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Maroc : quand l’espoir prend la route de l’exil !

Le Maroc ne se soulève pas aujourd’hui dans les formes classiques de la révolte. Il se vide. Il saigne. Il est quitté par sa jeunesse, par ses familles, par ses mineurs, par celles et ceux qui n’y voient plus ni avenir ni dignité. Ce départ massif n’est pas un accident : c’est le verdict d’un système politique et social qui a trahi le peuple. L’exil n’est pas un choix ni une facilité, c’est le risque d’y laisser sa vie dans un espoir d’opportunités.

Le pays n’est ni en guerre ni sous occupation. Mais il est miné par une autre violence, plus insidieuse et plus destructrice : celle du chômage de masse, de l’effondrement des services publics, de l’injustice sociale, de la marchandisation des droits les plus élémentaires, de l’humiliation quotidienne. On construit des TGV, des stades géants, des vitrines pour les puissants et leurs alliés ; pendant ce temps, la majorité du peuple est condamnée à l’attente, à la misère et au départ forcé.

Les images qui circulent sur les réseaux sociaux sont un réquisitoire accablant contre ce modèle inégalitaire : des familles entières, des enfants, des mineurs, des jeunes jetés sur les routes de l’exil. Ce n’est pas une simple migration. C’est une fuite collective face à un avenir confisqué par les politiques marocaines mais aussi par la route de l’exil quand celle-ci ôte la vie. Nos cœurs se tournent vers les familles et proches des défunts.

L’ATMF refuse de détourner le regard. Nous refusons le silence. Nous refusons l’hypocrisie des discours officiels qui célèbrent la croissance pour mieux masquer l’exclusion, la répression et l’abandon. Le Maroc des dominants n’est pas le Maroc du peuple.

Aujourd’hui, plus que jamais, les forces vives marocaines, à l’intérieur du pays comme dans la diaspora, doivent rompre avec la passivité, analyser lucidement la situation et construire une réponse politique à la hauteur de l’urgence. Cette réponse doit être claire et intransigeante :

• Libération immédiate de tous les prisonniers politiques et d’opinion ;

• Fin de la répression et des atteintes aux libertés ;

• Justice sociale réelle ;

• Égalité des droits ;

• Dignité pour toutes et tous ;

• Droit à l’éducation, à la santé, au travail et à un avenir dans le pays.

Il ne s’agit plus de corriger à la marge un système épuisé. Il s’agit de le contester frontalement. Il s’agit d’imposer un autre horizon pour le Maroc : un pays où le peuple ne sera plus contraint de partir pour vivre, un pays de justice, de liberté et de dignité.

ATMF, 31 juillet 2026

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