Association des Travailleurs Maghrébins de France
10 rue Affre - 75018 Paris
01 42 55 91 82 national@atmf.org

By

Immigration et vieillesse en France par Omar Samaoli, gérontologue

Vieillir aujourd’hui est un paradoxe : au regard des sciences médicales, le vieillissement de l’individu est une donnée bio-psycho-physiologique irréversible, l’être humain entamant son cycle de vieillissement dès sa naissance même.
Il en est tout autrement lorsqu’il faut apprécier cette condition humaine à l’aune de l’usure fatale et de la longévité, procurées par les progrès scientifiques, les problèmes démographiques, sociaux et économiques qu’elle pose (Moulias, 1996).

Aujourd’hui, et alors que les sociétés en développement font face à des réalités démographiques d’une toute autre nature telle que la croissance démographique importante, le taux de fécondité élevé, la prédominance des jeunes classes d’âge, le “vieux continent” fait face, lui, à des réalités somme toute inverses : vieillissement démographique des populations, non renouvellement de certaines classes d’âge, augmentation de l’espérance de vie et de la longévité (INSEE, 1990).

Peu d’intérêt dans tout cela a été accordé aux mouvements migratoires, sous l’angle du vieillissement, de l’allongement de plus en plus important des durées de séjour dans le pays d’accueil ou de la fixation des populations immigrées en France, du regroupement familial ou encore du devenir des plus âgés parmi ces populations lorsqu’ils ne retournent pas définitivement finir leur vie dans leur pays d’origine (de Wenden, 1991).

Pendant de nombreuses années, le temps de l’immigration, et dans l’immigration, est resté un temps vide, provisoire, parce que ces immigrés provisoires étaient tous liés par des engagements sociaux, économiques et affectifs à leur pays d’origine (Sayad et al. 1964).
Pendant longtemps aussi, l’immigration avait rarement de prise sur leur personnalité, leurs conduites, leurs comportements et leurs consommations, bref sur leurs façons d’être au quotidien. Néanmoins, la sédentarisation des gens n’était souvent que de circonstance, pour ne pas dire de façade, alors que dans l’intimité étaient réinventées/actualisées régulièrement des habitudes d’être, de consommer et de vivre tout court. Toute une vie a été assumée comme une parenthèse pour ne pas perdre le lien et surtout pour continuer à entretenir autant la nostalgie des origines que cet indéniable sentiment d’appartenance à celle-ci.

Avec le recul permis aujourd’hui par la durée “excessivement longue” dans l’immigration, échappant de plus en plus à la reproduction de jadis, avec ce qu’apportent les questions de la retraite et de la vieillesse comme indications supplémentaires de compréhension, le cycle migratoire en lui-même se trouve modifié et étendu au prix de paramètres, d’impératifs et de nécessités dont seuls les gens maîtrisent le contenu.

L’immigration a été dépouillée de son sens, de sa légitimité première (le travail), de ses motivations initiales (entre autre le retour au pays d’origine), pour ne plus reposer en bout de course, et notamment dans la retraite et la vieillesse, que sur une identité d’immigré peu prise en compte et à la limite illégitime. Nous comprenons mieux aujourd’hui, les dilemmes et les malaises des personnes : trop proches de leur culture, de leur façon de vivre et d’élever leurs enfants, pour être totalement “digérés” par la France, du moins par le modèle de la société française et paradoxalement de plus en plus enracinés dans l’hexagone pour être encore fidèlement porteurs des valeurs des sociétés et des pays d’origine (Samaoli, 1989).

Bref, de part et d’autre des frontières géographiques et culturelles, l’inconfort de ces gens est manifeste, mais leur silence en dit long sur l’immigration et sur la vie tout court (Samaoli, 1989).
La sociologie de l’immigration, si tenté qu’il puisse en exister une spécifique aux immigrés et à eux seuls, nous a certes suffisamment appris sur leur arrivée en France (Sayad, 1982), les différentes phases et modalités de leur installation, leurs conditions de logement (Toubon, 1990), les difficultés d’intégration qui sont les leurs, les transformations sociales statutaires diverses qu’a connues la condition immigrée, mais sans anticiper le non retour ou encore l’extension des cycles migratoires ouverte par la retraite et la vieillesse dans l’immigration.

Parler de gérontologie au sujet de ces immigrés en France est une occasion de lire et d’apprécier l’évolution profonde de l’immigration, la place qu’occupent ou non les personnes âgées dans leurs familles, les relations qui subsistent ou non entre les générations, la vie urbaine et ses difficultés, les besoins de services ou l’entrée en institution gériatrique (Samaoli, 1989).

La vieillesse des immigrés est-elle suffisamment prise en compte comme réalité gérontologique aujourd’hui ? Ce n’est que très peu ou pas du tout encore le cas. On en vient que doucement à admettre l’éventualité même du maintien des anciens travailleurs immigrés dans l’hexagone. On en vient également, mais lentement, à rompre avec le lot des clichés et autres stéréotypes (de bonne ou de mauvaise foi) tenus sur les immigrés et leur vie.

Or l’immigration est devenue aussi une question gérontologique, dès lors que les individus sont devenus concernés par l’accès aux services, les aides et les prestations nécessaires aux personnes âgées pour vivre chez elles ou en institution, le logement et sa capacité à favoriser un maintien à domicile, une plus grande implication et prise en compte des gens âgés dans les actions gérontologiques préventives et enfin par les questions de loisirs, de lutte contre l’exclusion, l’isolement ou la solitude.

Toute personne âgée aspire à conserver son logement, son train de vie ordinaire. Seul l’amenuisement des forces physiques ou les signes patents d’une dépendance physique concomitante appellent l’entrée en institution gériatrique. Cette échéance peut être retardée le plus longtemps possible grâce à la mise en place d’un dispositif d’aide au maintien à domicile. Il s’agit, pour l’essentiel, d’aides diverses à l’accomplissement des gestes courants de la vie : confection ou portage des repas, aide ménagère pour l’entretien du cadre de vie, soins de nursing et d’hygiène.
Les immigrés âgés ont-ils droit ou non à ces aides ? Les connaissent-ils ? Font-ils ou non appel à elles ?

Si l’accès à ces aides est ouvert sans distinction aux immigrés âgés comme aux autochtones, ce sont leurs difficultés de mise en place qui méritent attention. Les modes de vie des gens, leurs conditions de logement et de ressources restent encore des éléments à maîtriser pour favoriser efficacement ce maintien à domicile (Samaoli, 1997). Il n’est pas rare aussi qu’un décalage soit visible entre le contenu de ces prestations et la perception d’ensemble de celles-ci par ceux qui peuvent en bénéficier. Dans bien des situations, il devient nécessaire de tenir compte de paramètres culturels et de comportements sociaux, très peu enclins à confier ces aides à des tierces personnes.

Ce problème revêt paradoxalement un tout autre aspect dans le cas des personnes âgées qui vivent seules et habitent encore dans les anciens foyers de travailleurs migrants. La difficulté dans la mise en place de ces aides relève alors beaucoup moins de quelques réticences culturelles que de résistances diverses et d’insuffisances de ressources (Samaoli, 1992, 1997).

La vieillesse des immigrés en France soulève également des dysfonctionnements juridiques dans l’accès à certaines prestations d’aide généralement consenties aux personnes âgées. Le législateur français ayant parfois soumis bon nombre de ces aides à des conditions de nationalité, de territorialité et de durée de séjour en France, les rend inaccessibles*.

La construction européenne a introduit incidemment des disparités par l’entremise des inclusions et des exclusions, l’appartenance ou non des communautés immigrées à l’espace européen (de Wenden, 1991).
Il en est de même devant l’absence d’une harmonisation des législations sociales européennes, qu’il s’agisse des politiques de la vieillesse, des systèmes de retraites encore disparates, de la couverture et de l’accès aux soins, des possibilités de libre circulation ou de transfert des pensions de retraite à l’intérieur même de l’Europe.

Le passage dans les institutions pour personnes âgées vient aussi pallier l’absence de famille dans l’immigration, générée par l’amenuisement des liens sociaux, la mobilité des proches et des enfants ou les aléas de la vie (veuvage, divorce, etc…) comme chez les populations âgées françaises (Kagan, 1996). Mais dans bon nombre de cas encore, il prend surtout le relais des garnis**, des meublés ou même des foyers de travailleurs incapables de continuer à héberger des personnes âgées et moins encore lorsqu’elles deviennent invalides ou nécessitent l’intervention d’une tierce personne pour accomplir les gestes courants de la vie quotidienne.

Un ensemble de difficultés, nées de ces situations nouvelles, font question et le feront davantage encore à mesure de l’étendue et de l’accroissement de cette réalité gérontologique, chez le personnel médical, para-médical et les travailleurs sociaux dans leur diversité.
Déjà les problèmes de la langue en eux-mêmes et ce qui en résulte comme complications dans les relations quotidiennes, sont souvent la source de conflits multiples et surtout un indice de majoration de l’isolement et de la solitude de ces anciens.

L’absence de références anthropologiques dans la formation des soignants sur l’identité – les identités de ces anciens – et les supports anthropologiques traditionnels dont elle s’inspire, rend les actes de soins, les démarches de communication, les entreprises de soutien et d’accompagnement dans la vieillesse et au bout de la vie, même nourris de bienveillance, difficiles sinon impossibles.
Les conditions de logement des immigrés en France offrent à toute analyse, et non nécessairement gérontologique, des indications suffisamment éloquentes autant sur l’histoire de l’immigration même que sur les modalités d’accueil, d’hébergement et d’insertion urbaine de ces derniers. Mais, résident provisoire (pensait-on), l’immigré n’avait à être logé que provisoirement, travailleur pauvre, il n’avait qu’à être logé que pauvrement aussi (Sayad, 1991). Nulle surprise que le logement des vieux immigrés comme celui des moins âgés du reste soit souvent et parfois sévèrement marqué par l’inconfort, la précarité, la vétusté et l’insalubrité.

Plus que tout autre mode d’habitat, le garni, les appendices similaires et les anciens foyers de travailleurs migrants ont symbolisé des décennies durant la précarité et le caractère éminemment provisoire de l’immigration de travail en France. Or, tout cet univers se trouve aujourd’hui concerné par un enracinement “démesuré” des populations qui y habitent et de façon concomitante par des besoins propres aux personnes vieillissantes.

Il est remarquable de constater, et sans qu’il s’agisse là d’une politique de logement délibérée et déclarée comme telle à l’adresse des immigrés et à eux seuls, que la majorité de ces derniers habitent le logement social et que celui-ci, qui a constitué certes une amélioration notable au regard d’autres conditions, n’a pas tardé non plus à être traversé par des dysfonctionnements notables. Il est devenu par endroits un univers urbain où se cumulent sévèrement bien des misères de nos concitoyens immigrés et non immigrés.

C’est dans cet espace complexe au confluent de la santé, de la maladie, de l’accès aux soins et aux services, du logement et de l’insertion urbaine que des actions innovantes doivent se déployer à l’endroit de ces populations également. Rien n’est aussi insupportable que d’entendre tous ces concitoyens n’entretenir à leur égard qu’un fort sentiment d’abandon. Tous ces dysfonctionnements que nous évoquions doivent trouver des solutions adaptées et inspirées autant par le droit que par la solidarité.

Omar Samaoli – Yabiladi.com
Gérontologue

* Des décisions de justice déjà anciennes et les dispositions législatives récentes contenues dans les “lois Chevènement” ont apporté des corrections nécessaires à ces dysfonctionnements. Mais, il n’en demeure pas moins que le recouvrement de ces droits relève du travail de titan. Est-il normal d’avoir à recourir, le plus souvent, à la procédure du contentieux pour disposer de son droit ?

** Cet euphémisme masque des poches urbaines d’une insalubrité et d’un confort des plus rudimentaires. Ce sont généralement des pièces de 10 ou 12 mètres carré où vivent plusieurs personnes.

By

Fraudes sociales: la chasse a commencé

lesinrocks.com/C’est le nouveau combat de Nicolas Sarkozy. Depuis quelques mois, l’administration épluche les dossiers de retraite des travailleurs venus d’Afrique du Nord et, sous prétexte de fraude, supprime leurs aides sociales.

Comment va mon papa ? » Nous marchons entre les boutiques de tissus du marché de Casablanca, au Maroc, quand la question fuse, timide, angoissée. La jeune femme, foulard sur les cheveux, s’arrête, ôte ses lunettes et nous fixe en attendant une réponse. « Pour être franche, pas très bien… » Son « papa », Ousmane H.1, nous l’avons vu la veille à Paris, au Café social du quartier de Belleville, un lieu associatif où ceux qu’on appelle les « chibanis » (mot arabe qui désigne les « vieux aux cheveux blancs ») viennent prendre un café, jouer aux dominos ou s’inscrire à des sorties. Lire la suite

By

Les forces de l’ordre marocaines et espagnoles complices dans la violence faite aux migrants

Allégations d’atteinte à la sécurité et à la vie à proximité de Sebta

Deux tentatives d’interception de migrants en mer par les forces de l’ordre marocaines et espagnoles ont conduit à la noyade de plusieurs personnes et à l’arrestation et au refoulement violents de dizaines de rescapés.

Citant des informations de la MAP, le quotidien Al Massae rapportait dans son édition du 5-6 novembre 2011 le refoulement par les autorités marocaines, le 25 octobre, de 90 personnes et le 3 novembre, de 60 personnes qui tentaient de passer à Sebta (Ceuta) par la mer.

Les nombreux témoignages recueillis par le GADEM permettent d’affirmer que leurs interceptions en mer alors qu’ils cherchaient à rejoindre Sebta ont été particulièrement violentes, et dans certains cas mortelles. Ces opérations ont donné lieu à des violences disproportionnées et à de nombreuses exactions. D’autres événements similaires antérieurs et plus récents retracent le même type de pratiques par les autorités marocaines et/ou espagnoles qui portent une atteinte grave au droit à la vie de ces personnes.

Les 90 personnes refoulées le 25 octobre à la frontière algérienne sont les rescapés d’un naufrage provoqué suite à l’intervention conjointe des forces de sécurité espagnoles et marocaines pour intercepter leur embarcation qui tentait de contourner par la mer le grillage installé sur la côte entre Fnidq et Sebta. Si certains migrants ont réussi à rejoindre le territoire sous contrôle espagnol, 10 à 15 personnes seraient mortes noyées, selon des témoignages concordants.

Le 3 novembre, 74 personnes, ressortissants de différents pays d’Afrique subsaharienne (1) ont tenté de rejoindre Sebta à la nage. Ils ont été rattrapés par les bateaux de la marine marocaine, alors que des tirs de balles en caoutchouc de la Guardia civil retardaient leur progression et que des civils marocains, apparemment incités par les forces de l’ordre marocaines, leur jetaient des pierres depuis le rivage. Seules 13 personnes ont pu rejoindre les eaux jouxtant Sebta. Les trois premières arrivées ont été immédiatement remises par la Guardia civil aux forces auxiliaires marocaines, qui ont cependant refusé de reprendre les 10 autres migrants.

Les migrants interviewés par le GADEM, accusent des hommes en uniforme qui leur semblaient être des militaires marocains de les avoir frappés et d’avoir enfoncé la tête de certains sous l’eau jusqu’à la limite de la noyade avant de les ramener à terre, où ils les auraient dépouillés de leur argent et téléphones portables.

Après avoir été emmenés dans différents commissariats des environs puis regroupés dans celui de Tétouan, ils ont été transportés en bus vers le commissariats d’Oujda puis finalement refoulés à la frontière avec l’Algérie, à l’exception des 5 personnes, séparées du reste du groupe, car elles auraient été gravement blessées lors de l’opération d’arrestation.

Selon les témoignages recueillis, ces pratiques sont récurrentes (1) et accompagnent la chasse aux migrants dans les forêts du nord du Maroc, les destructions régulières des campements où se réfugient les migrants(2) et les violences qui les accompagnent.

Dans un communiqué rendu public le 9 septembre 2011(3), le GADEM dénonçait une série de rafles opérées contre les migrants subsahariens à Rabat et Nador en réponse à la pression accrue exercée par l’Espagne sur le Maroc. Le GADEM avertissait contre l’intensification de la répression policière annoncée par M. Khalid Zerouali, Responsable de l’immigration et du contrôle des frontières au sein du ministère de l’Intérieur.

Le GADEM considère les exactions commises aux abords de Sebta comme le résultat de la complicité entre les autorités marocaines et espagnoles pour freiner l’entrée des migrants en Europe. Ces agissements violent manifestement différentes des dispositions de la législation marocaine (non-assistance à personne en danger, violences, procédure de reconduite à la frontière, droits de défense, protection contre les violences et les confiscations, etc.) et des Conventions internationales dûment ratifiées par le Maroc.

Ils soulignent également certaines pratiques courantes s’exerçant depuis des années en dehors de tout cadre légal, comme la remise immédiate et collective par les autorités espagnoles aux autorités marocaines de migrants, sans examen de leur situation individuelle ni respect de l’obligation internationale de non refoulement des demandeurs d’asile.

Le GADEM exhorte les autorités marocaines, ainsi que les instances de défense des droits Humains en particulier le Conseil national des Droits de l’Homme (CNDH), à prendre rapidement les mesures nécessaires pour mettre un terme à ces pratiques et pour veiller au respect des droits et de la dignité des étrangers au Maroc. La lumière doit être faite sur les allégations de violences perpétrées par ou en complicité avec les agents de l’Etat à l’encontre de cette population, violences régulièrement dénoncées par le GADEM (4) et d’autres organisations.

Contact : gademm@gmail.com

________________________________

(1) Le GADEM a d’ailleurs déjà dénoncé ces pratiques. Consulter GADEM, « 11 naufragés repêchés dans la mer Méditerranée et refoulés à la frontière algérienne 24 heures plus tard », Communiqué du 23 septembre 2009

(2) L’association Prodhein a dénoncé le durcissement de la chasse aux migrants dans le nord du Maroc dans un communiqué publié le 17 novembre. Disponible sur http://www.cgtandalucia.org/Melilla-Prodein-denuncia-el

“ los llevan en camión, los hacen bajar en mitad de ninguna parte y los ahuyentan disparando al aire. Cuando se acercan a Argelia les espera un recibimiento similar, más tiros al aire para que se den la vuelta. Algunos logran salir de este limbo, otros ya no vuelven jamás”.(extrait)

(3) « Les forces de l’ordre marocaines vont pleinement reprendre leur rythme à réaliser leurs tâches habituelles » : http://www.gadem-asso.org/Les-forces-de-l-ordre-marocaines

(4).Voir rubrique « communiqués/rapports » du GADEM sur http://www.gadem-asso.org/

________________________________

(1) Maliens, Sénégalais, Ivoiriens, Camerounais, Togolais et Nigérians

By

Comment Ali Ziri est mort asphyxié, «plié» par les policiers

Médiapart/Interpellé par la police le 9 juin 2009 à Argenteuil, lors d’un contrôle de la route musclé, Ali Ziri, un retraité algérien de 69 ans, tombe le soir même dans le coma à l’hôpital d’Argenteuil, où il décédera le 11 juin.
Deux ans après cette mort et l’ouverture d’une information judiciaire pour «homicide involontaire et violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique», trois juges d’instructions se sont succédé, sans avoir entendu un seul des policiers impliqués.
L’instruction close depuis le 2 septembre 2011, le procureur de la République de Pontoise doit rendre ses réquisitions d’ici le 2 décembre. Aucune personne n’ayant jusqu’ici été mise en examen, le collectif de soutien à Ali Ziri et Me Stéphane Maugendre, avocat de la famille et président du Gisti, redoutent un non-lieu, c’est-à-dire l’abandon de l’action judiciaire. Et ce en dépit de plusieurs rapports mettant en cause le rôle des policiers.Lire pièce jointe

By

Communiqué de la CMODH, Tunis 18au20/novembre2011

التنسيقية المغاربية
لمنظمات حقوق الإنسان

Coordination Maghrébine
des Organisations des Droits Humains -CMODH-

البيان الختامي الصادر عن اجتماع مكتب التنسيقية المغاربية لمنظمات حقوق الإنسان المنعقد بتونس من 18 الى20 نونبر 2011

عقد مكتب التنسيقية المغاربية لمنظمات حقوق الإنسان اجتماعه الثاني – بعد المجلس الثالث- بتونس أيام 18-19-20 نونبر2011 في ضيافة الرابطة التونسية للدفاع عن لحقوق الإنسان تحت شعار : » من اجل دور فعال للحركة الحقوقية في الربيع المغاربي »، بحضور ممثلي و ممثلات 22 من بين 24 منظمة عضوا في التنسيقية.
و يأتي هذا الاجتماع في سياق خاص يتميز بالتحولات التي أنتجتها الثورتان التونسية و الليبية و الحراك الشعبي في كل من موريتانيا و المغرب و الجزائر.
إن مكتب التنسيقية بعد مناقشته للتقريرين الأدبي و المالي و المصادقة عليهما و الاستماع إلى تدخلات ممثلي و ممثلات المنظمات حول وضعية حقوق الإنسان بالبلدان المغاربية و بالمهجر:

 يسجل بارتياح نجاح الثورة في ليبيا و نهاية نظام القذافي، آملا أن تفتح المجال أمام إقرار نظام ديمقراطي تسود فيه العدالة و احترام حقوق الإنسان، و ينحني إجلالا لأرواح الشهداء الذين سقطوا من أجل ذلك، مطالبا بمحاكمة المسئولين عن الجرائم التي ارتكبت في حق الشعب الليبي. كما يسجل استياءه إزاء الطريقة التي تمت بها تصفية الرئيس المخلوع، مطالبا بفتح تحقيق دولي بشأنها و بإعمال العدالة.

 يهنئ الشعب التونسي و قواه الحية و حركاته المدنية و الحقوقية على نجاح محطة انتخاب المجلس التأسيسي الذي سيعهد إليه بتدبير المرحلة الانتقالية و على رأسها وضع دستور نأمل أن يكون ديمقراطيا و ضامنا لصيانة حقوق الإنسان وفق المرجعية الكونية و لاحترام الإرادة الشعبية.

 يحيي نضالات الشعب المغربي و قواه الحية و يستنكر ما يتعرض له نشطاء حركة 20 فبراير بالمغرب و التضييق المتواصل على الحق في التظاهر و الاحتجاج السلمي و الإجهاز على الحق في الاختلاف و حرية الرأي و التعبير و المس بالحق في الحياة بتسجيل وفيات في صفوف الحركة بمدن صفرو و أسفي و الحسيمة و يندد بالاعتقالات التي تطال نشطاء الحركة كما يطالب بالإفراج عن المعتقلين في إطار جميع الاحتجاجات السلمية الاجتماعية وعن سائر المعتقلين بسبب التعبير عن أرائهم أو مواقفهم.
 يطالب برفع الضغط المضروب على الشعب الجزائري و القوى الديمقراطية الفعالة المطالبة بالتغيير الديمقراطي، و يندد بمشاريع مراجعة القوانين التي تهدف إلى ضرب المكاسب الديمقراطية و الحريات الفردية و الجماعية.

 يدين بشدة توظيف القضاء في موريتانيا لتصفية الحسابات مع الخصوم و المس باستقلالية القضاء و يندد بالتجاوزات المسجلة بخصوص حقوق السجينات و السجناء و المتظاهرات و المتظاهرين و يطالب بإيقاف عملية الإحصاء الذي قد يعتبر عنصريا، و يستنكر موقف النظام من العبودية و معاداته للمدافعين عن حقوق الإنسان.

 يندد بمواقف الدول العظمى الساعية إلى التدخل في الشؤون الداخلية للشعوب بغية توجيه مسارها التحرري في اتجاه خدمة مصالحها و مصالح القوى المضادة للديمقراطية.

– يشجب السياسات العنصرية للحكومتين الايطالية و الفرنسية التي شنت حملات ضد الذين هاجروا إلى هذين البلدين بعد الثورتين التونسية و الليبية، و يطالب بتمكين هؤلاء الشباب من العودة في ظروف تحفظ كرامتهم، و تسوية الأوضاع الإدارية للراغبين منهم في الاستقرار ؛
– يندد بتشديد شروط الحصول على الجنسية الفرنسية من خلال التجنس بفرض إجبارية التوفر على مستوى للغة الفرنسية يعادل مستوى التعليم الإجباري؛

– يستنكر الإجراءات الساعية إلى حرمان الطلبة الأجانب من الشغل؛

– يندد بحرمان المهاجرين/ات ببعض البلدان المغاربية من التمتع بحق التصويت والترشح للانتخابات التي تجري ببلدانهم الأصلية.

إن مكتب التنسيقية، و هو يسجل هذه المواقف بخصوص أوضاع حقوق الإنسان بالدول المغاربية و ببلدان المهجر، يستحضر بقوة النضال من أجل الديمقراطية لشعوب العالم العربي في سوريا و اليمن و البحرين و الأردن و مصر و يطالب المجتمع الدولي بتحمل مسؤوليته كاملة في التضامن معها ووضع حد لما يرتكب من مجازر يومية تودي بحياة العديد من المواطنات والمواطنين.
إن مكتب التنسيقية يعلن تضامنه مع الشعب الفلسطيني ضد الكيان الصهيوني ويطالب بوضع حد للانتهاكات المستمرة التي ترتكب في حق الفلسطينيات و الفلسطينيين، داعيا الأمم المتحدة إلى ضرورة الاعتراف بفلسطين كدولة مستقلة عضوة فيها ومنددا بمواقف بعض الدول المعارضة لانضمام فلسطين للأمم المتحدة أو لليونيسكو.
إن مكتب التنسيقية و هو يتابع ما يجري في المنطقة المغاربية، يجدد مطالبته الدول بضرورة احترام المرجعية الدولية لحقوق الإنسان و إعمال مبادئها في تدبير الشأن العام والمعالجة الجادة لملف الانتهاكات الجسيمة لحقوق الإنسان بما فيها الكشف عن مصير المفقودين و حماية المكاسب التي جاءت بها الثورتان التونسية و الليبية و حركة 20 فبراير بالمغرب و حركة 25 فبراير بموريتانيا و يعبر عن تخوفه من تحريف مسار الثورات الشعبية في اتجاه لا يخدم حقوق الإنسان بمفهومها الكوني.

By

Nous contacter

By

ATMF &Strasbourg-Méditerrannée

Dans le cadre du Festival Strasbourg-Méditerranée, l’ATMF Strasbourg et Strasbourg-Méditerranée vous proposent un concert du

Trio Joubran

le dimanche 27 novembre 2011 à 17h
à la Cité de la Musique et de la Danse, Strasbourg

Trio Joubran:
L’invitation au voyage
Proposé par Strasbourg Méditerranée et l’ATMF
Dimanche 27 novembre | 17h
Cité de la Musique et de la Danse, Strasbourg
Entrée 15€ • 13€ • 11€
Formé de trois frères, Samir, Wissam et Adnan originaires de Nazareth (Galilée) et issus d’une longue lignée de musiciens et de luthiers, le Trio Joubran s’est imposé sur l’échiquier des musiques du monde et au-delà. Le Festival Strasbourg-Méditerranée avait accueilli en 2007 ces virtuoses de l’oud et plébiscité leur musique subtile et délicate.
Avec AsFâr, leur nouvelle production, l’imagination féconde du trio tisse des motifs inédits, des variations qui subjuguent l’auditeur. Accompagnés par leur fidèle partenaire le percussionniste Youssef Hbeisch, ils vont encore plus loin. As far en anglais, asfar « le voyage » en arabe. Le jeu de mots a guidé leurs pas. Ils ont beaucoup cheminé, échangé, avec d’autres artistes et à partir des gammes traditionnelles de la musique arabe déploient audaces et improvisations jazzy et réminiscences de flamenco. As Fâr est un trajet plus qu’un projet, une traversée à travers leur monde des musiques, une apnée dans les méandres de leurs pensées les plus intimes. Pas de plan, pas de feuille de route, juste une charge d’émotion à l’infini, une multitude de notes et de tons. Fermez les yeux, laissez-vous emporter…
Lire la suite

By

D’ailleurs nous sommes d’ici

Appel pour une mobilisation nationale et unitaire contre le racisme, la politique d’immigration du gouvernement et pour la régularisation des sans-papiers !

Au lendemain de la victoire de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2007 était créé, pour la première fois dans l’histoire de la République, un ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Co-développement. Depuis, des dizaines de milliers d’étrangers en situation irrégulière, hommes, femmes, enfants, sont traqués, arrêtés et expulsés, y compris dans un pays en guerre comme l’Afghanistan. Lire la suite

By

Tunisie: arrestation d’un opposant politique

Le chef du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT), fervent opposant au régime de Ben Ali, Hamma Hammami, 59 ans aurait été arrêté ce mercredi par la police tunisienne.

[Lire la suite>http://www.liberation.fr/monde/01012313278-tunisie-premiere-arrestation-d-un-dirigeant-politique]

By

Grand rassemblement le mardi 29 novembre 2011 à 18h

Collectif vérité et Justice pour Ali Ziri.
Appel d’urgence à un rassemblement

Deux ans et demi après la mort d’Ali Ziri, suite à son interpellation par la police nationale d’Argenteuil, ce dossier est toujours au point mort. Rien n’a bougé. Les policiers impliqués dans la mort du retraité algérien, âgé de 69 ans, sont toujours en fonction. Ils continuent de déambuler dans les quartiers et rues d’Argenteuil, assurés de leur impunité. C’est inadmissible !

Le 24 juillet 2009, l’Institut médico-légal de Paris rend les conclusions d’une autopsie, qui relève l’existence de 27 hématomes. «Ali Ziri est mort suite à un arrêt cardio-circulatoire d’origine hypoxique, généré par suffocation et appui postérieur dorsal. ».

Le 15 avril 2011, les conclusions de nouveaux examens complémentaires affirment que « le manque de discernement des policiers a conduit à des comportements qui n’étaient pas sans conséquence sur l’état de santé de M. Ziri.». Tous ces éléments confirment que des violences policières sont à l’origine de la mort d’Ali Ziri. Et pourtant, rien n’a bougé. Pire encore, tous les actes demandés par les avocats de la famille ALi Ziri, comme l’audition des témoins et des policiers par un juge d’instruction et la reconstitution des faits, ont été refusés par le Procureur de la république de Pontoise.

Le 1er décembre prochain, ce même procureur devra rendre son réquisitoire définitif à propos de cette affaire. Il y a de fortes possibilités qu’il aille vers un non lieu, qui signifie la fin de l’instruction et l’abandon des poursuites.

C’est pourquoi le collectif appelle à un
RASSEMBLEMENT le mardi 29 novembre à 18h
Angle des rues Jeanne d’Arc et Antonin-Georges-Belin, non loin de la mairie d’Argenteuil. Le cortège se rendra ensuite devant la sous-préfecture d’Argenteuil.
Soyons nombreux pour exiger Vérité et Justice.

Contact : ATMF, 26 bd. du Général-Leclerc 95100 Argenteuil. Tél.: fax: 01 39 80 45 40. Email : collectifaliziri@yahoo.fr