Association des Travailleurs Maghrébins de France
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À rebours du Plan Migrants, la société civile se rassemble autour d’une Conférence nationale citoyenne sur la politique migratoire de la France

Près de 260 associations et collectifs de solidarité et de défense des droits humains lancent l’organisation d’une Conférence nationale citoyenne sur l’accueil et les droits des personnes migrantes en France. Elles publient leur appel sur Mediapart et Bastamag ce 25 juillet.

Cette décision des acteurs associatifs et de citoyens est une réponse au Plan Migrants du Gouvernement publié la semaine dernière. Ce dernier ignore les propositions portées par celles et ceux qui, sur le terrain, agissent pour le respect de la dignité et des droits des personnes migrantes en France, et pallient l’absence ou l’insuffisance de volonté et de moyens de l’État.

Alors que les demandes de dialogue et de concertation des membres de la société civile restent sans réponse, ces derniers décident aujourd’hui de lancer un processus de concertation et de propositions entre tous les acteurs, afin de montrer, expériences à l’appui, qu’il est possible d’accueillir dignement et autrement les migrants dans notre pays.

Cette Conférence nationale citoyenne se tiendra fin 2017.

470 organisations ont adressé le 15 juin dernier au président de la république et au gouvernement un « Appel à un changement radical de politique migratoire en France ».

Cet appel exprimait la volonté des signataires de voir s’engager une politique alternative, respectueuse des droits fondamentaux. Il demandait qu’il soit mis fin aux violences policières à l’encontre des personnes exilées ainsi qu’à l’intimidation de citoyen-ne-s et associations désigné-e-s comme coupables de « délit de solidarité ». Il réclamait, enfin, la tenue d’une large conférence nationale sur les questions migratoires.

Depuis plus de vingt ans, les gouvernements successifs perpétuent une politique de mise à l’écart et d’exclusion. Des milliers d’enfants, de femmes et d’hommes qui ont réussi à atteindre l’Europe, dont la France, souvent au risque de leur vie, voient leurs droits les plus fondamentaux méprisés. Ils et elles sont relégué-e-s, maintenu-e-s dans la précarité, enfermé-e-s, expulsé-e-s, parfois vers des pays où ils et elles sont en danger de mort.

Face à cette situation, des dizaines de milliers de personnes solidaires et des centaines d’associations œuvrent au quotidien et pourvoient au plus urgent. Mais ni leur expertise d’acteur de terrain ni leur volonté citoyenne d’agir pour un accueil digne ne sont reconnues par les pouvoirs publics. Au contraire, ces personnes et associations voient leur action entravée, quand elles ne sont pas traitées comme des délinquantes et poursuivies pénalement.

Le « plan migrants », présenté ces jours derniers par le gouvernement, décidé en quelques semaines, n’est en rien le fruit d’une concertation, encore moins de la réflexion nationale que nous voulons. En outre il est loin d’aller dans le sens de la politique d’hospitalité, de respect du droit d’asile et plus largement de respect des droits humains que nous revendiquons. Non seulement il ne rompt avec aucune des précédentes politiques migratoires, mais il nous enferme encore davantage dans une approche sécuritaire, opposant réfugié-e-s et migrant-e-s, en particulier ceux et celles qualifié-e-s d’« économiques ».

Nous réitérons donc notre appel au lancement d’une conférence nationale sur les migrations, permettant de poser une analyse précise et éclairée de l’accueil des étrangers en France et d’envisager sereinement les façons de construire une politique respectueuse des obligations de la France en matière d’accueil et de respect des droits humains.

Des espaces de débat public ont été ouverts sur d’autres thématiques dans le passé, comme le Grenelle de l’environnement ou les conférences sociales. Nous ne les idéalisons pas, mais nous savons d’expérience que cela a permis aux responsables politiques de s’appuyer sur l’expertise des acteurs de la société civile, des collectivités locales, des chercheur-se-s, pour déboucher sur des propositions d’action nourries de cette concertation.

Notre requête n’a pour l’heure pas été entendue, mais nous ne renoncerons pas à la dynamique de rassemblement manifestée par le succès de notre appel. Nous lancerons une concertation citoyenne mobilisant associations nationales et locales, collectifs de migrant-e-s et citoyen-ne-s réunis dans des initiatives locales de solidarité. Ensemble nous voulons faire émerger une proposition de politique d’accueil conforme à nos valeurs de solidarité et d’humanité.

25 juillet 2017

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Non, le centre « humanitaire » pour migrants de la porte de la Chapelle à Paris n’est pas un modèle

 

Action collective

Non, le centre « humanitaire » pour migrants de la porte de la Chapelle à Paris n’est pas un modèle

 

En écho à la demande adressée au gouvernement par Anne Hidalgo, maire de Paris, de réfléchir à « un plan général d’accueil des migrants en France » avec l’ouverture de camps de premier accueil dans les métropoles régionales – à l’image de celui qu’elle a installé en octobre 2016 porte de La Chapelle, au nord de la capitale –, le ministre de l’intérieur a annoncé mardi 20 juin la possible « ouverture de centres d’accueil » pour migrants sur le territoire français. Le même jour, plusieurs élu.e.s, qui se sont rendu.e.s dans le camp humanitaire de La Chapelle, se sont relayé.e.s pour alerter sur la situation d’engorgement que connaît ce centre, avec «  des tensions à l’entrée » et des rixes qui « se multiplient », et la reconstitution de « campements » rassemblant plus d’un millier de personnes dans le nord de Paris. « Depuis un certain temps », a expliqué Pascal Julien, conseiller de Paris (EELV), « il n’y a plus de sorties, donc plus d’entrées. Ce centre est saturé en permanence ».

Dès l’annonce de la création du centre de la porte de La Chapelle, il était clair que le dispositif n’était susceptible de fonctionner que pour autant qu’à l’issue des quelques nuitées de « mise à l’abri » offertes à Paris aux personnes migrantes ces dernières se voient proposer des places dans des lieux d’hébergement plus pérennes. Ces lieux relevant de dispositifs nationaux, le camp parisien ne peut « se vider » pour accueillir de nouveaux venus que si l’État s’engage dans l’opération, collaborant avec la Ville de Paris. Or les places en centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) continuent de manquer cruellement, et si de nouvelles structures d’accueil de migrants ont été créées récemment, elles ne parviennent pas à pallier l’incapacité de l’État à abriter, constante depuis deux décennies. Ces nouvelles structures ne sont d’ailleurs, tout comme le camp de La Chapelle, que des sas, conçus pour accueillir pour de courtes durées des personnes n’ayant pas encore décidé si elles allaient demander l’asile en France. Faire se succéder des sas à un sas n’a qu’un intérêt pratique : répartir la charge d’un premier accueil sommaire. Mais aussi, ce faisant, disperser, isoler et rendre moins visible.

En réalité, le camp de la Chapelle souffre de bien d’autres défauts que le manque de « fluidité » et la saturation dénoncée par les élus qui soutiennent la maire de Paris. En effet, les personnes qui parviennent, après des jours d’attente, à être accueillies dans la « bulle » parisienne, non seulement ne se voient pas assistées correctement dans leurs démarches en vue d’obtenir la protection internationale dont elles ont besoin, mais sont même empêchées de faire ces démarches. Contraintes de faire enregistrer leurs empreintes digitales à un guichet spécialement ouvert pour elles en préfecture, elles peuvent ainsi être menacées de renvoi – voire renvoyées sans délai – vers des pays par lesquels elles ont transité ou vers leur pays d’origine sans que soit examinée leur potentielle qualité de réfugié. Le camp parisien, loin d’être un lieu d’accueil et de manifester l’hospitalité de la Ville, fonctionne de fait comme un centre de tri, auxiliaire (ou otage ?) de l’administration préfectorale.

La maltraitance administrative qui règne à l’intérieur du centre de la Chapelle, tout comme la maltraitance physique imposée aux personnes qui, jour après jour, essaient d’en franchir les portes et sont, en attendant, contraintes de dormir dans la rue dans un contexte de harcèlement policier maintes fois documenté, ne sont en rien le produit d’un « afflux » insupportable d’exilé.e.s que la France, sixième puissance mondiale, ne pourrait gérer. Conséquences du sous-dimensionnement structurel du dispositif d’accueil des migrant.e.s, elle s’inscrivent dans une stratégie de dissuasion que la France, comme plus généralement l’Europe, opposent aux personnes en besoin de protection.

Oui, des lieux de premier accueil doivent être ouverts, afin que les exilé.e.s cessent d’être réduits à la vie dans la rue, à Paris comme à Calais, à Vintimille ou ailleurs. Mais ces lieux doivent être réellement hospitaliers, conçus de telle sorte que les personnes y soient informées des possibilités qui s’offrent à elles, aidées et accompagnées dans leurs premiers pas en Europe. Accueillies, vraiment. Ensuite seulement, une répartition sur l’ensemble du territoire pourrait être organisée selon la situation de chacun, ses souhaits, les possibilités existantes dans les collectivités. Si un « plan général d’accueil des migrants en France » est mis en place, c’est dans cet esprit qu’il doit être conçu, et non sur le modèle du centre de la Chapelle.

26 juin 2017

Organisations signataires :

  • Actes & Cités
  • Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (Acat)
  • Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie (Acort)
  • Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF)
  • Association Kolone
  • Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE)
  • Cedetim/Ipam
  • Coalition Internationale des Sans-Papiers et Migrants (Cispm)
  • Collectif de sans-papiers CSP 75
  • Collectif de soutien de l’EHESS aux sans papiers et aux migrants-es
  • Collectif nouvelle jungle – Lille nomade
  • Fédération des associations de solidarité avec tous-te-s les immigré-e-s (Fasti)
  • Groupe d’information et de soutien des immigrées (Gisti)
  • Itinérance Cherbourg
  • JRS France
  • La Cimade
  • La Cimade Île-de-France
  • LDH – Fédération de Paris
  • Observatoire de l’enfermement des étrangers (OEE)
  • Quartiers Solidaires
  • Réveil voyageur
  • Revue Pratiques
  • Secours catholique – Caritas France
  • Syndicat des avocats de France (SAF)
  • Syndicat de la magistrature (SM)
  • Syndicat de la médecine générale (SMG)
  • Union syndicale Solidaires

 

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« Donner de la voix à votre abstention » Parrainage de chibani-a-s* par les jeunes

Election 2017
« Donner de la  voix à votre abstention »
Parrainage de chibani-a-s* par les jeunes
Il y a des chibani-a-s qui réclament le droit de vote depuis 1974, malgré des promesses qui n’ont jamais été suivies de fait.  Arrivés à l’âge de retraite, certains n’ont jamais voté de leur vie, alors qu’ils paient leurs impôts locaux et participent pleinement à la vie économique et sociale de la cité.
La France, pays des lumières, restera parmi les derniers pays de l’Europe qui va accorder le droit de vote aux résidents étrangers.
Vous avez votre carte d’électeur et vous ne comptez pas aller voter pour les prochaines élections. Nous vous proposons pendant ces élections de parrainer un chibani-a-s, les oubliés de l’histoire, et leur  permettre  de s’exprimer politiquement, occasion de donner une voix à votre abstention.
Accorder le droit de vote aux résidents étrangers, c’est faire évoluer le droit et enrichir notre démocratie
Notre objectif, c’est de mettre en contact des abstentionnistes avec des chibanis et des chibanias pour se rencontrer et aller glisser un bulletin dans les urnes en respectant leurs vœux !
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Marche pour la Justice et la dignité

Bonne dynamique de l’ATMF dans l’organisation de la marche du 19 mars 2017 #Marche_pour_la_justice_et_la_dignité et une présence importante des membres de l’ATMF

Une marche pour manifester contre le racisme, les violences policieres, la Hogra,la chasse aux migrant-e-s

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Festival Migrations

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Festival Migrations organisé par ATMF BHL, le carreau et l’ASBH, du 6 au 25 mars en Moselle-EST, films, animations, débats…au programme

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Justice et Solidarité pour les résidents du foyer de travailleurs migrants de Boulogne

Capture Dans le climat général, aujourd’hui, anti-réfugiés et anti-immigrés, le foyer des travailleurs immigrés de Boulogne, rue Nationale, a été pris pour cible. Dans la nuit du 15 au 16 décembre 2016, un incendie criminel a été allumé : un mort, plusieurs blessés graves…

Dans l’ambiance actuelle de recherche du profit et de répression des travailleurs, les foyers et leur mode de vie solidaire et collectif dérangent aussi les gestionnaires et les pouvoirs publics qui font tout pour faire disparaitre les activités collectives et solidaires, les salles de réunions et les espaces de convivialité :

Riquet à Paris 19e et Claude Tillier à Paris 12e : fermeture de toutes les salles

Marc Seguin à Paris 18e, Epinettes à Paris 17e, Boulogne : fermeture des cuisines collectives

Foyers Adoma du 95 et du 91 : fermeture de toutes les salles collectives

Résidences sociales issues des foyers de travailleurs migrants : espace collectif réduit à une petite salle, même pour des centaines de résidents.

De plus en plus souvent, les résidents n’ont plus que les couloirs et le local des boites aux lettres pour se retrouver. Casser ainsi toute vie collective, c’est obliger les travailleurs à vivre toute une vie de salarié dans les quelques mètres carrés qu’on leur loue (cher).

C’est inacceptable. C’est indigne.

CONTRE TOUT ACTE RACISTE ET ANTI-IMMIGRÉS, PROTECTION DES FOYERS ET DE LEURS HABITANTS, RÉPARATIONS POUR LES VICTIMES

LES TRAVAILLEURS IMMIGRÉS DU FOYER NATIONALE ONT DROIT A UN FOYER CORRECTEMENT RÉNOVÉ ET ENTRETENU AVEC UNE GRANDE CUISINE COLLECTIVE

LES TRAVAILLEURS IMMIGRÉS DES FOYERS ET DES RÉSIDENCES SOCIALES VEULENT VIVRE DANS DES VRAIS LIEUX DE VIE COLLECTIFS ET SOLIDAIRES.

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Une grande manifestation de solidarité

Dans la nuit du 15 au 16 décembre, un incendie criminel provoqué par un mélange d’hydrocarbures et d’accélérateur de feu  a éclaté au Foyer de Travailleurs Migrants de la rue Nationale à Boulogne Billancourt à 4 heures du matin. Un homme de 36 ans est mort, M. Fousseyni Traoré, en se défenestrant. Un autre est toujours dans le coma, et plusieurs ont été grièvement  blessés. Un acte raciste et xénophobe probable, qui nécessite l’ouverture d’une instruction, et qui s’est produit dans un contexte menaçant pour les  résidents. Ils sont en grève depuis 7 mois contre leur gestionnaire, Coallia, qui a fermé la cuisine collective indispensable et qui fonctionnait depuis 40 ans, dans le cadre d’une politique générale qui vise à transformer les résidents sociaux en clients. D’autre part, la spéculation immobilière veut les chasser du quartier qui se gentrifie depuis le départ des usines Renault. Le Maire (LR) a même demandé la fermeture du foyer !

Suite à cet incendie criminel au Foyer de Travailleurs Migrants, avec les victimes, leurs familles et tous les résidents, une manifestation  a été organisée  mardi 10 janvier 2017.

« Ce FOYER, CONSTRUIT  DEPUIS  40 ANS, EST GERÉ PAR COALLIA (ex AFTAM) QUI A ENGAGÉ  DEPUIS PLUSIEURS ANNEES UNE POLITIQUE «  DE CASSE »  DE CES FOYERS DE TRAVAILLEURS.

PLUSIEURS FOIS, COALLIA A ENVOYÉ LA POLICE RAFLER DES TRAVAILLEURS SANS-PAPIERS HÉBERGÉS PAR LEURS PROCHES, A FERMÉ DES CUISINES COLLECTIVES, DES SALLES DE RÉUNION, A ORGANISÉ UNE CHASSE AUX RÉSIDENTS TRAVAILLANT DANS CES FOYERS (TAILLEURS, CUISINIERS, COIFFEURS, VENDEURS…), A REFUSÉ DE FAIRE LES TRAVAUX INDISPENSABLES Á L’ENTRETIEN DES LOCAUX, CE QUI A OBLIGÉ LES HABITANTS DU FOYER DE BOULOGNE Á ENGAGER DEPUIS 7 MOIS UNE GRÈVE DES LOYERS.

CE N’EST DONC CERTAINEMENT PAS PAR HASARD QUE CE FOYER EN RÉSISTANCE A SUBI CET INCENDIE CRIMINEL, RACISTE SANS AUCUN DOUTE.

MAIS IL FAUT AUSSI ENVISAGER LA PISTE COMMERCIALE, TENANT COMPTE QUE LE FOYER EST SITUÉ SUR UNE ZONE PROPRE Á AIGUISER L’APPÉTIT DES « SPÉCULO-PROMOTTEURS » DE TOUT POIL, CONTRARIÉS QU’UN FOYER ABRITANT QUELQUES CENTAINES D’INDÉSIRABLES, JURANT DANS LE DÉCOR PARCE QU’UN PEU TROP « BASANÉS », ENTRAVE LA CONSTRUCTION D’IMMEUBLES DE HAUT STANDING, D’UN RAPPORT FINANCIER PARTICULIÈREMENT JUTEUX.

NOUS DÉNONÇONS AVEC FORCE LE MÉPRIS DE LA MAIRIE DE BOULOGNE QUI N’A MÊME PAS DAIGNÉ ENVOYER UN DE SES REPRÉSENTANTS, Á COMMENCER PAR LE MAIRE, POUR PRÉSENTER SES CONDOLÈANCES AUX PROCHES DE MONSIEUR TRAORÉ, QUI A PERDU LA VIE, ET DE TOUTES LES VICTIMES DE CE CRIME INTOLÉRABLE.

NOUS EXIGEONS QUE TOUTE LA LUMIÈRE SOIT FAITE POUR TROUVER ET CONDAMNER LES COMMANDITAIRES DE CET INCENDIE ET QU’UNE ENQUÊTE DIGNE DE CE NOM, QUI AILLE JUSQU’Á SON TERME SANS CONTRAINTES, SOIT MISE EN PLACE. »

Les signataires :

Comité de résidents du foyer Nationale et son comité de soutien : APS (Association pour la promotion du Soninké), ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins en France), CGT, Coordinations des délégués des foyers Aftam/Coallia, Adoma, Copaf (Collectif pour l’avenir des foyers), DAL, Droits Devant !, Fasti (Fédé des associations de soutien aux Immigré-e-s), FTCR (Fédé des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives), GISTI, Halem (Habitants de Logements Ephémères ou Mobiles), Intégration 21 et Collectifs des sans-papiers…, Intercollectif parisien de soutien aux migrants,  La Ville citoyenne (Boulogne), LDH (Fédé 92 et Nationale),  Mrap, personnes individuelles de Boulogne et d’ailleurs, Solidaires ….., soutenus par EELV, Ensemble, PCF, PG…

 

 

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Appel à la fermeture des Centres de Rétention et des HOTSPOTS en Europe !

Les Centres de Rétention Administrative sont 393 en Europe et ont la fonction de maintenir enfermés des étrangers en situation administrative irrégulière, avant de les expulser du territoire. Les HOTSPOTS, où des centaines de personnes sont enfermées aux frontières de l’Italie et de la Grèce, servent à identifier, enregistrer et à prendre les empreintes digitales des migrants arrivant en Europe1 , pour après faire le tri entre ceux que l’on accepte sur le territoire européen et à qui on octroiera le droit d’asile, et ceux que l’on ne veut pas et que l’on reconduira dans leur pays. Les Centres de Rétention et les HOTSPOTS sont des lieux d’enfermement d’innocents. Plusieurs enquêtes et témoignages ont révélé comment, dans ces espaces gérés par la police, les personnes deviennent l’objet de violences policières, médicales et psychologiques. Nous refusons cette mesure préventive qui repose sur la représentation de l’étranger comme un danger : danger politique, sanitaire et social. Nous refusons la pratique actuelle xénophobe, de tri et d’expulsion contre leur volonté et avec violence, des étrangers sans titre de séjour. Nous demandons aux Etats Européens de fermer ces lieux, qui servent à établir des différences entre humains, ceux dotés de droits et ceux considérés comme « corps indésirables » en violation des articles 1, 2 & 3 de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme. Nous demandons aux Etats Européens des politiques d’accueil qui répondent à l’urgence de la situation humanitaire aux frontières extérieures et sur le territoire de l’Union Européenne. Nous demandons aux Etats Européens de respecter la liberté de circulation et d’installation inscrite à l’article 13 de la Déclaration Universelle des Droits Humains, et de mettre fin au plus vite à la pratique de l’enfermement de personnes innocentes.

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 signataires
Antirazzista Catanese – Italie
Facebook Rete Antirazzista Catanese
Askavusa – Lampedusa
askavusa.wordpress.comFacebook askavusa
ATMF – Association des Travailleurs Maghrébins de France
atmf.orgFacebook ATMFnational
BAAM – Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants – Paris
baamasso.orgFacebook BAAM Asso
CISPM – Coalition internationale des Sans Papiers et Migrants
Facebook CISPM
CISPM New Haven – Coalition internationale des Sans Papiers et Migrants
CSP93 – Coordination 93 de lutte pour les Sans Papiers – Saint-Denis
csp93.unblog.frFacebook Coordination 93 de lutte pour les sans papiers – CSP93
CSP75 – Coordination 75 des Sans Papiers – Paris
csp75.wordpress.comFacebook coordination75sanspapiers
Fondation Frantz Fanon – France
www.frantzfanonfoundation-fondationfrantzfanon.comFacebook Fondation-Frantz-Fanon
Intégration 21 – Paris
Facebook Integration21
Kâlî – Paris
helloasso.com/associations/kaliFacebook Asso Kâlî
MAFED – Marche des Femmes pour la Dignité – France
marchedeladignite.wordpress.com
Tanquem els CIEs – Barcelona
tanquemelscie.catFacebook ciesno
UNSP – Union nationale des Sans Papiers et migrants
Union syndicale Solidaires – France
solidaires.orgFacebook Union syndicale Solidaires

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Déclaration du 12ème Congrès de l’ATMF pour le droit de vote des étrangers

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Déclaration du Congrès de l’ATMF

7 et 8 novembre 2015

Paris

Pour le droit de vote des étrangers, plus que jamais !

Ne nous laissons pas intimider !

L’ATMF réunie en Congrès les 7 et 8 novembre, condamne avec la plus grande fermeté le coup de grâce porté par le Premier ministre Manuel Valls au droit de vote des étrangers, le 3 novembre dernier. Le choix des mots d’une épitaphe aussi lourde aura toute sorte de conséquences, d’autant plus graves que cet enterrement du droit de vote des étrangers intervient en plein 10e anniversaire des révoltes des jeunes de 2005 et après le grand succès de la Marche pour la Dignité organisée par les femmes de la MAFED du 31 octobre 2015.

 

Même s’il n’est pas la panacée face aux problèmes réels dont souffrent l’immigration et les populations qui en sont issues, la reconnaissance formelle du droit de vote est plus qu’une simple revendication. Il est le symbole du droit à l’égalité et l’égalité des droits pour tous. Il réhabilite l’image des parents issus de l’immigration et leurs statuts en tant que tels. Il fissure le contentieux de l’histoire coloniale pour commencer à rompre avec le ressentiment, produit naturel de l’indigénat. Il emprunte la voie des conquêtes progressistes historiques : l’IVG, les 35 heures et l’abolition de la peine de mort en sont les magnifiques illustrations du siècle dernier !

Ainsi, l’engagement n°50 du candidat François Hollande et la 80ème proposition du candidat François Mitterrand, ne sera plus « reproposée à la prochaine élection présidentielle », selon les mots du Premier ministre, qui enterre ainsi une mesure-phare de la gauche. En la qualifiant de « totem », « inutile », « retour à la naturalisation », Monsieur Valls a oublié que 86% des électeurs  d’origine étrangère font partie de ceux qui ont porté son parti au pouvoir. Il a troqué ce mouvement capital contre l’hypothétique voix de l’extrême-droite et de la droite extrême qui, comme elles l’ont déjà fait, vont préférer l’original à la photocopie.

En ignorant 108 organisations (associatives, syndicales, politiques), plus de 60 000 pétitionnaires, plus d’une trentaine de députés de droite et du centre favorables au droit de vote des étrangers et les 16 pays de l’UE qui ont déjà accordé ce droit, Monsieur Manuel Valls, aggrave au niveau institutionnel les discriminations, les inégalités, les fractures sociales et les dangers qui en découlent forcément.

Quant à l’absence totale d’acte ou de déclaration politique digne de ce nom, le Président de la République et le Parti Socialiste ne font qu’amplifier le sentiment légitime de trahison chez les populations issues de l’immigration et l’ensemble des démocrates de ce pays et au-delà de ses frontières.

Le 12ème Congrès de l’ATMF lance un appel solennel, dans un moment aussi grave, à tous les démocrates d’ici et d’ailleurs, y compris à l’intérieur du Parti socialiste, à redoubler d’efforts dans un travail unitaire jusqu’à l’aboutissement de cette revendication qui, au-delà du droit légitime des étrangers, constitue un véritable poumon du vivre en commun pour notre société dans son ensemble.

 

Paris, le 8 novembre 2015

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La SNCF s’obstine et fait appel : remobilisons les solidarités contre les discriminations !

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La SNCF a fait appel ce 23 novembre 2015 du jugement qui l’a condamnée le 21 septembre 2015 en faveur des cheminots dits contractuels étrangers (voir notre communiqué du 21 septembre 2015), pour la plupart des Marocains. Dont acte.

Leur victoire en première instance a révélé le statut d’indigénat, le traitement d’infra-droit, les discriminations avérées qu’une des plus grandes entreprises françaises a pratiqué pendant plus de 40 ans.

Si les indemnités que la SNCF a été condamnée à payer sont bien en-deçà du préjudice que les cheminots étrangers ont subi, cette victoire est totale quant au recouvrement de la dignité de travailleur.

L’égalité entre cheminots français et immigrés est enfin obtenue au bout de presque 20 ans de combats. Une victoire aussi et surtout pour tous les discriminé-e-s quelque soit leur condition. Et qui ouvre de nouvelles voies pratiques, des formes de lutte exemplaires, des espoirs réalisables, des résistances solidaires, en France et au-delà.

Si la SNCF fait appel du jugement du 21 septembre 2015 alors qu’en termes financiers cela ne lui coûte même pas la moitié de la masse salariale qui  est due aux cheminots étrangers, n’est-ce pas la volonté de contrer l’esprit de conquête des droits par la lutte déterminée et sa réappropriation par tous les discriminés qui motive, sur le fond et stratégiquement, la décision d’appel de la SNCF ?

Voici pourquoi nous appelons tous les cheminots, français et immigrés, à se mobiliser au niveau national et localement, autour de l’égalité des droits pour tous les cheminots. Nous appelons les associations issues de l’immigration et leurs partenaires à appuyer et à relayer l’implication des organisations syndicales ouvrières : Sud-rail, CGT, CFDT, FO et CFTC pour faire aboutir notre lutte commune contre toutes les formes de discrimination.

L’ATMF est résolument mobilisée avec son réseau, ses partenaires en France et dans les pays d’origine d’agir y compris par la constitution de partie civile, pour soutenir, médiatiser et accompagner la lutte des cheminots.

Nous appelons nos partenaires, individuels et collectifs dans les pays dont sont originaires les cheminots discriminés, à solliciter des juristes pour affirmer et défendre leur cause auprès de leurs familles restées au pays et auprès des médias locaux.

Enfin, nous appelons toutes les forces qui luttent pour le droit à l’égalité, en général, à dénoncer, devant leurs représentations officielles et par tous les moyens, le silence des Etats coresponsables des conventions bilatérales, écrites ou tacites, qui génèrent et/ou renforcent les discriminations et les inégalités contre l’immigration.

 

ATMF

Paris, le 26 novembre 2015