Association des Travailleurs Maghrébins de France
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« Femmes et liberté »

C’est avec succès que l’ATMF d’Aix en Provence, ses partenaires et son Réseau Femmes ont réalisé la célébration de la journée de luttes pour les droits des femmes sous le thème « Femmes et liberté » avec la présence de plus de 150 personnes de tous âges et de cultures différentes.
Cette journée a été inscrite dans la dynamique du réseau femmes de l’ATMF national et dans son projet « la caravane des droits des femmes ».
Nos remerciements vont à tout le public, hommes,femmes et jeunes, associations, groupe de femmes qui a participé aussi bien à l’organisation qu’au déroulement de la journée avec de belles prises d’initiatives.
Nos remerciements vont également à Fouzia Hamhami, au Mokhtar Merkaoui, à Souad, à Malika et à Fatima (membres de l’ATMF Argenteuil) qui se sont déplacés d’Argenteuil dans le cadre de la caravane des droits des femmes. Nous saluons leur volonté d’avoir donné à ce projet un bon dynamisme de départ.
La présentation de la journée a été marquée par le rappel de l’origine de la journée de la femme, en tant que manifestation et lutte pour les droits des femmes et non pas une fête de la femme.
La journée a débuté par une belle exposition pendant 2 heures des différents ateliers avec des animations qui ont attiré l’attention, et l’envie d’y participer de plusieurs personnes y compris de certains hommes :  atelier de gym chinoise douce – atelier d’écriture –atelier aquarelle-atelier philo—atelier peinture sur verre- atelier crochet et tricot. Par ailleurs, une exposition des travaux artistiques et manuels des femmes, du stand de l’ATMF, de ses partenaires LDH et l’AGESA durant tout l’après-midi a été très appréciée.
Passer un message d’amour et de paix est parfaitement compatible avec la lutte pour les droits des femmes.  La jeune étudiante Lucie Argaud avec sa flute a pu passer ce message avec un talent et une douceur remarquables  avant de passer à la conférence/débat, deuxième partie de la manifestation.
Constance de Gourcy, (Département de sociologie, laboratoire Méditerranéen de Sociologie), a pris la parole en premier expliquant la triple invisibilité sociale de la mère.
Elle a abordé la question de l’invisibilité sous l’angle de la maternité. On parle communément dit-elle de « double journée » pour les femmes qui concilient travail salarié et activité domestique, mais on oublie l’activité de soins que prennent en charge les mères. Ces activités spécifiques à la maternité autorisent à parler d’une triple journée dans la nécessaire conciliation de ces différentes activités. Ces considérations ont été illustrées à partir des anecdotes et de l’exemple  d’une mère de huit enfants, qui en marge de la société et en plein exil,  a pu être actrice de son émancipation et de sa réussite.
Saida Schreiner de l’ATMF a rebondi sur cette question en rappelant l’exemple des femmes du quartier y compris les primo arrivantes. Ces femmes manifestent une grande volonté et un potentiel, indicateurs de leur capacité à intégrer la société française, à se confronter aux obstacles et à réussir. Ces femmes s’investissent dans des formations, beaucoup d’autres adhèrent au tissu associatif, militent pour leurs propres droits, et la plupart cherchent à accéder au marché de l’emploi, sachant que le travail est primordial pour l’autonomisation et l’indépendance financière et économique.
L’accent a été mis sur les bas salaires qui concernent un grand nombre de femmes en France dont beaucoup de femmes immigrées.  Un salaire faible n’assure aucune indépendance et entraine la précarité à long terme. Les femmes en général sont les premières victimes de la crise et les immigrées sont encore plus en difficulté.
Anne Chicard, juriste (CIDFF) a rebondi sur la question de la crise en rappelant la citation de Simone de Beauvoir : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant »
Elle a par la suite dressé une longue liste des régressions du droit des femmes en citant en premier Donal Trump.  Pour lui, « Il doit y avoir des formes de punition [pour les femmes qui avortent] ».
Le droit à l’avortement est remis en cause actuellement dans plusieurs pays dans le monde (Espagne, Pologne, Russie…).
Dans 100 pays à travers le monde, les femmes n’ont pas la possibilité d’exercer un certain type de travail tout simplement parce qu’elles sont des femmes. Plus de 150 pays disposent encore d’au moins une loi discriminatoire envers les femmes, et seuls 18 pays n’ont aucune loi qui les désavantage.
Pour le député polonais d’extrême droite, Janusz Korwin-Mikke, « Les femmes doivent gagner moins, parce qu’elles sont plus faibles, plus petites, moins intelligentes »
Dans 59 pays : il n’existe pas de lois contre le harcèlement sexuel en milieu professionnel.
Beaucoup d’autres exemples ont été cités, révélateurs des régressions des droits des femmes dans le monde.
Parmi les progrès relatifs que la juriste a cités, il y a l’abolition de la loi qui autorisait au Marocpar exemple un violeur d’épouser sa victime même mineure ; le renouvellement de plein droit du titre de séjour pour les femmes victimes de violences conjugales conjointes de français ou venues par Regroupement familial (article L 313-12 CESEDA)  exception faite des femmes algériennes ;  le droit de vote pour les femmes saoudiennes, même limité aux élections municipales qui dans ce pays n’ont aucune véritable portée politique.
Ces exemples, en effet, sont significatifs du fait que cette journée pour l’ATMF est là pour rappeler et saluer les avancées,  mais aussi pour demeurer vigilants envers les droits des femmes qui se trouvent en péril et/ou menacés par la crise ou par la domination patriarcale.
Ces interventions ont été suivies par de nombreux échanges dans la salle qui ont duré plus d’une heure. Les divergences aussi bien que les points d’accord ont alimenté le débat.
Un groupe féminin de 8 à 11 ans de l’atelier éducatif de l’ATMF a présenté une danse contemporaine orientale « Amitié et solidarité » réalisée avec la danseuse Rachida (compagnie Sarahdanse). L’implication des jeunes dans cette journée s’inscrit dans la logique de l’éducation aux droits humains. Une telle éducation est fondamentale dans le réseau femmes de l’ATMF.
La journée a fini avec un moment de divertissement et de convivialité.
Schreiner Saida
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Credit photo Sabrina