Tunisie : bienvenue au pays de l’égalité de traitement entre les hommes et les femmes ! Zakia Dhifaoui condamnée en appel à quatre mois et demi de prison
Au pays où les femmes « bénéficieraient » des mêmes droits que les hommes, Zakia Dhifaoui ne fait pas l’exception face à la machine répressive du pouvoir tunisien.
Zakia Dhifaoui a été arrêtée le 27 juillet dernier après sa participation à une manifestation de femmes à Redeyef, au bassin minier de Gafsa. Cette région connaît un mouvement de protestation populaire depuis janvier dernier.
Elle a été condamnée par le tribunal de première instance de Gafsa à huit mois de prison, aujourd’hui, elle est condamnée en appel à quatre mois et demi.
Zakia Dhifaoui reste en prison, et comme le pouvoir tunisien excelle dans le châtiment de ses opposants, elle perd aussi son travail. Zakia Dhifaoui ne pourra plus enseigner, elle n’a plus le droit d’exercer dans la fonction publique car condamnée à une peine supérieure à trois mois de prison.
Comme d’autres enseignants arrêtés, elle n’a pas pu effectuer sa rentrée scolaire aujourd’hui, privée de ses élèves qui lui ont adressé une lettre de soutien et de reconnaissance, ce lundi 15 septembre.
Nous dénonçons la condamnation arbitraire de madame Zakia Dhifaoui et nous exigeons sa libération immédiate.
Nous appelons les femmes et l’ensemble des citoyens à accroître leur mobilisation pour la libération de Zakia Dhifaoui.
Nous réitérons notre soutien aux luttes légitimes des populations du bassin minier de Gafsa et exigeons la libération de tous les prisonniers.
Paris, le 15 septembre 2008
Premiers signataires : ASDHOM, ATMF ; ATTAC, ATTAC Maroc, CGT, CNT, FTCR, LCR, MRAP, PCF, PCOT, PDP, Re-So/Euro-Maghreb, Union syndicale SOLIDAIRES…
Sep Le ministère de l’immigration vient de faire paraître un appel d’offre relatif à « l’information en vue de l’exercice » des droits des étrangers dans les centres de rétention administrative suite à la publication d’un décret en date du 22 août 2008. Cet appel d’offre intervient dans un contexte très préoccupant, que traduisent notamment : * les quotas d’expulsion, qui induisent non seulement des interpellations tous azimuts, mais aussi des dérives scandaleuses de la part des services des préfectures et de la police ; * la généralisation des rafles d’étrangers ; * la mise en place de fichages de tous les étrangers (fichier Eloi) ou de leurs soutiens (fichier Edvige) ; * l’adoption de la directive de la honte dite « retour », le 18 juin 2008, par le Parlement Européen, qui systématise l’enfermement des migrants ; * la construction exponentielle des centres de rétention dans toute la France ; * l’externalisation des lieux de rétention hors des frontières de l’Union européenne ; * des conditions quotidiennes de rétention dénoncées tant par les retenus étrangers, les associations et les parlementaires que par des instances européennes ou internationales, * l’arrogance du gouvernement face aux critiques de sa politique d’immigration, qui détruit des familles, expulse des enfants, pousse au désespoir et va jusqu’à provoquer des morts ; * la remise en cause du travail de la Cimade, qui permet à des milliers d’étrangers de faire valoir leurs droits devant les juridictions françaises (tant sur leurs conditions d’interpellation, de rétention et de reconduite à la frontière) et de faire connaître ce qui se passe dans les lieux de rétention ; * les tentatives (notamment dans le cadre d’une réforme constitutionnelle) de mettre au pas les juges qui sanctionnent les pratiques illégales des préfectures et les violations des droits des étrangers retenus. Aujourd’hui, le gouvernement veut rendre muettes et dociles les associations qui interviendraient dans les centres de rétention en : * divisant en « lots », pour mieux régner, les divers sites d’intervention des associations ; * obligeant ces associations à distribuer la documentation fournie par l’administration ; * imposant à ces intervenants – sous la menace financière d’une rupture sans indemnité – un devoir de neutralité et de confidentialité, obligations incompatibles avec la défense effective des droits des étrangers placés en rétention. En bref, le ministre de l’immigration veut des associations aux ordres, afin que les centres de rétention, loin de tout regard critique, redeviennent des espaces sans contrôle. Jeudi 11 septembre 2008 Premiers signataires :
11Étrangers : silence on enferme !
* écartant les regroupements d’associations de l’appel d’offres, ce qui rendra très difficile l’élaboration de bilans nationaux sur la situation dans les lieux de rétention ;
Act’Up-Paris, ADDE (Avocats pour la défense des droits des étrangers), AFVMC-CAMEROUN (Aide aux familles et victimes des migrations clandestines), AHSETI (Association havraise de solidarité et d’échanges avec tous les immigrés), Les Alternatifs, Alternative libertaire, AMDH (Association mauritanienne des droits de l’Homme), AME (Association malienne des expulsés), Anafé (Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers), APSR (Association d’accueil aux médecins et personnels de santé réfugiés en France), ASDHOM (Association de défense des droits de l’Homme au Maroc), ATF (Association des Tunisiens en France), ATMF (Association des travailleurs maghrébins de France), Autremonde, Catred (Collectif des Accidentés du Travail handicapés et retraités pour l’Egalité des Droits), UL CGT du douaisis, Cie Etc…Art, CNCU (Coordination Nationale des Collectifs unitaires pour une alternative au libéralisme), Collectif pour les Droits des sans-papiers de Montreuil, Collectif SOlidarité Migrants OIse, Comité Tchétchénie, Cordillera (Association franco-chilienne), DIEM (Droit et immigration Europe-Maghreb), Droits devant !!, Elena (Association d’Avocats liés au Comité européen des Réfugiés et Exilés), Emmaüs France, Emmaüs International, Fasti (Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés), Fédération Sud éducation, Femmes de la Terre, France Amérique Latine, FTCR Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives, Gauche Alternative/Champigny et environs, Gas (Groupe accueil et solidarité), Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés), (Immigration Développement Démocratie), Ipam (Initiatives Pour un Autre Monde), LCR (Ligue communisme révolutionnaire), Ligue des droits de l’homme, Mille Bâbords, Montgolfière (association d’aide aux demandeurs d’asile), Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), Parole Citoyenne, PCF (Parti communiste français), Plate-forme Migrants et Citoyenneté européenne, Rajfire (Réseau pour l’autonomie des femmes immigrées et réfugiées), Rénovaction-Socialiste, Réseau Chrétiens Immigrés, Réseau Foi et Justice Afrique-Europe, RESF (Réseau éducation sans frontières), REMDH (Réseau Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme), Salam Nord/Pas-de-Calais, Solidarité migrants, SOS soutien aux sans papiers, Terre des Hommes France, T’OP! (Théâtre de l’Opprimé), Unef (Union nationale des étudiants de France), Voix des migrants, WBC (Welcome Back Cameroon)…
