Régine Charot, présidente de l’ATMF : « la médiation sociale est notre priorité »

Oct
31

Oct
29
*Communiqué de l’Atmf : http://www.atmf.org/rif-stop-a-la-repression-et-a-limpunite/




Oct
27
Nous saluons avec respect la mémoire de Mohsen Fikri, assassiné le 28 octobre 2016, broyé dans une benne à ordures, sur ordre d’agents de la police, à Al Hoceima, dans le nord du Maroc.
Le meurtre a déclenché la révolte légitime du « Hirak populaire du Rif », qui n’a pas cessé de se mobiliser jusqu’à ce jour contre la « hogra » et pour la dignité, dans toute la région. Les forces de l’ordre qui ont réprimé les manifestations populaires du 20 juillet 2017, ont fait à leur tour deux autres martyrs, Imad El Attabi et Abdelhafid El Haddad.
L’ATMF et ses associations membres s’associent à toutes les initiatives pour commémorer la mémoire de Mohsen Fikri et toutes les victimes de la répression au Maroc.
Nous exigeons :
Nous dénonçons les entraves au travail des journalistes dans le Rif et exigeons la libération des journalistes emprisonnés.
Le Bureau National de l’ATMF
Paris, le 27 octobre 2017
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L’ ATMF est une Fédération de 20 associations :
ATMF Aix en Provence ; ATMF Argenteuil ; Association des Mineurs Marocains du Nord ; ATMF Bassin Houiller Lorrain ; ATMF Bagneux ; ATMF Dijon ; ATMF Gennevilliers ; ATMF Le Mans ; ATMF Montpellier ; ATMF Nancy ; ATMF Nantes ; ATMF Rennes ; ATMF Reims ; ATMF Saint Denis ; ATMF Strasbourg ; ATMF Sens ; Compagnie Espace Temps ; El Ghorba ; Euro-Maghreb Sans Frontières ; Moussem Barbès.
Oct
20
ATMF Gennevilliers a participé, le 17 octobre 2017, à la réunion des résidents des trois foyers de Gennevilliers ( Chandon, Brenu et Chausson) qui continuent à réclamer des solutions concrètes à leurs problèmes de logements.

Oct
20
Le procès concernant la discrimination à l’embauche dont a été victime notre ami Saadi Bahri a eu lieu aujourd’hui, 18 octobre, à la sixième chambre du TGI de Pontoise.
Ceci est une synthèse très succincte.
Voici la partie du mail qui a valu à son auteur de se retrouver devant le juge :
« Or les directives que nous avons récemment mises-en-place ne nous permettent pas de travailler ensemble, car il s’avère que vous êtes arabe ou d’origine arabe et que c’est tout sauf une qualité.
« Nous avons décidé que notre boycotte serait total. »
Bahri était défendu par Maître Abci
La Licra s’était constituée partie civile. Elle était représentée par Maître Picou
Le procureur, dans le souci de ne pas donner une tribune politique au prévenu, a souhaité limiter le débat aux faits : infraction grave à la loi
L’homme comparaissait donc pour provocation, et la présidente du tribunal a déclaré à l’ouverture du procès que « c’est le Droit qui nous réunis », aussi s’est-elle attachée « au Droit rien que le Droit »
L’homme a d’emblée tenté de justifier son mail en évoquant les attentats de Charlie hebdo. Il a assumé, voire revendiqué, ses amalgames : « je fais l’amalgame, ma famille est d’extrême droite… »
La présidente du tribunal lui coupe la parole pour le ramener aux faits : la violation de l’article 225-1 du code pénal sur les discriminations.
La discrimination à l’embauche est avérée.
L’homme change alors son fusil d’épaule en prétendant qu’il gère une association et non une entreprise.
Vous prétendez que l’article 225-1 du code pénal sur les discriminations ne vous concerne pas ? lui demande la présidente.
L’homme lui répond qu’il ne cherche pas des comédiens, mais qu’il les rencontre.
Face à cette mauvaise fois, la présidente lui rappelle son mail :
« Or les directives que nous avons récemment mises-en-place ne nous permettent pas de travailler ensemble »
Ce sera comme ça tout au long du procès, ce qui bien entendu a fini par agacer la cour.
Saadi Bahri a été appelé à la barre pour s’exprimer.
Il confirme qu’il a bien répondu à une annonce qui recherchait un comédien pour un emploi. Il explique qu’il est Français, né à Bagdad en Irak.
Il a obtenu une licence en droit à l’université de Bagdad, et un doctorat de lettres française à Paris.
En tant qu’artiste et humain, il espérait faire des choses merveilleuses, c’est pourquoi, la discrimination à l’embauche, dont il a été victime, l’a profondément affecté.
Il a rappelé que l’Irak, où il était né, est également le berceau de la civilisation et de la poésie universelle.
Émue, la présidente a dû chercher ses mots avant de reprendre la parole pour la donner à l’avocate de Bahri :
Maître Abci : Je suis touchée par cette histoire. Vu le conteste dans le pays, il ne peut y avoir de place pour ce type de comportement. M. Saadi est blessé et touché au plus profond de lui-même. Le préjudice est important.
Nous demandons :
3000 € pour le préjudice moral
1500 € pour le préjudice matériel
1000 € au titre de l’article 475-1
Licra : Les discriminations portent atteinte au vivre-ensemble. Un travail est un revenu, des enfants à élever, c’est manger, c’est fondamental.
La discrimination détruit. Aujourd’hui cachée, elle tend à devenir visible.
Nous demandons 1 € symbolique pour le préjudice moral.
MRAP : nous qui intervenons dans les quartiers, les écoles, chez d’autres associations… pour diffuser de bonnes ondes, nous nous sentons blessés après de tels propos.
Nous réclamons 1000 € au titre de l’article 475-1
Le procureur : Monsieur Saadi [sur un ton amical] ; puis il s’adresse à la cour :
On ne peut pas changer l’opinion d’un homme. Sa dignité, son comportement est blâmable.
Je demande 4 mois d’emprisonnement.
La présidente donne la parole au prévenu.
L’homme s’exprime du bout des lèvres :
J’ai changé d’opinion politique. Je regrette amèrement ce que j’ai écrit.
Pourtant, il ajoute avant de partir : condamnez-moi si vous le désirez.
Délibération :
Le prévenu est absent.
Il a été condamné à 4 mois avec sursis
800 € pour le préjudice moral
400 € au titre de l’article 475-1
400 € pour le préjudice moral
400 € au titre de l’article 475-1
400 € au titre de l’article 475-1
Durant le procès, il y a eu un petit basculement lorsque Saadi Bahri a pris la parole. Je n’ai fait que résumer son intervention qui fut en réalité plus longue, mais très émouvante. Il était redevenu le merveilleux conteur que beaucoup d’entre nous connaissent. Il a su trouver les mots pour toucher la salle, au point d’émouvoir jusqu’au procureur.
L’auteur du mail raciste et haineux a dû se sentir bien mal à l’aise. Ce n’est pas moi qui le plaindrai. Il n’a eu, au final, que ce qu’il méritait.
Je constate juste que la poésie est parfois plus efficace que la plus redoutable des plaidoiries.
Un grand bravo a Saadi Bahri et à son avocate Maître Abci qui ont mené leur combat avec panache.
Abdallah
Oct
17

Oct
13

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par Maurice Papon, préfet de police de Paris et le Gouvernement de l’époque. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés – notamment par la « force de police auxiliaire » – ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police.
56 ans après, la Vérité est partiellement en marche. Cependant, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées, – en particulier la Guerre d’Algérie – non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu’elles ont entraînés, comme ce crime d’Etat que constitue le 17 octobre 1961. Le 17 octobre 2012, le Président de la République avait certes fait un premier pas important, en déclarant : « Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes.« Mais le terme de crime n’est pas repris, et la responsabilité, sous entendue, n’est pas clairement définie.
Nous demandons une parole claire aux autorités de la République, au moment où certains osent encore aujourd’hui continuer à parler des « bienfaits de la colonisation », à célébrer le putsch des généraux à Alger contre la République, à « honorer » les criminels de l’OAS.
Lors de ce rassemblement, une nouvelle plaque sera symboliquement apposée avec l’inscription suivante: “ A la mémoire des centaines d’Algériens tués lors des manifestations pacifiques du 17 octobre 1961 par des policiers agissant sous l’autorité du préfet Maurice Papon. Reconnaissance de ce crime d’Etat.
Dans ce domaine, il est donc nécessaire que des mesures significatives soient prises :
Ce n’est qu’à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la Guerre d’Algérie, à savoir le racisme, l’islamophobie dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyennes et citoyens, ressortissants d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières.
On ne construit pas la démocratie sur des mensonges et des occultations. Après plus d’un demi-siècle, il est temps :
A l’occasion de ce 56ème anniversaire, nous exigeons Vérité et Justice.
Signataires au 12 octobre 2017
Associations : 4 ACG (Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre), 17 octobre 61 contre l’oubli, 93 au Cœur de la République, Amis de l’Algérie Rennes, Association Culturelle Les Oranges, ACCA (Association Contre le Colonialisme Aujourd’hui), ACDA (Association pour le changement et la démocratie en Algérie), AFAPREDESA (L’Association des Familles des Prisonniers et Disparus Sahraouis) AFASPA (Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique), Fondation Frantz Fanon, Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, APCV (Association de promotion de la culture et du Voyage), ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins de France), ANPROMEVO (Association Nationale pour la Protection de la Mémoire des Victimes de l’OAS), Au Nom de la Mémoire, ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants), Comité Vérité et Justice pour Charonne, CDISCOM (Collectif de Défense de l’Intégrité et de la Souveraineté des Comores). C-O10MAI (Comité d’Organisation du 10 Mai), CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires), FARR (Franco Algériens Républicains Rassemblés), FNACA de Paris (Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc et Tunisie), FTCR (Fédération des tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives), Harkis et droits de l’Homme, LDH (Ligue des Droits de l’Homme), MIR(Mouvement International pour les Réparations), (MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’amitié entre les peuples), Le Paria, Sortir du Colonialisme, UJFP (Union Juive Française pour la Paix),…
Organisations Syndicales : SNES (Syndicat National des Enseignements du second Degré), Union Syndicale Solidaires, URIF-CGT (Union Régionale Ile de France de la CGT)
Partis politiques : Alternative Libertaire, ECOLOGIE Sociale, Ensemble!, NPA (Nouveau Parti anticapitaliste), PCOF (Parti Communiste des Ouvriers de France), PCF (Parti Communiste Français), PG (Parti de Gauche).
Oct
12
Le comité de soutien au mouvement rifain île de France (CSMR-IDF) organise un défilé qui sera suivi par un rassemblement statique le samedi 28/10/2017 à 15h à Paris, nous nous adressons à la société civile et toutes les forces vives de se joindre à cette marche qui sera un moment de recueillement en hommage au martyr de la dignité Mohcine Fikri broyé dans un camion à ordures le 28 octobre 2016. Nous comptons sur votre présence, en témoignage de solidarité avec les familles des victimes et les prisonniers politiques au Maroc. Soyez nombreux(ses) au rendez-vous
(l’adresse exacte sera communiquée ultérieurement)
نداء
تكريما للشهداء و تضامنا مع معتقلينا الأبرياء و عائلاتهم.
تدعوكم لجنة باريس لمساندة الحراك الشعبي بالريف إلى إحياء الذكرى السنوية الأولى لإستشهاد محسن فكري و إنطلاق الحراك المبارك عبر تظاهرة سلمية بالشموع واللافتات وذلك يوم السبت 28 أكتوبر الحالي.
كونوا في الموعد!

Oct
12
Le 21 septembre 2015, le Conseil des prud’hommes de Paris a rendu sa décision sur le plus massif et le plus long procès contre les discriminations en France. Cette décision est historique : 842 cheminots marocains, c’est-à-dire 842 familles ont été reconnues et rétablies en droit. D’abord le droit à leur dignité.
Désormais ils ne sont plus considérés comme étant inférieurs à leurs collègues français. Ensuite le droit à l’égalité. Ils ont désormais le même statut de cheminots. Enfin, ils ont obtenu une réparation financière pour compenser les discriminations dont ils ont été victimes en matière de déroulement de carrière, de calcul de retraite, d’accès à la formation, d’accès aux soins et de facilités de circulation, ainsi que le remboursement des frais de justice. (la SNCF a fait appel depuis, et la délibération des juges est prévue pour janvier 2018))
Dans chaque page du jugement, la SNCF a été déboutée, condamnée et la nature de sa pratique jugée discriminatoire reconnue par un tribunal. 40 ans de discriminations qui touchent la vie et la santé de 2000 cheminots, parce qu’ils ont un infra-statut et parce qu’ils sont immigrés.
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