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Course contre la montre de l’ONU pour retrouver des Africains dans le désert

jeudi 13 octobre 2005, 16h06

RABAT (Maroc) (AFP) – L’ONU était engagée jeudi dans une course contre la montre pour retrouver des Africains affirmant être sans eau après avoir été lâchés lundi par les forces marocaines dans le désert du Sahara occidental, alors que les expulsions par avion se poursuivait à partir d’Oujda.

Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) est « très préoccupé » par le sort d’un groupe de migrants africains abandonnés par les forces marocaines dans le désert du Sahara occidental et qui ont lancé jeudi un cri de détresse.
« Nous sommes très préoccupés. Nous voulons savoir ce qui se passe », a indiqué à l’AFP une porte-parole du HCR, Astrid Van Genderen Storp, jointe à Genève par téléphone depuis Rabat.

« L’accès est très difficile. Nous sommes en contact avec l’organisation Médecins sans frontières, des ONG espagnoles sur place ainsi que les autorités marocaines et algériennes », a-t-elle ajouté.

« La Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) est à la recherche de subsahariens dans le désert », a précisé Mme Van Genderen Storp.

Le HCR s’intéresse à trois endroits. « Un groupe se trouve peut-être à proximité de la ligne du cessez-le-feu, à 15 km au sud de Smara », croit savoir la porte-parole du HCR. Par ailleurs, une équipe du HCR se trouve près de Nouâdhibou, la dernière ville mauritanienne avant la frontière avec le Sahara occidental. Une dernière équipe pourrait se rendre près de Guelmim, où sont regroupés des bus de migrants africains.

« Nous n’avons plus d’eau. Nous allons mourir », a affirmé par téléphone un Malien abandonné dans le désert, joint par l’AFP au téléphone. Il assure faire partie d’un groupe d’une trentaine de personnes, qui se partage un seul téléphone portable. Le groupe dit avoir été abandonné par les forces marocaines lundi soir dans le désert, après être passé par Smara, dans le Sahara occidental.

Par ailleurs, selon une source des services de sécurité marocaine, 304 émigrants clandestins qui avaient été convoyés lundi à Dakhla, dernière grande agglomération du Sahara occidental avant la Mauritanie, étaient dirigés en bus vers le camp militaire de Bou Izakarn (150 km au sud d’Agadir).

Dans cette position de l’armée marocaine se trouvent déjà 800 émigrants clandestins arrivés en début de semaine et qui attendent de savoir vers où ils vont être dirigés.

Par ailleurs, une journaliste de l’AFP a vu arriver mercredi en fin d’après midi dans un poste de garnison de Guelmim, deux cents Africains à bord de quatre bus. L’un d’eux, un Sénégalais, a déclaré qu’il venait de la région proche de l’enclave espagnole de Melilla.

Un responsable de la sécurité marocaine a affirmé mardi soir qu’il y avait eu « une erreur d’aiguillage » et que le Maroc avait renoncé à ce projet pour éviter toute discorde avec la Mauritanie.

D’après une source sécuritaire mauritanienne, Nouakchott avait exprimé mardi des réticences à recevoir les émigrants refoulés du Maroc à bord d’autocars « sauf preuves matérielles de leur transit par le territoire mauritanien ».

Enfin les refoulements se poursuivaient à partir d’Oujda (nord-est). Selon le préfecture, 689 Sénégalais ont déjà quitté le Maroc pour leur pays à bord de cinq avions et il en restait 93 qui devraient partir dans la soirée.

Par ailleurs, 296 Maliens ont regagné mercredi Bamako et 500 autres devraient les suivre jeudi, à bord d’appareil marocains et d’autres affrétés par l’Organisation Internationales des Migrations.

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Le Maroc expulse une centaine d’immigrés clandestins maliens

Jeudi 13 octobre 2005, 15h23

OUJDA, Maroc (AP) – Le Maroc a expulsé jeudi matin un nouveau groupe d’immigrés clandestins maliens, après les tentatives désespérées de nombreux Africains de gagner les enclaves espagnoles Ceuta et Melilla depuis le sol marocain.

Environ 140 jeunes hommes ont embarqué à bord d’un avion affrété sur l’aéroport d’Oujda-Angad à destination de Bamako, la capitale du Mali.

Un autre vol devrait quitter le Maroc dans la journée, portant à 360 le nombre d’immigrés clandestins maliens expulsés jeudi. Un autre appareil devait rapatrier des Sénégalais dans la soirée. AP

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Le Maroc renonce à expulser des émigrants par la Mauritanie

mercredi 12 octobre 2005, 20h10

GUELMIM (Maroc) (AFP) – Le Maroc a renoncé mercredi à expulser des émigrants africains par la Mauritanie et huit cents d’entre eux étaient regroupés mercredi dans un camp militaire du sud marocain.

Hicham Rachidi, un responsable de l’Association des familles des victimes de l’immigration clandestine (AFVIC), a assuré à l’AFP que ces 800 émigrants auraient dû être conduits vers la frontière mauritanienne.
« Dans un premier temps, les autorités nous ont dit que les bus partis dimanche de Bouarfa devaient s’arrêter à Guelmim (700 km au sud de Rabat) mais nos équipes qui suivaient le bus se sont rendues compte qu’ils avaient dépassé Guelmim et s’approchaient de la frontière mauritanienne », a-t-il affirmé.

« C’est sur notre insistance que les autorités ont demandé aux bus de faire demi-tour », a-t-il ajouté.
« Ces 800 émigrants ont été convoyés ces derniers jours vers le sud », a confirmé à l’AFP Federico Barroeta, un délégué de Médecins sans frontières (MSF) qui se trouvait devant le camp de militaire à proximité de Bou Izakarn (150 km Agadir). « Les autorités militaires ne m’ont pas autorisé à les rencontrer », a-t-il assuré.

Interrogé par téléphone, Emmanuel, 23 ans, originaire de Limbe (sud-ouest du Cameroun), a affirmé être arrivé dans ce camp lundi après avoir été bringuebalé durant une semaine de Nador, en face de l’enclave espagnole de Melilla, à Oujda (nord-est), puis dans le désert avant de revenir à Bouarfa (est).
Il a ensuité été convoyé par bus jusqu’à El Ayoun, chef-lieu du Sahara occidental avant de terminer ses tribulation à Bou Izakarn. « Nous recevons chauqe matin, un litre d’eau, du pain et une boite de sardines. Nous ne savons pas ce que nous allons devenir », a-t-il expliqué.

Par ailleurs, une journaliste de l’AFP a vu arriver mercredi en fin d’aprés midi dans un poste de garnison de Guelmim, deux cents émigrants subsahariens à bord de quatre bus. L’un d’eux, un Sénégalais, a déclaré qu’il venait de la région de Melilla.

Un responsable de la sécurité a affirmé mardi soir qu’il y avait eu « une erreur d’aiguillage » et que le Maroc avait renoncé à ce projet pour éviter toute discorde avec la Mauritanie.

D’après une source sécuritaire mauritanienne, Nouakchott avait exprimé mardi des réticences à recevoir les émigrants refoulés du Maroc à bord d’autocars « sauf preuves matérielles de leur transit par le territoire mauritanien ».
Une source diplomatique mauritanienne a assuré de son côté que des émigrants étaient arrivés à Dakhla pour être expulsés dans leur pays d’origine par des avions Hercules C130 de l’armée royale.

Par ailleurs, 217 émigrants se trouvaient mercredi à Dakhla, dernière grande ville du Sahara occidental avant la Mauritanie, selon un responsable de la préfecture dans cette ville.

Il a précisé qu’il attendait les instructions pour savoir où ces immigrants devaient être conduits. Selon le ministre de l’Intérieur, Moustapha Sahel, ils devraient être rapatriés vers Oujda.

Par ailleurs, cent-quarante émigrants maliens, sur les 606 répertoriés, sont arrivés mercredi à Bamako à bord d’un appareil de la Royal Air Maroc en provenance d’Oujda. Plusieurs vols doivent avoir lieu mercredi soir et jeudi pour le Mali et le Sénégal.

Quatre avions Boeing 737, avec 140 personnes à bord de chaque vol, sont prévus, ainsi qu’un Airbus A-320, affrété par l’Organisation internationale de la migration (OIM), pouvant contenir 250 personnes, a précisé la MAP.

Plus d’un millier d’émigrants sénégalais et maliens qui avaient tenté de gagner l’Europe en passant par le Maroc devraient être rapatriés dans leur pays d’origine. 549 Sénégalais ont déjà été rapatriés par avion.

Trois demandeurs d’asile sont par ailleurs en voie d’expulsion du Maroc et deux militants de l’Association des familles et des victimes de l’immigration clandestine (AFVIC) qui les accompagnaient sont convoqués au tribunal de Taza le 19 octobre pour « transport illégal d’immigrants ».

L’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) a demandé mercredi aux autorités marocaines « le libre accès au millier d’immigrants abandonnés dans la région de Bou-Izakarn (650 km au sud de Rabat, ndlr), afin de leur porter assistance ».

« Parmi eux, se trouvent des femmes enceintes et des enfants », a écrit MSF dans un communiqué.
Enfin, le commissaire européen en charge du dossier Franco Frattini a révélé que 20.000 immigrants sub-sahariens sont en attente en Algérie prêts à commencer leur voyage vers les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla et 10.000 autres sont déjà au Maroc.

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Deux militants AFVIC accusés de transport de migrants irréguliers

Info AFVIC

Deux militants de la seconde équipe de l’AFVIC accusés de transport de migrants irréguliers vont être déférés devant le procureur de Taza. Deux demandeurs d’asile en possession d’un récépissé et un migrant en situation régulière risque fortement d’être refoulés vers l’Algérie.

Deux demandeurs d’asile en possession d’un récépissé et un migrant en situation régulière risque fortement d’être refoulés vers l’Algérie.

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Récit d’une mission de l’AFVIC et de la Cimade.

Refoulements et expulsions massives de migrants et demandeurs d’asile :

récit d’une mission de l’AFVIC et de la Cimade.
du 7 au 9 octobre 2005

*Ce rapport sera actualisé en fonction de l’évolution de la situation qui prévaut actuellement

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Ceuta et Melilla : l’UE déclare la guerre aux migrants et aux réfugiés migreurop

Depuis plusieurs années engagée dans une guerre larvée contre les migrants, l’Union européenne a désormais franchi, à sa frontière sud, le cap de la guerre ouverte. En quelques jours, plus de dix personnes ont été tuées par balle en tentant de franchir la frontière entre le Maroc
et les territoires espagnols de Ceuta et de Melilla. Des dizaines d’autres sont très grièvement blessées, et plusieurs centaines ont été déportées et abandonnées, sans eau ni vivres, dans le désert du Sahara.
Pour tenter d’endiguer « l’invasion » de ceux qui ne sont désignés que comme des « clandestins », des murs de plus en plus haut sont érigés, des dispositifs de plus en plus sophistiqués sont mis en place pour protéger de l’ennemi subsaharien ces îlots d’Europe en terre africaine.

Dossier sur la mise en péril de la protection des réfugiés autour des événements qui se déroulent actuellement au Maroc dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla.
Consulter le dossier

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Appel des organisations démocratiques des marocains au Pays-Bas : Nous sommes tous des migrants Africains:

Le Maroc est devenu une zone de sous-traitance et de triage pour l’immigration africaine vers l’Europe. Des centaines d’immigres subsahariens sont déportés par les autorités marocaines et jetées dans des zones désertiques ou ils risquent de périr de faim et de soif . En dix jours, 14 personnes ont trouves la mort sous les balles des forces de l’ordre marocaines ou étouffés et écrasés en tentant de franchir le double grillage métallique dressé autour des enclaves de Ceuta et Melilla pour protéger le fort Europe.

Ceux, qui sont au péril de leur vie ont réussis a franchir les barbelés sont refoulés par les autorités espagnoles vers le Maroc et transportes mini militari par les autorités marocaines dans les confins désertiques entre le Maroc et l’Algérie ou ils errent sans eau ni nourriture, au grand mépris de toutes les lois nationales et internationales de protection des migrants, de demandeurs d’asile, et de respect de la vie humaine.

Arrestations, déportation, mais aussi ratissage . Les autorités marocaine font recours a la gendarmerie et aux forces auxiliaires pour ratisser systématiquement les forets et de l’ensemble des endroits ou les migrants africains sont censé trouver refuge. Ceci en violations grave avec les conventions internationales pour la protection des réfugiés et des droits de l’homme, a un moment ou le Maroc prétend tourner la page des années de plomb.

Nous migrants marocains aux Pays-Bas, nous avons honte de ces violences dont sont victimes les migrants africains au Maroc et aux portes de l europe. Nous dénonçons avec vigueur ces violations flagrantes des droits de l homme dont les autorités marocaine et espagnoles sont responsable et dont le donneur d’ordre est l’Union Européenne.

Nous demandons l’arrêt immédiat de ces violences et la protections des migrants africains
Nous exigeons que les autorités marocaines et espagnoles respectent les droits des migrants et les conventions internationales des droits de l’homme et de la protection des réfugiés.
Nous lançons un appel aux ONG des droits de l’homme et de solidarité et aux forces démocratiques pour venir en secours aux africains
Pour faire toute la lumière sur ce drame une enquête neutre s’impose pour rétablir les victimes dans leur droits et châtier les coupables
Nous appelons a un rassemblement de solidarité avec les migrants Africains qui aura lieu :

Le vendredi 14 octobre 2005

14 H00 devant l’ambassade du Maroc a Oranjestraat 9 Den-Haag

15H00 devant l’ambassade de l’Espagne a Lange Voorhout 50 Den Haag

Contact : Emcemo tel :003120 4288825 fax :003120 4636222 mail : info@emcemo.nl

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Le Maroc critiqué par l’Onu pour l’expulsion de clandestins

mercredi 12 octobre 2005, 18h18

RABAT (Reuters) – Les autorités marocaines, soucieuses d’endiguer le flot d’immigrés en provenance d’Afrique sub-saharienne, ont acheminé mercredi par avion 139 clandestins vers le Mali et annoncé de nouvelles expulsions, malgré de vives critiques des Nations unies.

Le Maroc, dit-on de source autorisée à Rabat, s’attend par ailleurs à conclure un nouvel accord avec l’Espagne pour renforcer la lutte contre l’immigration clandestine.

« D’autres groupes d’immigrés maliens seront ramenés à bord de quatre autres vols à partir d’Oujda aujourd’hui et demain, ce qui portera à 606 le nombre de Maliens expulsés », a declaré un responsable du gouvernement sous le sceau de l’anonymat.

Oujda, sur la côte méditerranéenne, est un point de passage très utilisé par les clandestins venant de l’Algérie voisine.

Le Maroc, qui a déjà refoulé lundi et mardi vers Dakar 549 immigrés sénégalais, s’est engagé à expulser les clandestins qui transitent sur son sol pour tenter de passer en Europe, notamment via les enclaves espagnoles de Ceuta et Mellila.

« L’Etat marocain prend ses responsabilités dans le combat contre l’immigration clandestine et est décidé à protéger ses frontières », a déclaré mardi soir le vice-ministre des Affaires étrangères, Taïeb Fassi Fihri.

« PAS UN EURO » DE L’UE

A Genève, le rapporteur spécial de l’Onu sur la question des droits des immigrés, Jorge Bustamante, a exhorté Rabat à suspendre ce pont aérien en faisant valoir qu’il viole les conventions internationales.

« Dans de telles conditions, les expulsions collectives mettent en danger le droit à la vie », a-t-il dit dans un communiqué. « J’invite le gouvernement marocain à suspendre de toute urgence ces expulsions collectives ».

Il a par ailleurs demandé aux autorités espagnoles et marocaines de mener une enquête conjointe sur le décès de 11 immigrés près des enclaves espagnoles d’Afrique du Nord. Les forces de l’ordre pourraient être responsables de ces morts.

De leur côté, Fihri et Moustafa Sahel, le ministre marocain de l’Intérieur, ont dénoncé le fait que Rabat ne recevait « pas un euro » de l’UE pour mener la lutte contre l’immigration clandestine.

« L’immigration clandestine est liée à de nombreux facteurs et implique de nombreux pays. Pourquoi ne montrent-ils du doigt que le Maroc? », a déclaré Sahel.

Il a notamment demandé à l’UE de faire pression sur l’Algérie pour qu’elle empêche les clandestins de transiter par son territoire pour rejoindre le Maroc.

Des centaines d’Africains ont tenté ces dernières semaines de gagner l’Europe via Ceuta et Melilla, ce qui a amené le Maroc et l’Espagne à renforcer la surveillance à leurs frontières communes.

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La presse espagnole s’indigne de «la caravane de la honte»

«Caravane de la honte» (ABC), «Caravane de l’enfer» (La Razon): la presse de droite fustige le convoiement en bus de centaines d’Africains menottés vers la frontière mauritanienne, aux confins du désert marocains. «Leur abandon en plein désert par la police marocaine et les images d’émigrants menottés dans un bus et appelant à l’aide ont à nouveau rendu manifeste le mépris du régime de Rabat envers les droits de l’homme», écrit El Mundo (centre droit).

Habituellement très critique envers le Maroc, «El Mundo» dénonce «l’inexplicable tolérance du gouvernement envers le Maroc». Il reproche à José Luis Rodriguez Zapatero d’avoir laissé pourrir la question de l’immigration clandestine vers les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. «Ce n’est que lorsque la situation est devenue insupportable que le gouvernement a pressé, diplomatiquement, Rabat, qui a agi, mais avec des méthodes inhumaines», écrit le quotidien. Il n’existe «pas de solution magique», reconnaît le journal qui prône un «indispensable accord de coopération entre l’Union européenne et les pays d’origine» de ces Africains qui tentent de gagner l’Europe via le Sahara.

Pour «La Razon» (droite), «peu d’images ont causé autant d’indignation dans la société espagnole» que celles de «ces immigrants menottés et traités comme des animaux par le gouvernement marocain pour être transportés vers un lieu inconnu». «Depuis qu’ont commencé les avalanches de subsahariens (aux frontières de Melilla et Ceuta avec le Maroc), le gouvernement (espagnol) a commis erreur sur erreur: de l’imprévision, au déploiement de l’armée – comme si elle était une ONG – jusqu’à l’invocation d’un accord vieux de treize ans pour refouler les émigrants au Maroc, sans un minimum de garanties», écrit «La Razon».

Le premier quotidien espagnol El Pais (centre-gauche, pro-gouvernemental), moins critique, souligne que le problème concerne de nombreux autres pays que le Maroc et l’Espagne, citant l’Algérie «qui refuse de coopérer» en refusant les clandestins refoulés à sa frontière par le Maroc. «L’Espagne ne pouvait permettre que l’on prenne d’assaut sa frontière chaque nuit, et pour cette raison, ne pouvait cesser d’exiger du Maroc qu’il applique l’accord de réadmission des émigrants irréguliers. Mais au vu de ce qui s’est passé, il convient d’ajouter que le gouvernement aurait dû joindre à cette exigence celle d’un traitement humanitaire pour les Subsahariens expulsés», écrit le journal sous le titre «Ils ne sont pas du bétail».

liberation.fr

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Le Maroc continue de refouler les migrants

APRÈS AVOIR ÉTÉ REFOULÉS et pourchassés, les milliers de migrants ayant participé aux prises d’assauts des fortifications érigées à Ceuta et Melilla, postes avancés de l’Europe, sont actuellement dispersés à travers le désert ou renvoyés dans leur pays d’origine par des autorités marocaines se refusant à devenir «la poubelle de l’Europe», selon le mot du préfet de la ville d’Oujda, Mohamed Ibrahimi.

Près de 250 émigrants, transportés sous escorte à bord de cinq autocars, ont été «déposés» hier à la frontière avec l’Algérie, à une centaine de kilomètres au sud-est de Guelmim (Maroc), dans une zone désertique. Plusieurs centaines d’autres, à bord de plus de vingt bus, devaient arriver dans cette même ville afin d’être transférés sur la frontière entre le Sahara occidental, administré depuis 1975 par le Maroc, et la Mauritanie.

Plus en amont, dans la ville d’Oujda (Maroc), 1 200 émigrants maliens et sénégalais ont été regroupés dans deux centres. Selon plusieurs témoignages, ils auraient été récupérés dans le désert par les autorités marocaines après y avoir été abandonnés sans eau ni nourriture.

Dans les prochaines quarante-huit heures, trois vols de la compagnie Royal Air Maroc devraient rapatrier des migrants sénégalais vers Dakar et trois autres vols devraient ramener des Maliens vers Bamako. «Les rotations commenceront dans la matinée à partir de l’aéroport d’Oujda», a annoncé le ministère de l’Intérieur marocain. Information confirmée par l’ambassadeur du Sénégal au Maroc, Ibou Ndiaye, qui a précisé que l’avion mis à disposition des autorités sénégalaises «ne compte que 140 places».

Inanité européenne

Enfin, à Tanger, une ville proche de l’enclave de Ceuta, un groupe de 73 émigrants africains était toujours hébergé dans un centre social après avoir été expulsé par l’Espagne. Ces 73 migrants figuraient au nombre des rares ayant réussi à franchir le grillage de Melilla.

Plus d’une semaine après les premiers heurts entre forces de l’ordre et migrants tentant le passage en force, l’Europe a toujours du mal à réagir. Dépassés et seuls face aux événements, les Marocains ont décidé d’accentuer la pression. Le préfet de la ville d’Oujda a ainsi souligné que «l’Union européenne ne doit plus limiter le problème de l’émigration au seul cadre maroco-espagnol». «Le Maroc, a-t-il ajouté, ne pourra pas résoudre le problème tout seul et il ne pourra pas non plus être la poubelle de l’Europe.»

Pour le quotidien Aujourd’hui le Maroc, l’image du pays a été gravement «écornée» en raison du drame des Africains errant dans le désert «en haillons», mais de noter : «Le Maroc passe pour le pays qui maltraite et tue même les clandestins subsahariens alors qu’il est victime de ce mouvement migratoire sans précédent.» L’éditorialiste du quotidien s’en prend vivement à l’Espagne qui se livrerait «à un commerce sordide avec le sang africain» en se recroquevillant «sur deux enclaves coloniales ridicules».

Un fossé de trois mètres autour de Melilla

A Melilla, un eurodéputé espagnol de la coalition communiste Izquierda Unida a estimé que le chef de gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero, était «coresponsable» de la mort de six candidats à l’immigration jeudi dernier : «Ces personnes devaient être accueillies. Demander l’aide du Maroc, qui n’a fait que tirer, est quelque chose d’inacceptable. Nous n’avons pas besoin de ce type d’aide», a affirmé Willy Meyer. La vice-présidente du Parlement européen, Sylvia-Yvonne Kaufman, et la présidente de la Commission de coopération et développement, sont arrivées hier à Melilla pour y évaluer la situation. Selon le journal espagnol El Mundo, l’armée marocaine aurait décidé de creuser un fossé de trois mètres de profondeur autour d’une partie de l’enclave de Melilla afin de bloquer les candidats à l’émigration.

lefigaro.fr