

By

Racisme décomplexé, islamophobie structurelle : La haine franchit un seuil

Le journal la Provence annonce une naissance à Avignon.

Un prénom : Zaïd.

Un nourrisson.

Et soudain, une meute : propos racistes, insultes islamophobes, déferlement de haine.

A l’origine, la publication, dans La Provence, d’un article anodin : le premier bébé né en 2026.

Un nouveau-né devenant une cible,

Révèle un seuil gravissime de franchi.

Un seuil moral. Un seuil politique.

Celui d’une société où la haine s’autorise désormais à s’acharner sur un enfant.

L’ATMF condamne avec la plus grande fermeté cette vague de propos racistes, islamophobes et haineux.

Et nous l’affirmons : ce n’est pas un “dérapage”.

Ce que nous voyons n’est ni un accident, ni une suite d’excès isolés.

C’est un climat.

Un système de stigmatisation des personnes musulmanes ou perçues comme telles,

Nourri par des discours politiques, médiatiques et institutionnels qui installent l’exclusion et le soupçon comme norme.

Début 2026 : les signaux sont alarmants

• Un bébé insulté pour son prénom.

Une famille exposée, livrée à la vindicte raciste.

S’en prendre à un nouveau-né, c’est une violence extrême.

C’est dire : “tu n’es pas des nôtres” dès le berceau.

• Nassima.

Une obstruction de l’œsophage. L’urgence. La peur.

Et cette information glaçante : elle aurait été refusée aux urgences d’une clinique privée à Strasbourg faute de numéro de sécurité sociale.

Elle ne doit la vie qu’à une prise en charge tardive à l’hôpital.

Une question s’impose, insoutenable : meurt-on aujourd’hui de racisme administratif ?

• À la RATP : une suspicion organisée.

Témoignages concordants. Documents internes.

Surveillance ciblée d’agent·es musulman·es.

Contrôle des pratiques. Interdictions humiliantes.

Espionnage des temps de repos.

Si ces faits sont avérés, ce n’est plus une dérive : c’est une discrimination institutionnalisée, Contraire au droit du travail, à la liberté de culte, à la dignité humaine.

Ce n’est pas une opinion. C’est illégal.

La loi française interdit toute discrimination fondée sur l’origine réelle ou supposée, la religion ou l’appartenance ethnique.

S’acharner sur un bébé.

Refuser des soins.

Ficher, surveiller, harceler des salarié·es pour leur foi.

Ce n’est pas “un débat”.

Ce sont des actes.

Et ce sont des infractions pénales.

Nous exigeons

• L’ouverture immédiate d’enquêtes indépendantes sur l’ensemble des faits dénoncés.

• L’application stricte des lois contre le racisme, l’islamophobie et l’incitation à la haine.

• Des sanctions exemplaires contre toute discrimination, y compris lorsqu’elle émane d’institutions ou d’employeurs.

• La garantie effective d’un accès inconditionnel aux soins, sans tri social, administratif ou racial.

La République ne survit pas à la banalisation de la haine

L’impunité du racisme n’est pas seulement une injustice.

C’est une menace directe pour la cohésion sociale et l’État de droit.

L’ATMF exprime sa solidarité totale avec la famille de Zaïd, avec Nassima, et avec toutes celles et ceux qui vivent l’humiliation, le soupçon, la mise en danger, parce qu’ils sont musulmans ou perçus comme tels.

Et nous disons aussi :

• Félicitations aux parents.

• Bienvenue à Zaïd parmi nous, dans son pays.

• Bienvenue à tous les Zaïd à venir.

• Bienvenue à tous les bébés, sans distinction aucune.

Une évidence doit être rappelée, face à la haine :

• Un enfant n’est ni un symbole, ni un problème, ni un ennemi.

• Jusqu’où ira cette chasse aux musulman·es ?

Nous refusons qu’une population entière soit transformée en bouc émissaire permanent.

L’ATMF appelle à la vigilance, à la mobilisation citoyenne, et à des réponses politiques et judiciaires fermes face à cette dérive raciste et islamophobe.

ATMF, 7 janvier 2026