Association des Travailleurs Maghrébins de France
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1er mai : mémoire, vérité, résistance

Le 1er mai 1995, Brahim Bouarram était assassiné, jeté dans la Seine par des militants d’extrême droite sortis d’un défilé du Front National.

Ce crime n’était pas un fait divers. C’était le produit d’un racisme politique.

Depuis d’autres noms, d’autres vies, se sont ajoutés à cette liste tragique. Et derrière chaque nom, il y a des familles brisées, des silences imposés, des injustices qui perdurent.

Plus de trente ans, rien n’est réglé.

Le racisme ne recule pas : il avance, il s’affiche, il s’impose.

L’extrême droite dicte l’agenda, contamine les discours, infiltre les politiques.

Islamophobie décomplexée, stigmatisation des immigré·es, chasse aux exilé·es, lois liberticides :

ce qui tuait hier est aujourd’hui banalisé.

Diviser pour mieux dominer.

Fabriquer des boucs émissaires pour masquer les responsabilités dans la précarité, les inégalités et la violence sociale.

Nommons les choses :

nous faisons face à un processus de fascisation.

Face à cela, il n’y a pas de neutralité.

Il n’y a pas de compromis possible.

Nous refusons de nous taire.

Nous refusons de nous habituer.

Nous refusons de laisser faire.

Se souvenir de Brahim Bouarram et de toutes les victimes de crimes racistes, ce n’est pas commémorer passivement.

C’est continuer la lutte.

Contre le racisme d’en haut comme d’en bas.

Contre l’extrême droite et ceux qui reprennent ses idées.

Contre un système qui exploite, exclut et attise la haine.

Pas de mémoire sans justice.

Pas de justice sans rapport de force.

Le 1er mai, faisons front.

Rassemblement – 1er mai 2026

09h30 – 11h

Pont du Carrousel – Paris

Signataires : ATMF ; MRAP ; LDH ; Action Antifasciste Paris –Banlieue ; Action Justice Climat Paris ; ACORT ; Act Up-Paris ; AFAPREDESA ; AMDH-Paris ; AMF ; APCV ; ASDHOM ; ASIAD ; Assemblée des Quartiers ; ATF ; Attac France ; CADTM France ; CEDETIM / IPAM ; Collectif « D’Ailleurs Nous Sommes d’Ici » ; Collectif des Musulmans Anticapitalistes ; Collectif les Mères Déters ; Collectif Vietnam-Dioxine ; Comité Adama ; Coordination Pas sans Nous ; COPAF ; CORENS ; Coudes à coudes ; CRDLHT ; DAL ; Droit devant ; FASTI ; Femmes Egalité ; Femmes Plurielles ; Fondation Frantz Fanon ; Front de mères ; FTCR ; FUIQP ; GISTI ; Jeunesse Populaire ; Ka Ubuntu ; L’Institut Mehdi Ben Barka-Mémoire vivante ; Mémorial 98 ; RAAR ; REMCC ; Réseau Féministe « Rupture » ; Résister Aujourd’hui ; Solidarités Asie France ; Tsedek ; UJFP ; Union Générale des Vietnamiens de France ; UTAC ; UTIT ; VISA ; CNT ; UD CGT ; UL CGT Paris 18e ; Union Syndicale Solidaires ; EELV ; La France Insoumise ; l’Après – l’Alliance pour une République écologique et sociale ; Les Verts populaires NPA-A ; PCF ; PCOF ; PEPS-Pour une Ecologie Populaire et Solidaire ; Révolution Permanente ; URCommuniste.

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BALLY BAGAYOKO PRIS POUR CIBLE

Racisme médiatique : trop, c’est trop

L’attaque raciste contre Bally Bagayoko, nouveau maire de Saint-Denis, n’est pas un accident.

Ce n’est pas un “dérapage”.

C’est un symptôme.

Le symptôme d’un racisme désormais assumé, exhibé, relayé.

L’ATMF dénonce avec force le rôle de CNews.

Sous couvert de “débat”, cette chaîne banalise l’inacceptable.

Elle ouvre ses plateaux à la haine.

Elle recycle les obsessions de l’extrême droite.

Elle nourrit la peur.

Elle légitime l’exclusion.

Ce qui se joue est grave.

Très grave.

Car derrière Bally Bagayoko, ce n’est pas un homme seul qui est visé.

C’est une partie de la France.

Une France qu’on regarde encore comme étrangère à elle-même.

Une France dont le nom, la couleur, l’histoire dérangent.

Une France à qui l’on demande, encore et toujours, de prouver qu’elle appartient à la République.

Voilà le poison.

À force de complaisance, les propos racistes ne choquent plus.

Ils s’installent.

Ils circulent.

Ils se normalisent.

Ils deviennent des opinions ordinaires.

Puis des évidences.

Puis une ligne politique.

Et pendant ce temps, une République à deux vitesses s’installe.

D’un côté, ceux qu’on croit sur parole.

De l’autre, ceux qu’on soupçonne d’emblée.

D’un côté, les citoyens légitimes.

De l’autre, les citoyens sommés de se justifier.

C’est une violence.

Une humiliation.

Une fracture.

C’est aussi une diversion.

Pendant qu’on désigne des boucs émissaires, on détourne le regard des vraies urgences sociales.

Pendant qu’on excite les peurs, on abîme l’idée même de justice.

Pendant qu’on parle identité, on piétine l’égalité.

L’ATMF dit non.

Non à la banalisation du racisme.

Non aux médias qui en deviennent les amplificateurs.

Non aux responsables politiques qui ferment les yeux.

Non à ceux qui instrumentalisent la haine pour gagner du terrain.

Non à l’humiliation érigée en spectacle.

Nous refusons qu’une partie du pays soit traitée comme suspecte.

Nous refusons qu’on salisse la dignité de milliers de citoyennes et citoyens.

Nous refusons qu’au nom de l’audience, on détruise ce qui nous tient debout.

Car rien n’est joué.

Rien n’est perdu.

À la haine, nous opposons la solidarité.

À la stigmatisation, nous opposons l’égalité.

À l’exclusion, nous opposons la justice sociale.

Pour toutes.

Pour tous.

Sans tri.

Sans réserve.

Sans renoncement.

Notre République n’a de sens que si elle tient pour tout le monde.

Entière.

Indivisible.

Intraitable face au racisme.

Nous serons solidaires.

Nous serons debout.

ATMF, 10 avril 2026

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Liberté pour le rappeur Souhaib Qabli “Al-Hassel” !

Liberté pour tous les prisonniers politiques au Maroc !

L’Association des Travailleurs Maghrébins de France, l’ATMF, exprime sa colère et sa profonde indignation face à l’arrestation du jeune rappeur marocain Souhaib Qabli, dit Al-Hassel, 20 ans, interpellé le 2 mars 2026.

Son “crime” ?

Être un artiste libre.

Son “crime” ?

Porter la voix d’une jeunesse qui refuse le silence, la résignation, l’injustice.

Par ses textes, Al-Hassel dénonce la normalisation avec un État génocidaire,

exprime sa solidarité avec GEN Z 212,

avec les prisonniers du Hirak du Rif,

et avec l’ensemble des prisonniers politiques au Maroc.

Comme tant d’autres artistes engagés,

Il fait du rap,

Un espace de vérité, de résistance, de dignité.

Ce n’est pas un cas isolé.

C’est une politique de répression :

Faire taire les voix critiques,

Militants, journalistes, artistes, défenseurs des droits humains, jeunesse engagée.

Criminaliser l’expression artistique et politique,

C’est tenter d’étouffer

Toute aspiration populaire à la liberté, à la démocratie et à la justice sociale.

L’ATMF condamne avec la plus grande fermeté,

Cette arrestation arbitraire et dénonce l’acharnement contre une jeunesse qui refuse la résignation

L’ATMF condamne avec la plus grande fermeté ,

Cette arrestation arbitraire et dénonce l’acharnement contre une jeunesse qui refuse la peur.

L’ATMF affirme sa solidarité totale avec Al-Hassel,

Avec la génération GEN Z 212,

Avec les prisonniers du Hirak du Rif,

Et avec toutes celles et ceux qui, au Maroc,

Paient le prix de leur engagement pour la dignité et la liberté.

Nous le disons :

  • La répression n’effacera ni les luttes, ni les aspirations profondes du peuple marocain ?
  • On peut emprisonner un corps.
  • Pas une voix.
  • Pas une génération.

L’ATMF exige :

  • La libération immédiate et sans condition d’Al-Hassel.
  • La libération de tous les prisonniers politiques au Maroc.
  • La fin de la répression contre les artistes, les militants et les voix libres.
  • Le respect des libertés fondamentales : expression, création, organisation.

Parce que la dignité ne se négocie pas.

Parce que la liberté ne s’emprisonne pas.

Parce que la justice sociale reste un horizon de lutte.

Liberté pour Al-Hassel !

Liberté pour les prisonniers du Hirak du Rif !

Liberté pour tous les prisonniers politiques au Maroc !

ATMF

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« RESTE LA-BAS » :L’ATMF dénonce l’insulte de trop et le mépris systémique du gouvernement marocain

L’Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF) dénonce avec une profonde indignation les propos inqualifiables d’un ministre du gouvernement marocain qui a osé insulter des millions de Marocains du Monde.

En affirmant avec arrogance que le retour des MRE au Maroc ne devait pas être considéré comme un « cadeau », et en lançant cette formule particulièrement blessante, « Reste là-bas », le ministre a franchi le seuil de l’inacceptable.

Assez !

Ces attaques répétées ne sont pas des incidents isolés, mais révèlent le vrai visage d’un système qui traite sa diaspora comme un simple « distributeur automatique de billets ». Il est intolérable qu’un gouvernement ose mépriser celles et ceux qui, par leur attachement et leur sacrifice, injectent chaque année plus de 100 milliards de dirhams dans l’économie nationale.

L’hypocrisie à son paroxysme

Le gouvernement marocain excelle désormais dans l’art du double discours :

  • Il quémande nos devises avec insistance, mais piétine nos droits les plus élémentaires.
  • Il célèbre nos succès à l’étranger pour son image, mais s’emploie à museler nos voix critiques.
  • Il nous qualifie pompeusement d’« ambassadeurs du Maroc » tout en nous traitant, par ses paroles et ses actes, comme des citoyens de seconde zone.
  • Il encaisse nos transferts de fonds records, mais rejette systématiquement nos aspirations démocratiques.

Nous accusons

Nous accusons ce gouvernement de perpétuer une véritable arnaque institutionnelle : extraire le maximum de ressources de sa diaspora tout en lui refusant une représentation politique digne et le droit de participer pleinement aux décisions qui engagent son avenir.

La diaspora n’est pas votre vache à lait

Cette époque où le mépris tenait lieu de politique est révolue.

Nous sommes 5 millions de citoyens conscients, fiers et exigeants, qui demandent aujourd’hui des comptes.

Notre réponse sera à la hauteur du mépris.

L’ATMF lance un appel solennel à toute la diaspora marocaine : MOBILISONS-NOUS !

Il est temps de transformer notre force économique en un véritable pouvoir politique.

À ce gouvernement qui nous envoie des fins de non-recevoir méprisantes, nous répondons :

Vous avez besoin de nous, nous n’avons pas besoin de vous.

Le temps du silence complice est terminé.

La diaspora saura s’organiser, résister et imposer le respect qu’elle mérite.

Le temps de l’action est venu

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8 mars : la lutte des femmes est une lutte quotidienne

À l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, l’ATMF rappelle que les droits des femmes ne sont ni acquis ni garantis. Ils se défendent et se conquièrent chaque jour.

Dans nos sociétés, les discours et les politiques qui banalisent l’âgisme, la xénophobie et l’islamophobie gagnent du terrain. Ces logiques de stigmatisation frappent particulièrement les femmes issues de l’immigration, souvent prises au croisement de plusieurs discriminations : sexistes, racistes, sociales et religieuses.

Face à ces attaques, nous affirmons que les femmes ne sont ni des symboles à instrumentaliser ni des corps à contrôler. Elles sont des citoyennes, des travailleuses, des militantes, des actrices essentielles de la vie sociale et des luttes pour l’égalité.

Dans le même temps, nous ne pouvons dissocier la lutte pour les droits des femmes des réalités politiques et des violences qui frappent de nombreux peuples. À Gaza, la population civile subit une catastrophe humaine d’une ampleur insupportable. Les femmes et les enfants en paient le prix le plus lourd. Le silence, l’inaction et le deux poids deux mesures qui entourent ces tragédies révèlent l’affaiblissement inquiétant du droit international et des principes universels censés protéger les peuples.

Partout où la guerre, l’occupation et les violences d’État se déploient, les femmes sont en première ligne : elles résistent, organisent la solidarité, protègent la vie et portent les luttes pour la dignité et la justice.

Pour l’ATMF, le combat féministe ne peut être dissocié des combats contre le racisme, contre les discriminations, pour la justice sociale, pour la paix et pour le respect du droit des peuples. L’égalité ne peut être sélective, et les droits humains ne peuvent être à géométrie variable.

En ce 8 mars, nous rendons hommage à toutes celles qui, partout dans le monde, refusent l’injustice, résistent à l’oppression et continuent de lutter malgré les violences, les discriminations et les tentatives de les réduire au silence.

Nous appelons à renforcer les solidarités, à soutenir les luttes des femmes et à construire ensemble des sociétés fondées sur l’égalité, la dignité et la justice.

• -Parce que la lutte des femmes est indissociable de la lutte pour les droits humains.

• -Parce que la solidarité est notre force.

• -Parce que la lutte des femmes est une lutte de tous les jours.

08 mars 2026

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Rencontre dans le cadre des luttes quotidiennes des femmes pour les droits, tous les droits !

Lors de la rencontre organisée par Association des Travailleurs Maghrébins de France dans le cadre de la lutte pour les droits des femmes, sous le thème « L’inclusion par le sport », les intervenantes ont partagé leurs expériences et leurs parcours sportifs. Elles ont mis en lumière leurs activités respectives ainsi que le rôle fondamental du sport comme levier d’émancipation.

Selon elles, la pratique sportive constitue un puissant vecteur de dépassement de soi et de confiance en soi. Elle favorise la réussite personnelle et collective, tout en donnant aux femmes les moyens de se défendre, de faire face aux difficultés et de lutter contre les injustices

Mot de l’ATMF

Cher-e-s ami-e-s et camarades

En cette Journée de lutte pour les droits des femmes, je tiens, au nom du réseau national de l’ATMF, à saluer l’engagement exemplaire de l’ATMF d’Aix-en-Provence salarié-e-s et bénévoles, militant-e-s ou sympathisant-e-s pour l’organisation de cette rencontre placée sous le thème « L’inclusion par le sport ».

Le choix de ce thème n’est pas anodin.

Le sport peut être un espace d’émancipation, de confiance en soi, de solidarité et de dépassement des barrières sociales. Dans les quartiers populaires, il peut devenir un outil d’égalité et de reconnaissance. Mais nous le savons : l’inclusion ne se décrète pas. Elle se construit. Elle se défend. Elle se protège contre les discriminations, le sexisme le racisme la xénophobie ,l’antisémitisme ,la negrophobie et l’islamophobie qui traversent encore notre société.

À l’ATMF, nos principes fondateurs sont clairs et constants :

L’égalité réelle des droits pour toutes et tous,

La lutte contre toutes les formes de racisme et de discriminations,

L’émancipation par l’organisation collective,

La solidarité internationale entre les peuples.

Les femmes issues de l’immigration sont au cœur de notre combat. Elles affrontent des discriminations croisées : sociales, raciales, économiques et de genre. Pourtant, elles sont aussi des forces motrices dans les quartiers, dans les luttes, dans les familles, dans le monde associatif.

En cette journée, nous ne pouvons pas célébrer les droits des femmes sans penser à celles qui, ailleurs, subissent la guerre, la répression et l’injustice.

Nous pensons aux femmes de Gaza et de toute la Palestine, qui vivent sous les bombes, dans la peur, dans la privation, mais qui continuent de porter la dignité et la résistance de leur peuple.

Nous pensons aux femmes au Maroc, en Tunisie, en Algérie, qui subissent arrestations, intimidations et pressions lorsqu’elles s’engagent, s’expriment ou revendiquent leurs droits.

Nous pensons notamment à Zineb Kharroubi, arrêtée jeudi 12 février à l’aéroport au Maroc, symbole d’une jeunesse féminine qui refuse le silence et paie parfois le prix de son courage.

Notre solidarité ne connaît pas de frontières.

Les droits des femmes sont universels.

La liberté d’expression, la dignité et la justice ne peuvent être à géométrie variable.

Ici, à Aix-en-Provence, parler d’inclusion par le sport, c’est affirmer que chaque femme a sa place dans l’espace public, sur les terrains, dans les instances de décision, dans la vie citoyenne. C’est affirmer que les quartiers populaires ne sont pas des marges, mais des territoires de créativité, de talent et d’engagement.

Le combat pour les droits des femmes n’est pas une question secondaire. Il est au cœur de notre projet de société. Une société qui exclut ses femmes ne peut prétendre à la justice. Une société qui discrimine selon l’origine ou la religion trahit ses propres principes.

À l’ATMF, nous continuerons :

à soutenir les femmes victimes de violences,

à défendre leur droit au séjour et à l’autonomie,

à encourager leur participation dans le sport, la culture et la vie politique,

à porter une voix claire contre toutes les formes d’oppression.

En cette journée , nous affirmons que notre engagement est total.

Pour l’égalité.

Pour la dignité.

Pour la liberté.

Et pour que, partout, les femmes puissent vivre, s’exprimer et rêver sans peur.

Je vous remercie.

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Arrestation de Zineb KHAROUBI : la répression politique ne passera pas !

L’ATMF dénonce avec la plus grande fermeté l’arrestation scandaleuse de Zineb Kharoubi, interpellée le jeudi 12 février 2026 à l’aéroport Marrakech-Ménara, à son arrivée de France.

Arrêter une jeune femme pour ses opinions,

pour des prises de position sur les réseaux sociaux,

pour sa solidarité avec GENZ212,

C’est franchir une ligne rouge, C’est criminaliser la parole, criminaliser la solidarité, criminaliser la jeunesse.

Rien ne justifie qu’une citoyenne soit arrêtée, interrogée, placée entre les mains de la police judiciaire pour avoir exercé un droit fondamental : la liberté d’expression. Ce n’est pas un “incident”. C’est un acte de répression politique.

À l’heure où nous publions ce communiqué, les motifs exacts restent flous. Aucune garantie claire n’est donnée sur le respect de ses droits. Cette opacité est inacceptable : elle dit l’essentiel

Un climat de surveillance, de pression et d’intimidation, visant à étouffer les voix critiques, y compris celles de la diaspora.

L’ATMF le réaffirme :

• une opinion n’est pas un crime ;

• un post n’est pas un délit ;

• la solidarité n’est pas une menace.

Ce durcissement autoritaire, nous refusons de nous y habituer. Nous refusons la banalisation de l’inacceptable.

Nous exigeons :

• La libération immédiate et sans condition de Zineb Kharoubi ;

• L’abandon de toute poursuite à son encontre ;

• La libération de l’ensemble des prisonnier·es politiques au Maroc ;

• Le respect effectif des libertés d’expression, d’opinion et d’organisation.

La peur ne fera pas taire les solidarités. La répression ne brisera pas l’engagement.

L’ATMF appelle à la mobilisation pour défendre Zineb Kharoubi et toutes celles et ceux qui subissent l’injustice pour avoir parlé, dénoncé, résisté.

Paris, le 12 février 2026

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Mot de l’ATMF lors du rassemblement devant le foyer 115 à Gennevilliers

Suite à l’incendie survenu au foyer Adoma – 115 avenue des Grésillons

Le vendredi 24 janvier, dans l’après-midi, un incendie s’est déclaré au 10ᵉ étage du foyer Adoma situé au 115 avenue des Grésillons à Gennevilliers. Grâce à l’intervention rapide et professionnelle des sapeurs-pompiers, les résidents ont pu être évacués et le feu maîtrisé. L’opération de secours s’est prolongée jusqu’en soirée.

Si, fort heureusement, aucun drame humain n’est à déplorer, cet incendie met une nouvelle fois en lumière la gravité et l’inacceptabilité des conditions de vie imposées aux résidents de ce foyer, majoritairement des Chibanis très âgés, particulièrement vulnérables.

Depuis de nombreux mois, les résidents alertent sur une situation devenue invivable :

1- Ascenseurs fréquemment en panne,

2- Coupures répétées d’eau chaude,

3- Issues de secours obstruées ou impraticables,

4- Insalubrité persistante et présence de nuisibles,

5- Absence totale de mesures adaptées à l’âge et à l’état de santé des occupants etc….

Face à cette situation alarmante, l’ATMF, en collaboration avec Madame Nadia Mouaddine, conseillère départementale et municipale en charge notamment des relations aux résidents de foyer de travailleurs migrants, se sont réunie à plusieurs reprises avec les résidents afin de les écouter, de les accompagner et de soutenir leur combat légitime pour une vie digne.

Un programme d’action a été mis en place avec les résidents pour mettre Adoma devant ses responsabilités. Tous les acteurs concernés sont informés, mais rien ne change à ce jour. L’inaction perdure, malgré une urgence sociale et humaine manifeste.

Adoma porte une lourde responsabilité.

Il est inadmissible qu’un gestionnaire de logements laisse perdurer de telles conditions, indignes de femmes et d’hommes qui ont largement contribué au développement économique de la France. Ces personnes méritent respect, reconnaissance et un logement digne, et non des foyers assimilables à des lieux d’abandon.

L’ATMF dénonce avec force ces conditions inhumaines et tient la direction d’Adoma pour pleinement responsable de la dégradation continue des conditions de vie dans ce foyer.

Nous interpellons solennellement les collectivités territoriales, les pouvoirs publics, les élus locaux ainsi que l’ensemble de la société civile, les acteurs associatifs afin qu’ils se mobilisent sans délai pour venir en aide aux résidents des foyers et mettre un terme à cette situation indigne.

Nous appelons également tous les Gennevillois et toutes les Gennevilloises à exprimer leur solidarité avec les chibanis, engagés dans un combat juste face à une direction sourde à leurs revendications, qui se contente d’encaisser loyers et charges sans garantir des conditions de vie décentes.

L’ATMF continuera, aux côtés des résidents, avec toutes les bonnes volantes (élus locaux, associations) pour soutenir les actions des chibanis et à dénoncer une politique d’exclusion, de négligence et d’abandon à l’encontre des habitants des foyers.

Nous voulons aussi saluer l’implication de l’association O’Crescendo, pour son engagement aux côtés des résidents et pour sa participation active à l’organisation du rassemblement d’aujourd’hui.

Cette mobilisation collective montre que la solidarité existe, et qu’ensemble, associations, habitants et citoyens peuvent faire entendre leur voix.

L’ATMF salue le courage de Miloud et Salif et aussi tous les résidents du foyer qui ont participé à la mobilisation pour réussir ce rassemblement.

La dignité n’est pas négociable.

Association ATMF

Gennevilliers le 29/01/2026

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Racisme décomplexé, islamophobie structurelle : La haine franchit un seuil

Le journal la Provence annonce une naissance à Avignon.

Un prénom : Zaïd.

Un nourrisson.

Et soudain, une meute : propos racistes, insultes islamophobes, déferlement de haine.

A l’origine, la publication, dans La Provence, d’un article anodin : le premier bébé né en 2026.

Un nouveau-né devenant une cible,

Révèle un seuil gravissime de franchi.

Un seuil moral. Un seuil politique.

Celui d’une société où la haine s’autorise désormais à s’acharner sur un enfant.

L’ATMF condamne avec la plus grande fermeté cette vague de propos racistes, islamophobes et haineux.

Et nous l’affirmons : ce n’est pas un “dérapage”.

Ce que nous voyons n’est ni un accident, ni une suite d’excès isolés.

C’est un climat.

Un système de stigmatisation des personnes musulmanes ou perçues comme telles,

Nourri par des discours politiques, médiatiques et institutionnels qui installent l’exclusion et le soupçon comme norme.

Début 2026 : les signaux sont alarmants

• Un bébé insulté pour son prénom.

Une famille exposée, livrée à la vindicte raciste.

S’en prendre à un nouveau-né, c’est une violence extrême.

C’est dire : “tu n’es pas des nôtres” dès le berceau.

• Nassima.

Une obstruction de l’œsophage. L’urgence. La peur.

Et cette information glaçante : elle aurait été refusée aux urgences d’une clinique privée à Strasbourg faute de numéro de sécurité sociale.

Elle ne doit la vie qu’à une prise en charge tardive à l’hôpital.

Une question s’impose, insoutenable : meurt-on aujourd’hui de racisme administratif ?

• À la RATP : une suspicion organisée.

Témoignages concordants. Documents internes.

Surveillance ciblée d’agent·es musulman·es.

Contrôle des pratiques. Interdictions humiliantes.

Espionnage des temps de repos.

Si ces faits sont avérés, ce n’est plus une dérive : c’est une discrimination institutionnalisée, Contraire au droit du travail, à la liberté de culte, à la dignité humaine.

Ce n’est pas une opinion. C’est illégal.

La loi française interdit toute discrimination fondée sur l’origine réelle ou supposée, la religion ou l’appartenance ethnique.

S’acharner sur un bébé.

Refuser des soins.

Ficher, surveiller, harceler des salarié·es pour leur foi.

Ce n’est pas “un débat”.

Ce sont des actes.

Et ce sont des infractions pénales.

Nous exigeons

• L’ouverture immédiate d’enquêtes indépendantes sur l’ensemble des faits dénoncés.

• L’application stricte des lois contre le racisme, l’islamophobie et l’incitation à la haine.

• Des sanctions exemplaires contre toute discrimination, y compris lorsqu’elle émane d’institutions ou d’employeurs.

• La garantie effective d’un accès inconditionnel aux soins, sans tri social, administratif ou racial.

La République ne survit pas à la banalisation de la haine

L’impunité du racisme n’est pas seulement une injustice.

C’est une menace directe pour la cohésion sociale et l’État de droit.

L’ATMF exprime sa solidarité totale avec la famille de Zaïd, avec Nassima, et avec toutes celles et ceux qui vivent l’humiliation, le soupçon, la mise en danger, parce qu’ils sont musulmans ou perçus comme tels.

Et nous disons aussi :

• Félicitations aux parents.

• Bienvenue à Zaïd parmi nous, dans son pays.

• Bienvenue à tous les Zaïd à venir.

• Bienvenue à tous les bébés, sans distinction aucune.

Une évidence doit être rappelée, face à la haine :

• Un enfant n’est ni un symbole, ni un problème, ni un ennemi.

• Jusqu’où ira cette chasse aux musulman·es ?

Nous refusons qu’une population entière soit transformée en bouc émissaire permanent.

L’ATMF appelle à la vigilance, à la mobilisation citoyenne, et à des réponses politiques et judiciaires fermes face à cette dérive raciste et islamophobe.

ATMF, 7 janvier 2026

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La date anniversaire du 1er janvier pour les vieux migrants comme date de référence : une porte ouverte sur l’oubli ou vers la reconnaissance ?

Depuis plusieurs décennies, en France, une pratique administrative s’est imposée pour certaines personnes immigrées âgées : celle de faire figurer le 1er janvier comme date de naissance dans les actes d’état civil ou les documents officiels. Cette date fictive, souvent attribuée faute de documents d’état civil existants ou reconnus à l’arrivée sur le territoire, est devenue une règle implicite. Mais cette règle, si elle peut faciliter certaines démarches administratives, porte en elle une profonde injustice symbolique et sociale.

Le 1er janvier n’est pas une date comme une autre : il est à la fois le premier jour de l’année civile et, pour des milliers de personnes, le substitut d’une date réelle de naissance. Cette pratique, loin d’être anodine, efface une part essentielle de l’identité des individus. Elle les prive d’une mémoire intime précieuse, transmise par les familles et les communautés, pour la remplacer par une date arbitraire qui n’appartient à personne.

Or, ces femmes et ces hommes ne sont pas de simples statistiques. Ils ont œuvré pour la construction et le développement de la France, contribuant au dynamisme économique, social et culturel du pays, parfois dans des conditions difficiles, souvent sans la reconnaissance due à leur travail. Ouvriers, paysans, agents de service, parents, citoyens engagés : ils ont participé à faire vivre notre société. Et pourtant, au moment même où l’on parle si volontiers de mémoire, d’héritage et de reconnaissance des parcours, une règle administrative continue d’assigner à certains d’entre eux une date sans histoire ni nom.

La question n’est pas seulement bureaucratique. Elle est profondément humaine et mémorielle. Les dates de naissance ne sont pas que des repères pour calculer l’âge : elles sont des points d’ancrage dans une histoire personnelle et collective. Les effacer, c’est participer à un appauvrissement de la mémoire des individus et des familles. C’est faire taire des récits de vie qui ont pourtant façonné la société française.

Un rapport parlementaire a déjà mis en lumière ces enjeux, en soulignant les conséquences de cette pratique sur la dignité des personnes concernées, sur leur reconnaissance et sur la façon dont notre pays se représente son histoire migratoire. Dans ce rapport, plusieurs recommandations ont été formulées : améliorer l’accès aux documents d’état civil authentiques, reconnaître les spécificités des parcours migratoires anciens, valoriser les contributions des immigrés dans les récits nationaux, et revoir les pratiques administratives qui réduisent des vies à une date artificielle.

Mais où en est-on réellement de la mise en œuvre de ces recommandations ? Trop souvent, les bonnes intentions restent lettre morte, noyées dans un flot de priorités politiques et administratives. Pourtant, refuser de revoir une règle qui nie une part d’identité, c’est renoncer à la promesse républicaine de dignité pour tous.

Reconnaître ces personnes, ce n’est pas seulement corriger une date dans un fichier : c’est affirmer que la France reconnaît pleinement leur existence, leur apport et leur humanité. C’est faire en sorte que leur mémoire reste vivante, non seulement dans les registres, mais dans les cœurs et dans l’imaginaire collectif.

Aujourd’hui, il est temps de poser cette question avec clarté : ces hommes et ces femmes n’ont-ils pas droit à la reconnaissance, au respect de leur mémoire, et à une place digne dans l’histoire de notre pays ? Si la réponse est oui — comme elle devrait l’être — alors il est urgent de faire évoluer les pratiques, de mettre en œuvre les recommandations existantes, et de permettre à chacun de porter une date qui raconte une vie, et non un oubli.

ATMF 31.12.2025