Racisme décomplexé, islamophobie structurelle : La haine franchit un seuil
Le journal la Provence annonce une naissance à Avignon.
Un prénom : Zaïd.
Un nourrisson.
Et soudain, une meute : propos racistes, insultes islamophobes, déferlement de haine.
A l’origine, la publication, dans La Provence, d’un article anodin : le premier bébé né en 2026.
Un nouveau-né devenant une cible,
Révèle un seuil gravissime de franchi.
Un seuil moral. Un seuil politique.
Celui d’une société où la haine s’autorise désormais à s’acharner sur un enfant.
L’ATMF condamne avec la plus grande fermeté cette vague de propos racistes, islamophobes et haineux.
Et nous l’affirmons : ce n’est pas un “dérapage”.
Ce que nous voyons n’est ni un accident, ni une suite d’excès isolés.
C’est un climat.
Un système de stigmatisation des personnes musulmanes ou perçues comme telles,
Nourri par des discours politiques, médiatiques et institutionnels qui installent l’exclusion et le soupçon comme norme.
Début 2026 : les signaux sont alarmants
• Un bébé insulté pour son prénom.
Une famille exposée, livrée à la vindicte raciste.
S’en prendre à un nouveau-né, c’est une violence extrême.
C’est dire : “tu n’es pas des nôtres” dès le berceau.
• Nassima.
Une obstruction de l’œsophage. L’urgence. La peur.
Et cette information glaçante : elle aurait été refusée aux urgences d’une clinique privée à Strasbourg faute de numéro de sécurité sociale.
Elle ne doit la vie qu’à une prise en charge tardive à l’hôpital.
Une question s’impose, insoutenable : meurt-on aujourd’hui de racisme administratif ?
• À la RATP : une suspicion organisée.
Témoignages concordants. Documents internes.
Surveillance ciblée d’agent·es musulman·es.
Contrôle des pratiques. Interdictions humiliantes.
Espionnage des temps de repos.
Si ces faits sont avérés, ce n’est plus une dérive : c’est une discrimination institutionnalisée, Contraire au droit du travail, à la liberté de culte, à la dignité humaine.
Ce n’est pas une opinion. C’est illégal.
La loi française interdit toute discrimination fondée sur l’origine réelle ou supposée, la religion ou l’appartenance ethnique.
S’acharner sur un bébé.
Refuser des soins.
Ficher, surveiller, harceler des salarié·es pour leur foi.
Ce n’est pas “un débat”.
Ce sont des actes.
Et ce sont des infractions pénales.
Nous exigeons
• L’ouverture immédiate d’enquêtes indépendantes sur l’ensemble des faits dénoncés.
• L’application stricte des lois contre le racisme, l’islamophobie et l’incitation à la haine.
• Des sanctions exemplaires contre toute discrimination, y compris lorsqu’elle émane d’institutions ou d’employeurs.
• La garantie effective d’un accès inconditionnel aux soins, sans tri social, administratif ou racial.
La République ne survit pas à la banalisation de la haine
L’impunité du racisme n’est pas seulement une injustice.
C’est une menace directe pour la cohésion sociale et l’État de droit.
L’ATMF exprime sa solidarité totale avec la famille de Zaïd, avec Nassima, et avec toutes celles et ceux qui vivent l’humiliation, le soupçon, la mise en danger, parce qu’ils sont musulmans ou perçus comme tels.
Et nous disons aussi :
• Félicitations aux parents.
• Bienvenue à Zaïd parmi nous, dans son pays.
• Bienvenue à tous les Zaïd à venir.
• Bienvenue à tous les bébés, sans distinction aucune.
Une évidence doit être rappelée, face à la haine :
• Un enfant n’est ni un symbole, ni un problème, ni un ennemi.
• Jusqu’où ira cette chasse aux musulman·es ?
Nous refusons qu’une population entière soit transformée en bouc émissaire permanent.
L’ATMF appelle à la vigilance, à la mobilisation citoyenne, et à des réponses politiques et judiciaires fermes face à cette dérive raciste et islamophobe.
ATMF, 7 janvier 2026

