Association des Travailleurs Maghrébins de France
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Solidarité avec le mouvement social, populaire et pacifique du Rif

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Rassemblement devant le Ministère des Affaires Etrangères à Paris jeudi 20 juillet à partir de 18 heures

Depuis le 28 octobre 2016 un mouvement est né au RIF (Nord du Maroc), suite au meurtre tragique d’un marchand de poisson, Mohcine FIKRI, un mouvement pacifique non-violent, inclusif, autonome, et enfin porteur de revendications justes et légitimes ; depuis il n’a cessé d’être dynamique et vivace !

Fin mai, la révolte s’est intensifiée avec une campagne d’arrestations et d’emprisonnement des militants du mouvement citoyen rifain.

Les premiers verdicts sont très lourds, 18 mois de prison ferme. A l’unanimité, les organisations de défense des droits de l’Homme, l’opinion publique nationale et internationale, dénoncent les verdicts prononcés. Malgré les multiples appels à leur libération notamment à travers des rassemblements, marches et interventions dans le cadre d’organisations internationales (Haut-commissariat aux droits humains à Genève et Parlement européen à Bruxelles), toutes ces actions sont restées vaines et sans réponse. Entre temps les militants du mouvement n’ont cessé de réitérer, leurs revendications et pour la libération de tous les détenus tout en se cramponnant au caractère pacifique et à la justesse de leur cause.

Malgré l’interdiction, le 20 juillet, une grande mobilisation est prévue à Al Hoceima à laquelle nous sommes tous appelé(e)s, à l’intérieur comme à l’Etranger, à participer massivement à la marche en solidarité et à battre le pavé pour appeler à la libération des détenus des événements et à la satisfaction de la plateforme revendicative du mouvement.

Des convois en direction d’Al Hoceima démarreront de toutes les régions du Maroc afin de faire du 20 juillet un moment fort dans la lutte populaire.

Depuis la prison d’Oukacha, à Casablanca, les prévenus du mouvement citoyen du Rif ont entamé, depuis lundi 17 juillet 2017, une grève de la faim illimitée pour « la liberté ou la mort en martyrs », les détenus tiennent à clamer, une fois encore, leur innocence de toutes les accusations retenues à leur encontre et appellent de leur vœu tout le monde à réussir cette marche, et appellent à une grève générale à Al Hoceima et dans l’ensemble du RIF.

Par notre rassemblement en ce jeudi 2017, devant le ministère des affaires étrangères français, et qui coïncide avec une marche géante qui a lieu le jour même :

– Nous exprimons notre solidarité avec les détenus politiques rifains, leurs familles et les revendications du mouvement citoyen dans le RIF

– Dénonçons avec force et fermeté toutes formes de pressions, de répressions et de violence qui s’exercent sur le mouvement et ses militants, et dont le but suprême est de museler la liberté d’expression.

Nous faisons porter la responsabilité de la présente situation dans le RIF au gouvernement et au chef d’Etat marocains, avec toutes les conséquences dramatiques éventuelles de la présente interdiction de la marche du 20 juillet à Al Hoceima,

– Nous tenons à interpeller le ministère des affaires étrangères français pour que la France arrête son soutien politique, économique et sécuritaire au régime marocain.

De même, nous exhortons l’ensemble des forces vives, dans le RIF, l’ensemble du Maroc, et à l’Etranger à redoubler d’efforts pour la libération de tous les prisonniers du mouvement social et populaire du RIF.

En conséquence, nous soutenons et appelons conjointement avec le Comité de Soutien au Mouvement Rifain Île-De-France, la Coordination des Organisations Démocratiques Marocaines en France, ATMF et IDD, à un rassemblement ce jeudi 20 juillet 2017 à 18H, devant le Ministère des Affaires Etrangères français au 37 Quai d’Orsay, 75007 Paris, Métro Invalides.

Premières organisations signataires :

– Le Comité de Soutien au Mouvement Rifain Ile-de-France
– Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF)
– La Coordination des Organisations Démocratiques Marocaines en France
– Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM-France)
– Association Marocaine des Droits Humains (AMDH – Paris/Ile de France)-
– Forum Marocain pour la Vérité et la Justice (FMVJ-France)
– Association des parents et amis des disparus au Maroc– APADM
– Fédération des Association des Marocains en France (AMF)
– Association TAMAYNUT (France)
– Rassemblement IFNI AIT BAAMRANE –
– Forum citoyen Solidarité des Marocains en Europe
– La Voie Démocratique (Région Europe) –
– Le Parti d’Avant Garde Démocratique Socialiste (PADS-Europe)
– Le Parti Socialiste Unifié (PSU-France)
– Association Clarté Ambition Courage France
– Association Interculturelle pour la Laïcité, l’Égalité et la Solidarité avec les Femmes du Maroc (AILES-femmes du Maroc)
– Association TIDI – France
– Collectif international pour défendre les victimes de la mafia immobilière et de la délimitation forestière
– Immigration Développement Démocratie (IDD)
– Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT)
– Fédération des tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR)
– Association des Tunisiens en France (ATF)
– Comité Afrique (CA)
– Forum de Solidarité euro-méditerranéenne (FORSEM)
– ASBL Na’oura-Bruxelles
– Association des Familles des Prisonniers et Disparus Sahraouis (AFAPRESA)
– Comité pour le Respect des Libertés et des Droits humains (CORELSO)
– Association Démocratique des Tunisiens en France (ADTF)
– Réseau Sortir du colonialisme
– Parti Communiste Français (PCF)

 

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Une rencontre avec Rosa Moussaoui

L’ATMF et le comité de soutien au mouvement rifain Île de France ont organisé le 12/07/2017 une  rencontre avec Rosa Moussaoui, journaliste à l’Humanité, qui vient de passer une semaine dans le Rif.

 

 

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« Combattre les discriminations racistes »

Formation « Combattre les discriminations racistes » au centre #ATMF Le Pollux à Aix-en-Provence jeudi 29 et vendredi 30 juin 2017.

 
Organisme : IFAR (Intervention-Formation-Action-Recherche)
Intervenant : M. Ahmed Benyachi
Nombre de participants(es) : 6 jeunes de l’ATMF d’Argenteuil – 7 jeunes et 6 adultes (salariés et bénévoles) de l’ATMF Aix en Provence.
Support : film documentaire

 – Compte rendu 

Le formateur a débuté son intervention par un rappel historique de la discrimination en relatant les différentes phases de l’histoire (début XXème siècle) qui a donné racine à ce fait social.

Qu’est-ce que la discrimination ? Quelles sont les différentes formes et situations de discriminations ? Les critères ? les lois/voie pénale/voie civile ?

Beaucoup d’échanges enrichissants autour des formes de discrimination : discrimination directe, indirecte, systémique. Savoir les différentier, les identifier et y faire face.

Les critères sont nombreux (Source : Défenseur de droits) dont voici quelques-uns : L’âge-  L’apparence physique – L’appartenance réelle ou supposée à une ethnie – Le sexe – L’appartenance à une religion déterminée-  L’état de santé- L’orientation sexuelle- La grossesse -Les activités syndicales -L’origine – Le lieu de résidence- la capacité de s’exprimer dans une langue autre que le Français.

Ces critères et d’autres sont interdits par la loi et encadrent la lutte contre les discriminations.

Le formateur a privilégié l’interview des participants(es), leur donnant l’occasion de bien maitriser le concept de discrimination, les définitions précises. Il leur a été demandé d’exprimer leur propre expérience, leur vécu…

C’est une démarche pédagogique participative et ouverte qui a mis les participant(e)s dans un état de confiance.  Le formateur a veillé à la prise de parole de chacun dans le respect, l’écoute et la compréhension mutuelle.

Des conseils pratiques ont été donnés aux jeunes : la violence n’éradique pas l’acte discriminatoire. Il faut plutôt résister, lutter et rester soi-même. Ne rien faire serait accepter et légitimer cet acte prohibé. Lutter contre c’est affirmer l’accès à la citoyenneté à part entière.

L’intervention a été appuyée par la projection de deux scénettes et du film documentaire de Yamina Benguigui » le plafond de verre » film de 2005 mais toujours d’actualités. Il démontre les jeunes issus de la deuxième génération des immigrés, qui, en dépit de leurs efforts multiples se heurteront au plafond de verre, aux aspects invisibles des pratiques sociales (préjugés racistes, les idées reçues, les clichés, les stéréotypes…)

Les participants(es) ont exprimé à la fin de la dernière séance leur satisfaction. Ils ont montré leur aptitude et capacité à prendre conscience du concept de discrimination. Ils sont partis en se posant beaucoup d’autres questions…

La formation était pertinente et s’est déroulée dans une ambiance de convivialité.

Des fiches ont été distribuées aux participants(es) :

Fiches individuelles de renseignements, d’autorisation à l’image et d’évaluation.

 

 

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Non, le centre « humanitaire » pour migrants de la porte de la Chapelle à Paris n’est pas un modèle

 

Action collective

Non, le centre « humanitaire » pour migrants de la porte de la Chapelle à Paris n’est pas un modèle

 

En écho à la demande adressée au gouvernement par Anne Hidalgo, maire de Paris, de réfléchir à « un plan général d’accueil des migrants en France » avec l’ouverture de camps de premier accueil dans les métropoles régionales – à l’image de celui qu’elle a installé en octobre 2016 porte de La Chapelle, au nord de la capitale –, le ministre de l’intérieur a annoncé mardi 20 juin la possible « ouverture de centres d’accueil » pour migrants sur le territoire français. Le même jour, plusieurs élu.e.s, qui se sont rendu.e.s dans le camp humanitaire de La Chapelle, se sont relayé.e.s pour alerter sur la situation d’engorgement que connaît ce centre, avec «  des tensions à l’entrée » et des rixes qui « se multiplient », et la reconstitution de « campements » rassemblant plus d’un millier de personnes dans le nord de Paris. « Depuis un certain temps », a expliqué Pascal Julien, conseiller de Paris (EELV), « il n’y a plus de sorties, donc plus d’entrées. Ce centre est saturé en permanence ».

Dès l’annonce de la création du centre de la porte de La Chapelle, il était clair que le dispositif n’était susceptible de fonctionner que pour autant qu’à l’issue des quelques nuitées de « mise à l’abri » offertes à Paris aux personnes migrantes ces dernières se voient proposer des places dans des lieux d’hébergement plus pérennes. Ces lieux relevant de dispositifs nationaux, le camp parisien ne peut « se vider » pour accueillir de nouveaux venus que si l’État s’engage dans l’opération, collaborant avec la Ville de Paris. Or les places en centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) continuent de manquer cruellement, et si de nouvelles structures d’accueil de migrants ont été créées récemment, elles ne parviennent pas à pallier l’incapacité de l’État à abriter, constante depuis deux décennies. Ces nouvelles structures ne sont d’ailleurs, tout comme le camp de La Chapelle, que des sas, conçus pour accueillir pour de courtes durées des personnes n’ayant pas encore décidé si elles allaient demander l’asile en France. Faire se succéder des sas à un sas n’a qu’un intérêt pratique : répartir la charge d’un premier accueil sommaire. Mais aussi, ce faisant, disperser, isoler et rendre moins visible.

En réalité, le camp de la Chapelle souffre de bien d’autres défauts que le manque de « fluidité » et la saturation dénoncée par les élus qui soutiennent la maire de Paris. En effet, les personnes qui parviennent, après des jours d’attente, à être accueillies dans la « bulle » parisienne, non seulement ne se voient pas assistées correctement dans leurs démarches en vue d’obtenir la protection internationale dont elles ont besoin, mais sont même empêchées de faire ces démarches. Contraintes de faire enregistrer leurs empreintes digitales à un guichet spécialement ouvert pour elles en préfecture, elles peuvent ainsi être menacées de renvoi – voire renvoyées sans délai – vers des pays par lesquels elles ont transité ou vers leur pays d’origine sans que soit examinée leur potentielle qualité de réfugié. Le camp parisien, loin d’être un lieu d’accueil et de manifester l’hospitalité de la Ville, fonctionne de fait comme un centre de tri, auxiliaire (ou otage ?) de l’administration préfectorale.

La maltraitance administrative qui règne à l’intérieur du centre de la Chapelle, tout comme la maltraitance physique imposée aux personnes qui, jour après jour, essaient d’en franchir les portes et sont, en attendant, contraintes de dormir dans la rue dans un contexte de harcèlement policier maintes fois documenté, ne sont en rien le produit d’un « afflux » insupportable d’exilé.e.s que la France, sixième puissance mondiale, ne pourrait gérer. Conséquences du sous-dimensionnement structurel du dispositif d’accueil des migrant.e.s, elle s’inscrivent dans une stratégie de dissuasion que la France, comme plus généralement l’Europe, opposent aux personnes en besoin de protection.

Oui, des lieux de premier accueil doivent être ouverts, afin que les exilé.e.s cessent d’être réduits à la vie dans la rue, à Paris comme à Calais, à Vintimille ou ailleurs. Mais ces lieux doivent être réellement hospitaliers, conçus de telle sorte que les personnes y soient informées des possibilités qui s’offrent à elles, aidées et accompagnées dans leurs premiers pas en Europe. Accueillies, vraiment. Ensuite seulement, une répartition sur l’ensemble du territoire pourrait être organisée selon la situation de chacun, ses souhaits, les possibilités existantes dans les collectivités. Si un « plan général d’accueil des migrants en France » est mis en place, c’est dans cet esprit qu’il doit être conçu, et non sur le modèle du centre de la Chapelle.

26 juin 2017

Organisations signataires :

  • Actes & Cités
  • Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (Acat)
  • Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie (Acort)
  • Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF)
  • Association Kolone
  • Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE)
  • Cedetim/Ipam
  • Coalition Internationale des Sans-Papiers et Migrants (Cispm)
  • Collectif de sans-papiers CSP 75
  • Collectif de soutien de l’EHESS aux sans papiers et aux migrants-es
  • Collectif nouvelle jungle – Lille nomade
  • Fédération des associations de solidarité avec tous-te-s les immigré-e-s (Fasti)
  • Groupe d’information et de soutien des immigrées (Gisti)
  • Itinérance Cherbourg
  • JRS France
  • La Cimade
  • La Cimade Île-de-France
  • LDH – Fédération de Paris
  • Observatoire de l’enfermement des étrangers (OEE)
  • Quartiers Solidaires
  • Réveil voyageur
  • Revue Pratiques
  • Secours catholique – Caritas France
  • Syndicat des avocats de France (SAF)
  • Syndicat de la magistrature (SM)
  • Syndicat de la médecine générale (SMG)
  • Union syndicale Solidaires

 

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Solidarité avec les réfugiés syriens bloqués à la frontière algéro-marocaine

 Communiqué commun 

(Alger/Paris/Rabat/Tunis, 20 juin 2017)

 

Le 20 juin est la journée internationale du réfugié. A cette occasion, nous, associations signataires, attirons l’attention de l’opinion publique – tant au Maghreb qu’en France et dans le monde – sur le drame humain qui se déroule dans le sud de la frontière algéro-marocaine, et ce, depuis le 17 avril 2017. En effet, des familles syriennes fuyant la guerre qui sévit dans leur patrie ont traversé plusieurs pays, avant de se retrouver bloquées en plein désert, sans eau, ni nourriture, ni abri.

Grâce à la solidarité des habitants de Figuig (ville marocaine frontalière), plusieurs familles ont été introduites et acheminées vers Oujda. Les autorités marocaines ont arrêté quelques-unes de ces familles et les ont renvoyées à la frontière au mépris de tout droit international de protection des réfugiés. Aujourd’hui, vint- huit réfugiés syriens, dont douze enfants et huit femmes, sont en plein désert.

La militarisation des frontières algéro-marocaines entraîne de graves violations des droits humains. Depuis plusieurs années, les autorités de deux pays chassent les migrants subsahariens d’une frontière à l’autre. Et aujourd’hui, en flagrant délit d’atteinte aux droits des réfugiés et de la Convention internationale de Genève relative à la protection des réfugiés, elles bafouent le plus élémentaire des droits humains : celui d’accueillir des demandeurs d’asile fuyant la guerre dans leur pays.

Cette attitude illustre, dramatiquement, les conséquences de l’approche du tout-sécuritaire imposée aux peuples de la région, qui aspirent à un Maghreb des peuples ouvert, solidaire et démocratique.
Face à cette situation, les associations et organisations signataires :
– alertent l’opinion publique sur ce drame humain, qui se déroule près de Figuig, à la frontière algéro-marocaine ;
– exigent des autorités marocaines et algériennes d’assurer la protection des réfugiés, de les accueillir dignement, et de leur garantir instamment l’acheminement des vivres et des soins ;
– interpellent la France, l’Europe et les instances internationales (ONU et HCR…) pour une solution rapide dans le respect du droit, des conventions internationales et la dignité de ces hommes, femmes et enfants.
Alger/Paris/Rabat/Tunis, le 20 juin 2017.
Associations et organisations signataires :
APEL-Egalité
Appel d’Avignon à la solidarité avec le peuple syrien
Asbl Na’oura-Bruxelles
Association Alsace-Syrie
Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (ACORT)
Association Clarté Ambition Courage-France
Association de défense des droits de l’homme au Maroc (ASDHOM-France)
Association démocratique des Tunisiens en France (ADTF)
Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA)
Association des Marocains en France (AMF)
Association des parents et amis des disparus au Maroc (APADM)
Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF)
Association des Tunisiens de l’Isère citoyens des deux rives (ATI-CDR)
Association des Tunisiens en France (ATF)
Association interculturelle pour la laïcité, l’égalité et la solidarité avec les femmes du Maroc (AILES-femmes du Maroc)
Association marocaine des droits humains (AMDH-Paris/Ile de France)
Association Na’oura (Belgique)
Association Promotion des Cultures et du Voyage (APCV)
Association Syrie Démocratie 33
Association TAMAYNUT-France
Association TIDI-France
CEDTIM-IPAM
Comité d’initiatives et de vigilance citoyenne d’Oran (CIVIC Oran)
Collectif algérien en France ACDA (Agir pour le changement et la démocratie en Algérie)
Collectif citoyen de soutien aux luttes sociales et démocratiques en Algérie (MASSIRA)
Collectif des amis d’Alep
Collectif Démocratie et Modernité-Maroc
Collectif des familles de disparus en Algérie
Collectif international pour défendre les victimes de la mafia immobilière et de la délimitation forestière
Collectif pour une Syrie libre et démocratiqueConseil des lycées d’Algérie (CLA)
Comité pour le développement et le patrimoine-Palestine
Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Palestine (CRLDHP)
Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT)
Coordination des organisations démocratiques marocaines de France pour la dignité, contre l’impunité et la hogra
Coordination maghrébine des organisations des droits humains (CMODH)
El Ghorba
EuroMed Droits
Fédération des Amis de Figuig (FAF)
Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR)
Fédération euro-méditerranéenne contre les disparitions forcées.
Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH)
Femmes plurielles
Forum citoyen solidarité des Marocains en Europe
Forum des alternatives Maroc (FMAS)
Forum marocain pour la Vérité et la Justice (FMVJ-France)
Forum Palestine Citoyenneté
Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES)
Immigration Développement Démocratie (IDD)
Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADH)
Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH)
Ligue des droits de l’Homme (LDH)
Manifeste des libertés
Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP)
Observatoire marocain des libertés publiques
Parti communiste français (PCF)
Parti d’avant-garde démocratique socialiste (PADS-Europe)
Parti socialiste unifié (PSU Maroc), section France
Plateforme euro-marocaine (MDCD)
Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ)-Algérie
Rassemblement Ifni-Aït Baarmrane
Réseau Euromed France
Revivre (association d’aide aux réfugiés syriens primo arrivants)
Sortir du colonialisme
SOS Disparus-Algérie
Souria Houria (Syrie libre)
Union des étudiants algériens en France (UEAF)
Voie démocratique-Paris (Annahj-Paris)

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Rassemblement à la mémoire de Brahim Bouarram et de toutes les victimes de crimes racistes

Le 1er mai 1995, Brahim Bouarram, 29 ans, profitait d’une journée ensoleillée sous le pont du Carrousel. Il ne savait pas qu’on allait le précipiter dans la Seine et mettre fin à ses jours. Les assassins venaient de quitter le défilé du Front National.

Depuis, d’autres noms se sont ajoutés à la liste sinistre des victimes de crimes racistes.

 

C’est à sa mémoire et à celles de toutes les victimes du racisme dans ce pays, en souvenir à la souffrance de leurs proches que nous nous rassemblons ici, sur le lieu du crime innommable, le 1er mai de chaque année. La plaque commémorative du crime racial est posée, à la demande de nos associations, par la Mairie de Paris, un signe indélébile pour celles et ceux qui viendront après nous, pour tous les « visiteurs » qui passeront par cet endroit marqué désormais à jamais.

 

Depuis l’assassinat de Brahim Bouarram, le racisme a d’autres victimes.

Il a aussi gangréné la société sous d’autres formes : la xénophobie, l’antisémitisme, l’islamophobie, la ségrégation, la relégation, les discriminations aux droits fondamentaux, au logement, au travail, aux contrôles en tous genres. C’est toujours sous d’autres formes que le racisme s’enracine, avec la montée des extrêmes droites et des droites extrêmes. Y compris des branches entières de la République : les violences policières, les contrôles au faciès, les rôles plus que douteux de certains médias, une justice à géométrie variable dès qu’il s’agit d’enfants d’immigrés et de leurs parents.

 

Plus que jamais, nos associations et organisations, qui font de la lutte pour l’égalité et contre tous les racismes un combat de tous les jours, s’engagent à contribuer à la construction d’une véritable politique de la mémoire. Une mémoire, qui au nom des victimes du racisme et de la souffrance des leurs, construit encore plus de liens entre nous, plus de vivre en commun, et tend vers une société où la vie humaine, quelle que soit la couleur de sa peau, son origine ou sa confession, soit enfin, et pour toujours, une vie humaine digne et respectée pour toutes et tous.

 

Rassemblement le 1er mai 2017 de 11h à 12h, au Pont du Carrousel – Paris

 

Premiers signataires :

ATMF, LDH, MRAP, GISTI, AMF, FTCR, COPAF, Sortir du colonialisme, AFAPREDESA, AFA Paris, CEDETIM/IPAM, Femmes Plurielles, Solidaires,Sud Culture Solidaire,  CFPE, DAL, MAFED, ASDHOM, ATF, CRLDHT, L’ACORT, AIDDA, MCTF,  ACADA, UJFP, REMCC, IDD, ADTF, Coordination contre le racisme et l’islamophobie, AMDH Ile de France, ASIAD, ACTION Antifasciste Paris-Banlieue, La Horde, FUIQP,  ACTIT, Le Collectif « Vérité et justice pour Ali Ziri »,Droit devant,  Mouvement de la Paix, OCL Paris, FASTI,  AFAPREDESA, Comité pour Clément, Mouvement de la Paix, Ensemble, PIR, NPA, UNPA, PCF…

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communiqué du 1 mai 2017

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1ER Mai 2017 : Rassemblement à la mémoire de Brahim Bouarram et de toutes les victimes de crimes racistes.

1ER Mai 2017 : Rassemblement à la mémoire de Brahim Bouarram et de toutes les victimes de crimes racistes.
 
On diabolise l’immigré, l’arabe, le noir, le rrom, le réfugié, les quartiers populaires. On dédiabolise le FN.
 
Aujourd’hui, comme les années passées, nous sommes rassemblés ici pour dire notre condamnation du racisme qui a tué Brahim BOUARRAM  le 1er mai 1995 ici, ce racisme qui avait tué Ali IBRAHIM à Marseille, ce racisme qui a tué avant,  comme en octobre  1961, et qui n’a jamais cessé de tuer.
Ce racisme, maladie de notre société n’a cessé de se nourrir, de se développer.
Maladie  qui a lepénisé les esprits et les politiques depuis les années 80.
Aujourd’hui, qu’est ce qui s’est passé pour qu’on se trouve avec un FN encore pour la 2eme fois qualifié pour le second tour de ces élections présidentielles ?
Comment en 1981, Lepen n’arrivait pas à se présenter aux élections présidentielles faute de parrainages et aujourd’hui il est à la porte du pouvoir pour diriger la république française ?
Oui, 36ans après, la lepénisation des esprits a fait du chemin avec la complicité de différents dirigeants politiques qui n’ont cessé de loucher vers l’idéologie essentialiste et raciste, en sus de leurs politiques antisociales et pro patronales.
Ainsi en 1983, jean pierre stirbois avec son slogan « halte à l’immigration » devient maire adjoint  de la ville de Dreux suite à une alliance avec le  RPR.  A noter que dans les grèves de l’automobile en 1982/1983, des anti grévistes à la solde des patrons ont crié «  les arabes dans le four, les noirs dans la seine », on a entendu aussi Gaston Deferre, ministre de l’intérieur sous François Mitterrand, qualifier ces grèves de : « grèves saintes, d’intégristes, de musulmans, de chiites ».
En 1986, 35 députés FN entrent à l’assemblée nationale, et voilà la parole raciste encore plus banalisée et légitimée au sein des institutions de la république.
En 1995, année de l’assassinat de Brahim Bouarram, le FN gagne les villes d’orange, Marignane, Vitrolles après Dreux.
La banalisation de la parole raciste continue de faire partie de tous ces moyens qui sont bons pour calomnier les musulmans et capter l’électorat du FN, c’était notamment avec  Nicolas Sarkozy et son parti  sur l’identité nationale et tous les débats qui ont suivi et qui ont participé à cette lepénisation des esprits.
 Cette lepénisation a continué avec Valls qui évoque la question de la civilisation, et ose affirmer que la France mène une guerre de civilisation.
Et on continue d’assister  de plus en plus à des discours d’hommes politiques qui conduisent à ce que la population musulmane devient un ennemi de l’intérieur, notamment après les attaques de Charlie hebdo, de l’hyper casher et du bataclan. Et on assiste ainsi, petit à petit, à la construction d’une autre manière de stigmatisation et de banalisation de la parole raciste dans l’évocation du problème musulman à la place du problème de l’immigration.
En 2014, le FN et ses idées racistes est à la tête de 14 villes françaises dont Hénin Beaumont, et en 2015, voilà le FN qui est à plus de 27 pour cent dans les régionales soit 6 millions de voix alors qu’on était à 3,5 millions de voix en 2004.
Dans cette montée des idées fascistes, la dédiabolisation a joué tout son rôle, et là-dessus on doit et on a le devoir  de relever aussi la complicité de certains médias, car lorsque jean marie lepen n’apparaissait dans les médias que 200 fois par an, Marine lepen c’est 1000 fois par an, et nous ne parlons pas des statistiques de ces premiers mois de 2017. C’est dire à quel point la dédiabolisation est en marche et à quoi elle nous conduit aujourd’hui.
C’est dire aussi, et surtout rappeler que quand on a tenu des discours associant les juifs à la finance mondiale au début du 20éme siècle, on a vu la suite. C’est dire donc, que continuer à tenir des discours associant les arabes, les noirs et les rroms à la paresse,  au vol et à la fraude aux allocations, continuer à associer les musulmans à la violence et au terrorisme, nous ne pouvons qu’assister à voir à la porte du pouvoir un parti fasciste et xénophobe, comme c’est le cas aujourd’hui.
Cher e ami e s, cher e s camarades, mesdames, messieurs, le racisme qui a tué Brahim Bouarram un 1er mai 1995 a bien progressé. Cette maladie des esprits gangrène nos rapports sociaux et notre regard sur la société.
La réussite de la marche du 19 mars 2017 contre le racisme et les violences policières fait partie de ces combats pour contrer et faire face au racisme pour le faire reculer.
Aujourd’hui, nous disons, nous crions halte aux discours racistes et leur banalisation
Aujourd’hui, nous disons halte au racisme, à la xénophobie, à l’islamophobie, à l’antisémitisme.
Halte aux discriminations des jeunes dans les quartiers populaires.
Halte aux discriminations qui ont pour victimes les  vieux migrants dans les foyers.
Halte à la politique de fermeture des frontières, et ses milliers de morts en méditerranée
Halte à la répression et à l’exploitation des sans papiers.
 
En ce jour de d’hommage et de lutte contre le racisme, nous saluons d’ici Paris, le combat de 1500 prisonniers politiques palestiniens qui sont en grève de la faim depuis le 17 avril pour l’amélioration de leurs conditions de détention, et à  travers eux nous saluons la lutte du peuple palestinien.
 
Cher e s ami e s et camarades, nous avons eu raison, tous,  de continuer et de maintenir cette commémoration depuis 22 ans. Il faut donc  continuer de lutter et rester  vigilants pour ne plus voir   le FN et son idéologie raciste dans les seconds tours.
 
L’ATMF.
Paris,  le 1er Mai 2017.
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Pour Nos Droits et Contre leurs Privilèges

FAISONS ENTENDRE NOS DROITS ET NOS ACTIONS

 

Dans la période électorale actuelle nous sommes plus déterminé.es que jamais à faire entendre nos voix et nos résistances. Car à l’issue des élections présidentielle et législatives, nous savons que sans luttes, nos revendications ne seront ni entendues ni satisfaites.
Les inégalités augmentent, le chômage, la précarité et la pauvreté touchent de plus en plus de personnes, en particulier les femmes, les jeunes, les habitant.es des quartiers populaires, les migrant.e.s
L’explosion de la spéculation, des privilèges et de la richesse de quelques-uns, se renforce au détriment de toutes et tous.
Le racisme, sous toutes ses formes, en premier lieu le racisme institutionnel, gangrène notre société, avec une séquence électorale où une fois de plus, on montre du doigt accusateur les noirs.es, les musulman.es, les arabes, les rrom.es, les asiatiques…
Les droits des salarié.es, des chômeurs et chômeuses, des locataires, la protection sociale et les services publics déjà affaiblis sont menacés dans leurs fondements. Les enjeux écologiques sont remisés au second plan.
Le mouvement contre la loi travail, la persistance de luttes et de grèves, démontrent que les résistances perdurent dans ce pays, malgré la répression, les violences policières ou l’état d’urgence. Des logements vacants sont réquisitionnés par des mal logés et des sans logis, des travailleurs sans papier occupent leur lieu de travail…
Les mobilisations des migrant.es se sont multipliées De multiples initiatives d’accueil et de solidarité existent dans notre pays, à l’encontre des discours de haine et de rejet développés par certain.es et à l’encontre des guerres impérialistes conduisant à des exodes massifs de migrant.es.
Le récent mouvement social populaire en Guyane nous rappelle que l’égalité est à géométrie variable selon les territoires et que, seule, la mobilisation paye.
La Marche du 19 mars pour la Justice et la Dignité, organisée à l’appel des familles de victimes des violences policières a montré que les premier.es concerné.es s’organisent pour ne plus subir, pour être acteurs/actrices de leurs vies et imposer dans un élan de convergence de toutes nos luttes, l’égalité de droits et le partage de richesses.
www.nosdroits.org
@nosdroits_org
Pour Nos Droits et Contre leurs Privilèges
Appel des mouvements sociaux

 

Premiers signataires :

AC !, ACORT, Amelior (Les Biffins), AMF, Amis de la Confédération paysanne, APEIS, ASDHOM, ATMF, ATTAC, CEDETIM, CGT Finances, CNT Solidarité ouvrière, Comité Vérité et Justice pour Ali Ziri, Compagnie Jolie Môme, Confédération Paysanne, Convergence Services Publics, COPAF, CRLDHT, CSP 75, Culture et Liberté, DAL, Droits Devant !!, Emmaüs – France, FASTI, Fondation Copernic, FSU, FTCR, IPAM, Les Effrontées, Les jours heureux, MRAP, MNCP, On Bloque Tout, Osez le Féminisme !, Pas Sans Nous, ReAct, RESF, Sortir du colonialisme, Solidaires Finances Publiques, SUD Education, SUD PTT, Sud Recherche – EPST, SUD santé Sociaux, Union syndicale Solidaires, UJFP, Urgence notre police assassine, UTAC, UTOPIA, VISA

contact@nosdroits.org

Justice, Dignité, Solidarité, Egalité et respect de nos droits.

Contre les régressions, contre la répression, contre le racisme, contre le fascisme

1er mai 2017
journée internationale de luttes et de solidarité des travailleurs/travailleuses

Nous manifesterons ensemble pour affirmer notre volonté commune de construire les luttes et les convergences indispensables.

– A Paris, nous participerons à la manifestation en hommage à Brahim Bouarram assassiné par des militants d’extrême droite le 1er mai 1995, entre les deux tours de l’élection présidentielle.

Rendez-vous à 11 h sur le Pont du Carrousel 

nous rejoindrons ensuite la manifestation prévue à 14 h 30 place de la République.

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FN et prolétariat : «Marion Maréchal Le Pen, vous n’êtes pas de notre monde»

Lettre ouverte : L’écrivaine Sandrine-Malika Charlemagne interpelle la députée d’extrême droite au sujet de ses attaques contre Philippe Poutou et martèle que le Front national ne défendra jamais l’intérêt des travailleurs.

Le 11 avril, lors de votre meeting à Bayonne, vous avez cru bon de rappeler que Philippe Poutou ne méritait pas sa place de candidat à la présidentielle. «Comme si le prolétaire était forcément crasseux, mal rasé, mal élevé…» Ce sont vos mots, en allusion au grand débat de la présidentielle, diffusé sur BFM TV le 4 avril, rassemblant les onze candidats. Durant votre discours, vous avez fait preuve d’un des plus grands mépris vis-à-vis de nous, gens de modeste condition, nous qui savons rester dignes malgré la fatigue quotidienne et le peu de moyens dont nous disposons pour notre bien-être. La fatigue du labeur que vous n’avez sûrement jamais éprouvée, je veux parler de celui effectué dans une usine, un supermarché, une petite exploitation agricole, un hôpital…

Avez-vous seulement travaillé pour 1 100 euros ou 1 500 net par mois ? Ressenti le poids du travail si peu rémunéré ? Vous ne connaissez bien évidemment dans votre chair aucun des problèmes que nous pouvons traverser, vous nous faites croire que vous lutterez contre le système, mais vous en faites partie intégrante. Ce système dont vous savez si bien user quand ça vous arrange. Comme on dit, vous êtes «née avec une petite cuillère d’argent dans la bouche». Tant mieux pour vous. Mais de quel droit nous insulter, en qualifiant un homme, à l’image du peuple, de mal rasé, crasseux ? En quoi Philippe Poutou, vêtu d’un polo ce soir-là, et non un marcel, comme s’empressa de le signaler Luc Ferry (qui devrait revoir Un tramway nommé désiravec Marlon Brando) était-il indigne de figurer à la tribune ? En quoi sa barbe de quelques jours, ou la tenue qu’il portait, d’un style décontracté et non «débraillé», justifierait qu’on le fustige ainsi ?

Je veux exprimer ici la colère et le dégoût que je ressens, en tant que fille d’une vendeuse en lingerie à Printemps, venue de Picardie pour gagner de quoi payer son pain à Paris, et d’un cuisinier algérien, arrivé en France vers sa vingtième année, mort à 49 ans, ne profitant guère des douceurs de la vie. Aujourd’hui, ma mère, 70 ans, touche 1 200 euros par mois, en partie grâce à ses «cotisations retraite complémentaire». D’autres ont des revenus bien plus faibles. Est-ce normal de vivre et de finir ainsi son existence ? Je voudrais que les prolétaires ne se trompent pas de chemin, ne se laissent pas endormir par les paroles de votre parti. Vous n’êtes pas de notre monde, vous ne serez jamais proches de nos préoccupations, vous ne travaillerez pas pour nous, le peuple, mais bel et bien contre lui. Jamais les prolétaires n’obtiendront de votre part un quelconque soutien : du bluff, du vent, du flan…

Vous promettez dans votre programme une revalorisation de 20% sur les petites retraites, mais il est certain que si votre parti se retrouvait au pouvoir, cette proposition ne verrait jamais immédiatement le jour. Le déficit, la dette de la France seraient vos excuses pour la remettre à plus tard. Et quant à vos choix soudains sur le retour à la retraite à 60 ans ? Que faisait votre parti lors des manifestations de 2010 pour la défendre. L’entendait-on s’en prendre à la dureté du travail et soutenir les millions de gens qui vivent de peu de si peu de trop peu pour tant d’heures de leur vie vendues à autrui ? Non, le Front national restait totalement muet sur ce sujet. Aujourd’hui, vous voudriez nous faire gober un sursaut de lucidité ? Une soudaine proximité avec nous autres, issus du «petit peuple». Ne nous laissons pas tromper. Ne soyons pas si bêtes. Je vous en prie, prolétaires des villes, des villages, des hameaux : jamais le Front national ne défendra vos intérêts. Il vous trahira.

 

Sandrine-Malika Charles écrivaine, coordinatrice communication de l’Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF).

 

 

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Source : http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/04/17/fn-et-proletariat-marion-marechal-le-pen-vous-n-etes-pas-de-notre-monde_1563274?xtor=rss-450M

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FN : Chasser le naturel…

Communiqué commun des JC (Jeunes Communistes) Bobigny/Drancy, de l’ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins de France) et de l’UJFP (Union Juive Française pour la Paix)

 

Dimanche 9 avril, dans le cadre de l’émission Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, Marine Le Pen déclarait que « La France n’est pas responsable du Vel d’Hiv » et poursuivait en disant que « s’il y a des responsables, c’était ceux qui étaient au pouvoir à l’époque, ce n’est pas la France. ».

 

Pour rappel à Madame Le Pen, n’est-ce « pas la France » qui le 10 juillet 1940, par la voix de ses députés et sénateurs, représentants de la nation, votaient démocratiquement les pleins pouvoirs à Philippe Pétain ? N’est-ce « pas la France », qui, les 16 et 17 juillet 1942, sur décision du régime de Vichy, envoyaient plus 7000 policiers et gendarmes français collaborer avec le régime nazi pour arrêter plus de 13000 juifs français dont 4000 enfants. N’est-ce « pas la France » qui les envoyait par la suite au camp d’internement de Drancy avant d’être déportés vers les camps d’extermination nazis ? Et enfin n’est-ce pas cette même France qui mis en place des lois antisémites, la collaboration d’Etat, la Révolution Nationale et qui a abrogé les institutions républicaines et les libertés fondamentales de tous citoyens ?

 

Sa politique de « dé-diabolisation », savamment orchestrée et soutenue par la plupart des médias de masse, bute-telle sur sa volonté stratégique d’incarner le mythe de la France éternelle? Une pique à son honneur malade de « patriote » aura-t-elle suffit à mettre en branle le patient travail qu’elle avait entrepris pour se distancer d’un antisémitisme trop embarrassant quand le FN était dirigé par son père ?

 

Évaporés, ses efforts de drague à l’endroit de la supposée « communauté juive » de France ? Elle aura pourtant tout fait pour s’acheter une respectabilité et dépasser l’image antisémite accolée à raison à son parti, ne manquant pas une occasion de marteler que l’ennemi, c’est « l’islam politique » et de mentir éhontément à propos de l’antisémitisme que les musulman-e-s auraient chevillé au corps.

 

A moins que cette sortie ne soit destinée à attirer les électeurs de droite déboussolés par les scandales de la famille Fillon ? De toute façon, volontaire ou non, celle-ci rappelle ce que seuls les sots ne voulaient pas voir : le racisme est le « fonds de commerce » du FN, un parti qui n’hésite pas à changer de cible au gré de ses besoins électoraux : si l’islamophobie est l’épée du Front National, l’antisémitisme en reste le bouclier.

 

Sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen, en meeting à Bayonne le mardi 11 avril, loin de jouer l’apaisement, a enfoncé le clou et élargi le champ du révisionnisme : « Il n’y aura pas de séduction communautariste, pas de repentance d’Etat, avec nous l’Histoire ne sera plus un outil de propagande politique (sic), d’auto-flagellation ». Aux oubliettes également, la fragile et insuffisante reconnaissance des crimes coloniaux ! Peu importe le régime politique sous lequel ils ont été commis, avec le Front national, la France n’est jamais responsable. Ni celle de Vichy, ni celle de la Libération, qui a pourtant perpétré les massacres odieux de Setif, Guelma et Kherrata.

 

Avec la plus grande fermeté, nous tenons à rappeler que nous condamnons tous les révisionnismes. L’extrême droite et ses sbires pourront essayer de relativiser tant qu’ils voudront les crimes de la France, ils n’abimeront pas notre mémoire et notre dignité.

JC Bobigny/Drancy-ATMF-UJFP le 12-04-2017

3_Communiqué_FN

 

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