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TRAPPES ET LA VERRIÈRE : DU RACISME D’ÉTAT À LA TUERIE DE MASSE

Communiqué, Paris 24 octobre 2026

Ce n’est pas un fait divers. C’est un crime politique.

Ce vendredi 23 octobre, l’horreur a frappé Trappes et La Verrière.

Des personnes racisées, des voisins, des mères, des pères, des frères, des sœurs et des enfants de nos quartiers ont été ciblés en pleine rue par la haine raciste.

Face à l’effroi, face aux corps et aux larmes des familles, l’ATMF refuse l’imposture des discours officiels.

Ce massacre n’est ni un accident, ni une fatalité imprévisible.

C’est un carnage préparé, l’aboutissement sanglant d’une longue entreprise de déshumanisation, de stigmatisation et de criminalisation des personnes racisées.

Notre douleur est un cri de rage. Nos morts ne seront pas effacés.

Quand le venin du pouvoir arme les bras assassins

Depuis des décennies, un racisme d’État, nourri des réminiscences de l’histoire coloniale, empoisonne l’air que nous respirons.

Dans nos rues, nos transports, nos écoles et nos lieux de travail, la France populaire et racisée est humiliée, traquée, suspectée et sommée de s’excuser d’exister.

Aujourd’hui, le mépris a franchi un seuil irréversible : lorsque l’État et ses plus hauts dirigeants adoptent le vocabulaire de l’extrême droite, ils fabriquent la violence qu’ils prétendent ensuite déplorer.

Des mots de la République au sang des victimes

Ce crime ne surgit pas du néant. Il est le fruit toxique d’une surenchère verbale et politique légitimée au plus haut sommet de nos institutions.

La déshumanisation des quartiers populaires : lorsque Nicolas Sarkozy promettait de « nettoyer au Kärcher » les cités, il transformait des lieux de vie en espaces à purger. Lorsque Gérald Darmanin a offert la caution d’un ministère au mot « ensauvagement », il inscrivait dans la parole publique la théorie identitaire d’un prétendu recul de la civilisation.

L’assignation raciale et le mépris héréditaire : lorsque Bruno Retailleau a évoqué une « régression vers les origines ethniques », il a réduit des citoyens français à leur sang et à leur ascendance. Lorsque la sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio a lancé : « Ils sont comment français ? », elle a imposé une citoyenneté au rabais et une ségrégation morale au cœur de la République.

La criminalisation du quotidien : lorsqu’un ministre de l’Intérieur désigne les « rayons halal » comme matrices du « communautarisme », ou lorsque Manuel Valls affirme que « Marianne n’est pas voilée parce qu’elle est libre », une assiette ou un vêtement deviennent des signes de trahison nationale.

La chasse aux sorcières et la haine des élus racisés : lorsque le gouvernement traque un prétendu « islamo-gauchisme » à l’université, ou lorsque des élu·e·s municipaux racisés sont traité·e·s en parias ou qualifié·e·s d’« islamistes », le message est limpide : toute voix racisée qui s’élève doit être bâillonnée.

La machine médiatique de la haine

Cette offensive au sommet a trouvé son bras armé dans des médias de haine.

Le matraquage raciste de CNews, des médias du groupe Bolloré et de certains médias publics transforme chaque jour la xénophobie en « bon sens populaire ». En martelant les thèmes de la « priorité nationale », de la « submersion » ou de la haine des musulmans, des Noir·e·s et des Arabes, ces officines préparent les esprits à considérer les personnes racisées comme des ennemies.

Ajoutée à cela, la mécanique du tri social, contrôles au faciès, impunité des violences policières, lois d’exception et politiques discriminatoires, finit par convaincre les fanatiques que les personnes racisées sont des cibles légitimes.

Debout contre la terreur raciste

Lorsque la couleur de peau ou l’origine deviennent l’explication de la violence, lorsqu’une prière ou un repas font de vous un ennemi de l’intérieur, plus personne n’est en sécurité.

À Trappes et à La Verrière, la haine a tué.

Nous ne nous tairons plus.

Nous refusons les condoléances hypocrites d’un pouvoir qui alimente le poison qu’il prétend combattre.

L’ATMF appelle à :

– Faire bloc contre le racisme, l’islamophobie et toutes les formes de haine raciste ;

– Exiger vérité, justice et protection effective pour les victimes et leurs familles ;

– Obtenir le retrait de toutes les politiques discriminatoires ;

– Faire cesser la banalisation des discours racistes dans l’espace public, médiatique et politique ;

– Poursuivre la lutte jusqu’à ce que justice et égalité soient rendues à nos morts et à nos vivants.

Honneur aux victimes.

Force aux familles, aux habitant·e·s de Trappes et de La Verrière.

Ni oubli, ni pardon : justice pour toutes et tous.

ATMF 54Atmf Section du Bas-RhinATMF GennevilliersATMF Association des Travailleurs Maghrébins de France

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