Association des Travailleurs Maghrébins de France
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N°10 / Octobre – Décembre 2003

LE CHANT DES TABORS

COUREURS DE BLEDS, COUREURS D’ESPACE, BIEN SERRÉS DANS NOS DJELLABAS IL FALLUT POURSUIVRE LA CHASSE, LA NEIGE CRISSANT SOUS NOS PAS, MAIS NOUS ENTRÂMES EN ALSACE, TEINTANT DE ROUGE LE VERGLAS.

APRÈS LE RHIN, LA FORÊT-NOIRE NOUS VIT SURGIR TELS DES DÉMONS. ON SE RUAIT VERS LA VICTOIRE, PUIS, UN SOIR D’AVRIL, NOUS PLANTIONS AH, LE BEAU SOIR DORÉ DE GLOIRE !- DANS LE DANUBE NOUS FÂNIONS.

Ce chant des Tabors rapelle l’épopée de ces soldats originaires du Maghreb, et aussi, mais pour une moindre part, du reste de l’Empire. Aujourd’hui, les survivants vivent une injustice criante de la République. Les plus chanceux touchent 37,50 euros mensuels. Ceux qui arrivent à se faufiler entre les chicanes administratives des Ambassades de France, s’entassent dans l’hexagone dans des dortoirs pour sans-abri et rêvent du RMI.

Dans ce Z’Migri, la place est faite pour eux et pour la campagne que l’ATMF mène afin que justice soit faite avant qu’il ne soit trop tard.

Pour télécharger le Z’Migri News numéro 10 en PDF : zmigri_n10_

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N°9 / Juin– Août 2003

Les tueurs sont à l’affût

In Le Spleen de Casablanca de Abdellatif Laabi, éditions de la différence, 1996

 

A la mémoire de Brahim Bouarram, jeune marocain jeté et noyé dans la Seine à Paris, le 1er mai 1995, par une groupe de skinheads venant d’une manifestation du Front National.

Mère, ma superbe,

mon imprudente

Toi qui t’apprêtes à me mettre au monde

De grâce, ne me donne pas de nom

Car les tueurs sont à l’affût

 

Mère, fais que ma peau

Soit d’une couleur neutre

Les tueurs sont à l’affût

 

Mère ne parle pas devant moi

Je risque d’apprendre ta langue

et les tueurs sont à l’affût

 

Mère, cache-toi quand tu pries

Laisse moi à l’écart de ta foi

Les tueurs sont à l’affût

 

Mère, libre à toi d’être pauvre

Mais ne me jette pas dans la rue

Les tueurs sont à l’affût

 

Ah mère si tu pouvais t’abstenir

attendre des jours meilleurs

pour me mettre au monde

Qui sait

Mon premier cri

Ferait ma joie et la tienne

Je bondirais alors dans la lumière

Comme une offrande de la vie à la vie

 

Pour télécharger le Z’Migri News numéro 9 : zmigri_9 (1)