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17 octobre 1961, 65e année

Une journée bien gazée à Strasbourg.

17 octobre 1961, 65e année

Intervention de l’ATMF

Merci de votre présence.

Cette intervention s’inspire du bouquin d’Olivier Le Cour Grandmaison, « Oradour coloniaux français ».

D’abord, une pensée émue à la mémoire de Julie-Marie Reibaldi qui nous a quittés il y a à peine 15 jours, et à la mémoire d’Alfred Zimmer qui a mis les voiles fin juin dernier.

Julie-Marie et Alfred demeurent de notre combat continu pour l’égalité et la justice, pour l’amitié entre les peuples et contre le racisme.

Aussi bien Julie Marie pour ATTAC Strasbourg que Alfred pour le MRAP ont activement œuvré pour l’obtention de cette Place.

Cette belle Place au bord de l’eau bien ombragée avec de généreux platanes est la concrétisation de la démarche du Collectif d’ailleurs nous sommes d’ici composé, d’alors, de plusieurs structures associatives, syndicales et politiques dont les plus actives étaient ATTAC, l’ATMF, le MRAP, le NPA et le PCF.

La démarche a débuté en 2011 et couronnée le 17 octobre 2013.

Le Collectif d’Ailleurs Nous sommes d’Ici émane du collectif national appelé ainsi lors de l’appel du 28 mai 2011, date d’anniversaire de la création du sinistre Ministère de l’immigration et de l’identité nationale, appel initié par Olivier Le Cour Grandmaison pour une mobilisation nationale et unitaire contre le racisme, contre la politique d’immigration du gouvernement et pour la régularisation des sans-papiers.

A propos de d’Ailleurs nous sommes d’ici, Patrick Chamoiseau dans son livre Frères migrants, p.115 écrit «J’ai aimé cette formule de je ne sais plus quelle manifestation : « D’ailleurs nous sommes d’ici ». Elle chante en moi depuis longtemps.»

Le massacre du 17 octobre a été provoqué par le couvre-feu raciste qui a été imposé aux seuls FMA (français musulmans d’Algérie).

Un couvre-feu raciste qui a abouti, le 17 octobre 1961, selon Olivier Le Cour Grandmaison « au plus important massacre de l’après seconde guerre mondiale, qui s’est soldé par la mort de très nombreux manifestants et manifestantes (entre 200 et 300 victimes) exécutés sommairement, battus, précipités et noyés dans la Seine.

Un crime contre l’humanité par définition imprescriptible, soutenait l’avocate Nicole Dreyfus qui a défendu la plainte déposée en 1998 par des victimes et des descendants de victimes, en vain ! » p.131

Ce massacre est un crime d’Etat, car il a été « conçu par les autorités politiques et militaires et commis par des hommes de rang ou des supplétifs » p.101. Se référer à ce sujet aux déclarations de Maurice Papon, Préfet de police de Paris à cette époque.

65 ans aujourd’hui et cette reconnaissance se fait toujours attendre !

Mais alors, pourquoi ce manque de courage et d’éthique de responsabilité « des autorités politiques françaises à bien qualifier ces faits ? d’autant que cette négation perpétuelle de dire la vérité a de « terribles effets sur les victimes et leurs descendants » p.146

Toute l’histoire de la colonisation française fut émaillée de massacres.

Au-delà des atrocités commises en Algérie jusqu’aux enfumades des grottes refuges telles des chambres à gaz, des ratissages et destruction de villages entiers, exécutions sommaires…

comme d’autres massacres, juste après la 2ème guerre, on peut citer comme exemples :

– le massacres de Sétif, Guelma et Karata, du 8 mai 1945 (jour la Libération) jusqu’au mois de juin; près de 30.000 à 40.000 tués,

– le massacre au camp militaire de Thiaroye (près de Dakar) le 1er décembre 1944, où près de 300 à 400 tirailleurs sénégalais furent tués. Tués juste parce qu’ils réclamaient le paiement de leurs pensions,

– les massacres de Madagascar, de 1947 à 1949, contre les indépendantistes, qui se sont soldés par 50 000 à 80.000 tués.

De cette politique colonialiste raciste, en France aujourd’hui, il y a de « beaux restes ».

Les populations issues des anciennes colonies sont constamment bouc-émissairisées, racisées, accusées de séparatisme …

et tous ceux qui s’élèvent contre cette politique raciste sont aussi accusés de wokisme, communautarisme, islamogauchisme …

Aujourd’hui des associations comme le CCIF (Collectif contre l’islamophobie en France) ont été dissoutes,

des lois scélérates sont promulguées comme celle appelée « présomption de légitime défense » qui n’est autre qu’un permis de tuer pour la police, dont les principales victimes seront bien évidemment les racisés comme c’était déjà le cas depuis belle lurette.

En France aujourd’hui, des mouvements sociaux sont criminalisés, certaines manifestations de solidarité sont interdites, des armes de guerre sont utilisées contre le mouvement des lycéens où des mômes sont mutilés, contre les gilets jaunes où une 30aine des personnes ont été éborgnées.

Dans ce contexte bien difficile pour les classes laborieuses, la convergence des luttes et des solidarités est une nécessité. Une nécessaire solidarité avec le mouvement des lycéens, celui des gilets jaunes, des travailleurs, des chômeurs et des précaires …

Sans oublier la solidarité avec le peuple palestinien victime d’un monstrueux génocide commis par Israël et la France est complice.

Cette France-là est en décadence, c’est une déchéance,

telle une vieille mine d’hypocrisie assassines;

reconnaître la Palestine et la cogénocider en sourdine

par les armes et la famine de Gaza à Jénine.

Merci bien à vous cordialement.

A.F-pour l’ATMF, le 17 octobre 2026.

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