Association des Travailleurs Maghrébins de France
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Commentaires sur le rapport du Conseil National des Droits de l’Homme (Maroc) à propos du Hirak du Rif (Hirak Al-Rif)

1) Mot de l’Association TAFRA
2) Mot de l’ATMF
3) Contribution d’Aboubakr Jamaï : journaliste et universitaire
4) Le commentaire sur le rapport du Conseil National des Droits de l’Homme (Maroc) à propos du Hirak du Rif : en bas de l’article (PDF)

MOT DE L’ASSOCIATION TAFRA

Aujourd’hui, 05 mars 2021, est le quatrième anniversaire de l’approbation du document/ dossier des revendications du Hirak populaire du Rif. Approbation publique qui a eu lieu le 5 mars 2017 sur la place Calabonita à Al-Hoceima. Et en cette occasion importante, nous sommes honorés, au sein de l’Association de Tafra pour la Loyauté et la Solidarité, de co-publier avec l’Association des Travailleurs Maghrébins de France, ce commentaire sur le rapport du Conseil National des Droits de l’Homme sur le Hirak du Rif. Nous espérons que cet effort, sincèrement déployé par son auteur, soit l’occasion d’échanges sereins et motive d’autres commentaires sur le rapport du Conseil National des Droits de l’Homme. Nous affirmons, par l’occasion, la prédisposition de l’Association Tafra à coopérer à tout travail collectif allant dans ce sens avec toutes les personnes sincères.

En publiant ce commentaire remarquable, nous voulons restituer la symbolique de cette étape aux significations profondes et denses, et rappeler le caractère central du dossier des revendications en termes de méthodologie, de formulation, sans oublier sa trajectoire participative et son approbation démocratique. Il y va également de la justesse et de la crédibilité de ses revendications. Nous voulons également rappeler la légitimité du Hirak populaire dans le Rif et réaffirmer l’innocence de ses prisonniers politiques qui doivent être libérés sans condition. C’est également pour avertir l’Etat marocain quant à son erreur historique consistant à traiter le Hirak via une approche répressive et sécuritaire qui lui fait commettre des de nouveau chapitre de violations graves des droits de l’homme dans le Rif et dans l’ensemble du pays.

Ce commentaire est le premier en son genre dans sa précision conceptuelle et théorique, en plus de sa profondeur dans le traitement du rapport du Conseil national. Il réfute les indications fallacieuses et les allégations puisées par le Conseil dans les procès-verbaux de la police judiciaire et du ministère public ainsi que dans les déclarations de la défense de la partie civile et des faux témoins. Il conteste également la diabolisation du Hirak populaire dans le Rif et ses militants, une diabolisation qui émane de la réduction du Hirak à des actes de violence, de désordre, de propagation de la haine, l’extrémisme et le racisme. Et cela seulement parce qu’il a demandé à l’État de reconnaître l’histoire du Rif, de réhabiliter ses symboles ainsi que de révéler la vérité sur les violations graves des droits de l’homme qu’il a subies un siècle durant. Même si le Conseil reconnait que ce qu’a connu la région du Rif constitue un « événement exceptionnel dans la vie politique, économique et culturelle du Maroc moderne ; Que ce soit par sa durée, son envergure ou ses répercussions », et que cela « n’a pas d’équivalent dans les contextes des droits de l’homme au Maroc », il (le Conseil) a procédé à dépouiller le Hirak populaire dans le Rif de son identité de son identité nominative et de son caractère sociétal. Il le fait en biffant le concept du Hirak et en le réduisant une expression vague à savoir «les manifestations d’Al Hoceima». Il a même tenté d’occulter sa réalité pacifique, civilisée et revendicative, se faisant ainsi le relais officiel pour blanchir l’Etat des violations des droits de l’homme qu’il a commises dans le Rif et pour enlever à ses détenus le statut de détenus politiques.

Le rapport du Conseil a tenté de justifier l’usage de la violence et de la répression contre le Hirak du Rif en en distinguant deux phases : une phase marquée par des protestations pacifiques et prend fin le 26 mars 2017 et l’autre phase (suivante) marquée par les protestations violentes. Cependant, le retour à la chronologie du Hirak montre que le recours de l’Etat à la répression et à la violence a commencé immédiatement après la présentation du projet du dossier revendicatif, soit en imposant un siège à la ville d’Al-Hoceima ou en occupant ses places qui accueillaient les manifestations des militants du Hirak et des masses populaires. Ce fut le cas de la place Mohammed VI (place des Martyrs) sous prétexte d’organiser une foire des produits artisanaux. Ou encore en violentant les manifestants, en empêchant leur rassemblement et en les poursuivant dans les rues de la ville. Ce fut le cas de l’interdiction de la marche commémorative de la mort de Mohamed Ben Abdelkrim Al-Khattabi et de l’approbation du dossier revendicatif le 5 février 2017. La vérité que le rapport du Conseil occulte est que malgré le climat terrible imposé par l’État dans la ville d’Al Hoceima, les militants du Hirak ont appelé dans leurs communiqués à tous les citoyens à rester calmes, à ne pas réagir aux provocations des forces de sécurité et à s’en tenir à la non-violence. Cela a donné au Hirak une impulsion supplémentaire, et les marches du Hirak s’étaient déplacées hors de la ville d’Al-Hoceima: Imzouren, Bni Bouayach, Boukidan, Tamassint, Trougout, Nador, Al Aroui, Selouane, Targuist, Bni Hdifa, Bni Boufrah, Oulad Amghar … La première tentative de répression du Hirak a par conséquent échoué et s’est terminée par la levée le siège de la ville d’Al-Hoceima et par l’approbation du dossier revendicatif le 5 mars 2017.

Alors que le rapport du Conseil ferme les yeux sur la nature pacifique, civilisée, artistique et esthétique des protestations du Hirak du Rif dans le but de l’extraire de son identité culturelle et sociétale et de le réduire à l’extrémisme, à la haine, au racisme et au repli, il s’est attelé à redorer l’image de l’État et ses appareils. Il présente celui-ci comme une victime et ne dit rien sur sa violence féroce contre le Hirak. Il justifie ouvertement la violence en usant des allégations trompeuses et fallacieuses, et une sélectivité scandaleuse. Comme si les appareils sécuritaires de l’État n’ont pas torturé les détenus et pris d’assaut les domiciles. Comme si ces mêmes appareils n’ont pas cassé les portes, détruit les propriétés privées et publiques et exercé de la violence physique et verbale contre le droit des citoyens de toutes catégories, de tous genres et non armés. Comme si ces appareils n’ont pas entravé le droit des citoyens à la circulation et n’ont pas tué un citoyen par balles.

Pour rendre crédible ses conclusions, le rapport n’a pas hésité, et sans vergogne, de prétendre que le Conseil « a tenu une réunion avec l’Association Tafra à propos de ce qui s’est passé », ce qui suggère que la réunion aurait porté sur le rapport. Nous considérons cela comme une calomnie et une entorse morale de la part du Conseil dans sa composition actuelle, et cela met à nu ses prétentions à l’objectivité et la neutralité et couvre de suspicion les desseins de ses efforts. Nous affirmons que la réunion avec le Conseil ne portait pas sur le rapport, mais sur la situation tragique des détenus du Hirak du Rif dans diverses prisons. Nous avons, en effet, appelé le Conseil à activer ses compétences constitutionnelles et juridiques et à intervenir auprès de Délégation Générale de l’Administration Pénitentiaire pour rassembler les détenus, dans les plus brefs délais, dans la prison la plus proche de leurs familles et de fournir à celles-ci un moyen de transport pour leur rendre visite. Nous lui avons également demandé de leur permettre l’accès à leurs dossiers médicaux et de répondre aux demandes urgentes et immédiates des détenus politiques en ce moment-là.

Parmi les anecdotes qui ont marqué cette réunion, ce que M. Ahmed Zafzafi, président de l’Association Tafra, a dit à la présidente du Conseil lorsqu’elle justifiait en détail le retard du Conseil dans la publication de son rapport : «libérez les gars et prenez le rapport.» Si seulement le Conseil dans sa composition actuelle avait suivi cet avis au lieu d’être un faux témoin, de faire preuve de diligence pour justifier la violation des droits de l’homme, de transformer la victime en bourreau et d’acquitter les auteurs de graves violations des droits de l’homme à l’encontre des militants du Hirak du Rif et l’ensemble de la population. On en cite le meurtre par broyage dans une poubelle ou par balles, l’interdiction de la protestation pacifique et la dispersion des manifestants par la violence et l’usage aléatoire et excessif de gaz lacrymogène dans des zones peuplées, la destruction de biens publics et privés par les forces de sécurité, la militarisation du Rif, les enlèvements et détentions arbitraires, la torture physique et psychologique, les parodies de procès, les verdicts injustes et inéquitables, la dispersion des détenus politiques, la vindicte et les traitements racistes.

L’insistance du rapport du Conseil à intégrer des faits non objectifs et des conclusions partiales, nous met face à un rapport en porte à faux avec les droits de l’homme ; voire même face à une version politique cohérente avec la version de la majorité gouvernementale et l’orientation sécuritaire. Nous sommes plus précisément, devant un rapport / faux témoignage contre l’histoire. Par conséquent, nous attirons l’attention de l’État sur la nécessité de mettre en œuvre la justice, l’équité et la reconnaissance face aux répercussions du Hirak du Rif, car quand bien même seraient ses intentions sincères et prometteuses, le passé continuera à déteindre sur elles tant que les blessures ne sont pas traitées avec justice.

Association Tafra, le 5 mars 2021

 


L’Association des Travailleurs Maghrébins de France et l’Association TAFRA pour la solidarité et la fidélité diffusent conjointement un commentaire à propos du Rapport du conseil national des droits de l’homme sur le Hirak du Rif : Pourquoi ?

 

Pourquoi le commentaire ?

Le Commentaire est un document factuel, reposant sur des événements documentés, datés et précisés, mais également un éclairage s’appuyant sur une analyse juridique. Il a pour objectif de mettre en exergue les aspects  subjectifs et fallacieux portées par certaines affirmations du conseil national des droits de l’homme, révélatrices d’une compromission et d’une instrumentalisation de cet organe. C’est également, un outil pour relancer une campagne en faveur de la libération des militants du Hirak, de tous les militants et citoyens victimes de la répression.

Pourquoi aujourd’hui ?

L’actualité au Maroc, est une succession de démonstrations prouvant, si besoin, que le Hirak du Rif est une expression populaire de revendications dénonçant l’impasse de politiques  économiques, sociales et culturelles basées sur un système prédateur s’accaparant les richesses du pays, usant d’une répression systémique de toute forme de contestation ou d’expression critique.

L’État de non-droit, s’est particulièrement illustré en condamnant les militants du « Hirak » du Rif à de lourdes peines, pour certains, allant à 20 ans de prison. Une répression qui n’est pas une exception. Elle n’a cessé et continue, de s’abattre sur des citoyens, des artistes, des youtubeurs, des activistes de droits humains. De nombreux journalistes sont accusés de violences sexuelles, de viols, de trafics d’êtres humains, de blanchiment, d’atteinte à la sécurité d’état… Une surveillance de masse est à l’œuvre, allant jusqu’à infiltrer les téléphones de certains militants par coûteux logiciel espion Pegasus de l’entreprise israélienne NSO.

Tout en instaurant un climat de terreur, le régime au Maroc continue à revendiquer une prétendue ouverture démocratique. Pour cela, il a recours à une conjonction entre l’appareil policier et judiciaire, prétendant que le droit est respecté. Ces pratiques sont exportées en dehors du Maroc. Un communiqué commun de la DGSN, de la DGST et de la DGED, annonce le dépôt de plaintes contre les personnes portant atteinte aux institutions marocaines depuis l’étranger, l’arrestation du youtubeur américano-marocain. 

Face à ces graves atteintes aux libertés et aux droits humains, c’est le silence coupable. Les intérêts d’un Etat, et particulièrement ceux de la France, ne peuvent être une raison pour sacrifier ceux des peuples se battant pour leur dignité, la justice sociale, la liberté et la démocratie.

C’est pourquoi, s’impose l’exigence de la liberté pour toutes les voix contestantes, dénonçant l’arbitraire, la marginalisation sociale et culturelle, ainsi que l’absence de perspectives poussant toute une jeunesse à sacrifier sa vie dans des barques de la mort. C’est pourquoi, s’impose l’exigence de la libération des militants du Hirak du Rif et de tous les Hirak.

ATMF, 05 mars 2021


Contribution d’Aboubakr Jamaï : journaliste et universitaire

 

Cette étude fait œuvre utile. Sa mission première est d’exposer les défaillances d’un rapport émanant d’une organisation censée protéger les droits de l’homme. Ce faisant, elle jette une lumière crue sur la fonction politique du CNDH : rendre présentable l’autoritarisme du régime marocain.

 

Comme l’atteste la présente étude, le CNDH fait partie de ces nombreux faux nez institutionnels dont se pare le système. Ils permettent de maintenir l’illusion de la démocratisation si ce n’est de la démocratie. Il est bien arrivé au CNDH de pointer les manquements de l’Etat. Son ancien président a bien déclaré, que des militants du Hirak avaient été torturés. Mais il l’a fait comme le ferait une montre cassée qui donne l’heure, juste deux fois par jour. Ce n’est donc pas le moindre des intérêts de cette étude, que de montrer par la preuve, et non l’incantation, la facticité de ces institutions cache-sexe.

 

Ce rapport contribue surtout à mieux mesurer l’importance du Hirak dans la série d’événements majeurs qui façonnent l’ardu chemin vers un Maroc de la dignité et de la liberté. Il documente le prix élevé payé par les femmes et les hommes qui ont mené et participé à ce Hirak. Mais leurs sacrifices n’auront pas été vains. Le mouvement du 20 Février avait poussé le régime à reconnaître dans le discours, que l’on peut qualifier d’armistice du 9 Mars 2011, l’obsolescence de ses institutions politiques. Le Hirak du Rif a forcé le régime à des réactions autoritaristes qui ont souligné la fiction des réformes soi-disant démocratiques de l’après 2011 et de sa constitution octroyée. Après les sévices infligés à Nacer Zefzafi et ses compagnons, après la parodie de justice dont ils ont été victimes, qui peut encore prétendre que la constitution de 2011 et les institutions qui en sont nés constituent un tournant démocratique ?

 

Le Hirak est survenu dans une région électoralement dominée par le Parti de l’Authenticité et de la Modernité. Un parti fondé par le conseiller du Roi le plus influent du régime. Si le Hirak en a démontré l’insignifiance, il a surtout souligné la vanité des projets politiques préfabriqués face à au mécontentement des citoyens.

 

Le Hirak a poussé le régime à un autre aveu d’échec. Celui de son modèle économique. C’est un vieil argument de l’autoritarisme, que de prétendre que sa gouvernance économique est plus efficace que celle des régimes démocratiques. Grâce aux militants du Hirak, celui du Maroc aura vécu. La liste des revendications économiques et sociales défendue par le Hirak, a souligné l’ineptie d’un modèle économique rentier basé sur les investissements de prestige sans réel impact sur le bien-être des citoyens.

 

Enfin et ce n’est pas le moindre des enseignements. Le Hirak a généré un groupe de jeunes leaders. Par leur courage et l’articulation de leur action, ils ont démenti la thèse de la décérébration politique des jeunes générations. S‘ils paient cher leur militantisme, ils ont semé les graines d’un Maroc meilleur.

05 mars 2021


 

Cliquer sur le lien pour télécharger le rapport : Commentaire Rapport CNDH – Maroc

 

 

 

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Femmes face à la crise sanitaire Covid-19 : visioconférence 13 mars 2021

A l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes 2021, le réseau femmes de l’Atmf organise une visioconférence le samedi 13 mars de 10h à 12h sur :

 

«Femmes face à la crise sanitaire Covid-19»

 

 Femmes en première ligne :

  • Salima Boudjema-Intartaglia, assistante sociale et Laetitia Glize, infirmière «Equipe Mobile Santé Mentale Précarité, PASS du CH Montperrin»

 

La crise sanitaire et la santé des femmes :

  • Caroline Buissart coordinatrice de «Atelier Santé Ville»

 

Peut-on parler de recul des droits des femmes en raison de la crise ? :

  • Marie Paule Grossetete – Présidente de «Osez le féminisme» et coprésidente de la «CLEF»

 

 

Sous inscription une semaine avant. Contact: atmf13@yahoo.com ou 0952700982

 

Le lien pour accéder à la conférence sera transmis la veille aux personnes inscrites.

 

Un compte rendu de la conférence sera envoyé par la suite à tous les participant(es).

 

 

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Le Printemps Arabe, un Hiver Berbéro-Arabe : Une répression d’état, jamais démentie

Communiqué de la commémoration du 10ème anniversaire du mouvement du 20 février

Liberté pour tou.te.s les détenu.e.s d’opinion, Liberté pour tou.te.s les prisonnier.ière.s des Hirak, Liberté pour tou.te.s les acteurs et actrices des mouvements sociaux

 

A l’occasion du 10ème anniversaire du mouvement du 20 février, l’ATMF et l’Association TAFRA pour la solidarité et la fidélité publieront pour la première fois, une analyse sur le rapport du Conseil National des Droits de l’Homme marocain à propos du Hirak du Rif le 05 mars 2021.

Dix années, se sont écoulées depuis la fronde sociale de 2011, portée par le Mouvement du 20 février.

Une fronde qui a été portée massivement par une jeunesse, revendiquant, « Liberté, Dignité, Equité », contre l’arbitraire, la corruption, l’autoritarisme et la mainmise sur les richesses du pays.

L’établissement d’une monarchie constitutionnelle, est l’autre exigence de ce mouvement, mais pas uniquement.

Et si le Mouvement du 20 février, fait écho à l’histoire des luttes du peuple marocain, les mouvements du Hirak du Rif, de Jerada, de Zagora, de celui qui éclot aujourd’hui à Fnideq, s’inscrivent à leur tour dans cette même continuité, avec chacun sa propre spécificité. Ils ont cela en commun, mais aussi la répression inouïe qui s’est  abattue et s’abat encore sur toute voix osant protester ou revendiquer. Une répression institutionnelle qui n’a jamais cessé, même au plus fort du prétendu « processus démocratique ».

Les disparitions, la torture, les arrestations arbitraires, les poursuites judiciaires, les condamnations à de lourdes peines de prison, restent ce qui caractérise «  l’exception marocaine » tant défendue par l’état français et ses représentants de tous bords. C’est le cas pour des Youtubeurs, des rappeurs, des journalistes, des activistes des droits humains, des militant.e.s des Hirak, des citoyen.ne.s exigeant la justice sociale. Criminalisation, diffamation, instrumentalisation des libertés individuelles, décrédibilisation, judiciarisation, est une constante d’une « démocratie » de façade qui fait de la répression un pilier pour sa pérennité. Le contexte de l’épidémie sanitaire, les lois d’exception, sont une aubaine pour tous les pouvoirs en place, au Maroc comme en France et partout ailleurs, pour déployer autoritarisme et coercition.

Au Maroc, le retour à l’exigence d’une allégeance déclarée entre le monarque et ses sujets, avec l’agitation de la peur et du bâton comme seules promesses d’avenir, révèlent à quel point les droits humains sont menacés.

En France, comme l’illustre le projet de loi dit « séparatisme », le rapport entre la république française et ses citoyen.ne.s dit de seconde zone met en danger les droits fondamentaux et les libertés.

Pour y faire face, seule la résistance et la solidarité avec toutes les femmes et hommes épris de liberté et de justice sociale, avec toutes les expressions populaires revendiquant le droit à une vie digne, avec toutes celles et ceux qui en manifestant, en dénonçant, en se révoltant s’exposent à la répression.

C’est dans ce contexte qu’intervient la commémoration du dixième anniversaire du Mouvement du 20 février et c’est en cela, que le devoir de solidarité et de résistance prend tout son sens.

Pour nous, en tant qu’Association, nous nous en saisissons, pour impulser une nouvelle dynamique de soutien aux prisonniers politiques au Maroc en exigeant leur libération.

ATMF

Le 19 février 2021

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MAROC : 20 FEVRIER 2011 – 20 FEVRIER 2021

DIRE NON A L’ETAT DE NON DROIT

HALTE A LA RÉPRESSION 

LIBERTÉ POUR LES DÉTENUS POLITIQUES ET D’OPINION

 

            Le 20 février 2011, des milliers de jeunes –et moins jeunes- descendent dans la rue, à la suite des insurrections tunisiennes et égyptiennes, et rempli.es de fierté et d’audace,  manifestent leur volonté de rupture avec le Maroc makhzénien hérité d’un autre âge,  autour de trois  slogans  phares criés à pleine gorge, Liberté, Dignité, Justice sociale, derrière lesquels se décline tout un cahier de revendications, pour une nouvelle constitution et la fin de la tyrannie, contre la corruption, l’enrichissement frauduleux et le pillage des richesses, pour la libération des prisonniers politiques et d’opinion et l’arrêt des détentions arbitraires, pour l’abolition des lois sécuritaires et de la Charte visant à libéraliser l’enseignement,  pour l’accès gratuit  aux services sociaux et une politique d’emploi, d’amélioration du pouvoir d’achat et des conditions de vie, etc.

            Une  nouvelle constitution a été rédigée entre experts nommés par le Roi, un nouveau Parlement a été élu, un nouveau gouvernement désigné, les forces de l’ordre ont nettoyé les rues et rien n’a changé. Pire encore l’accaparement des richesses, de la terre et de l’eau par quelques uns s’est accentué, tandis que les disparités sociales ont augmenté, le chômage et la misère ont littéralement explosé avec la crise ouverte par l’épidémie du coronavirus qui a aussi été l’occasion de renforcer les mesures sécuritaires, qui se sont traduites par le bâillonnement de toute contestation sociale, l’emprisonnement de protestataires, de journalistes et d’intellectuels. Une offensive en règle est déclenchée pour museler toute pensée libre et indépendante. C‘est d’abord l’arrestation et la condamnation de jeunes militants du 20 février (Bachir Benchaib, condamné à 12 ans de prison, est toujours sous les verrous) ; puis de ceux du Hirak du Rif (condamnés jusqu’à 20 ans de prison, comme c‘est le cas de Nacer Zafzafi, finaliste pour le prix Sakharov) ainsi que ceux d’autres soulèvements sociaux ; le tout relayé par le contrôle des blogs et pages Facebook et la répression des blogueurs jugés impertinents, allant jusqu’à l’emprisonnement de ces derniers ; puis l’acharnement contre des associations qui refusent de se laisser museler, et contre des journalistes soucieux d’exercer leur métier avec professionnalisme et indépendance.

            Tous les moyens sont bons : piratage des téléphones et ordinateurs, provocations, manipulations, accusations fantaisistes portant sur la vie intime ou des délits de droit commun. Ainsi, les journalistes Taoufik Bouachrine, Soulaiman Raissouni, Omar Radi sont poursuivis pour délits sexuels, Maâti Monjib pour blanchiment d’argent, tout en étant pour ces deux derniers également accusés d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Pire encore, Maâti Monjib et six autres journalistes viennent d’être condamnés à des peines allant jusqu’à un an de prison et à différentes amendes, après un procès sans cesse reporté depuis 2015, sans que jamais la défense n’ait l’occasion de plaider ni d’avoir un débat contradictoire. Un procès qui ne s’est donc jamais déroulé

            Le pouvoir marocain non seulement bafoue ses propres lois, ridiculise ses institutions, mais il joue aussi avec le feu. Le Maroc souffre d’inégalités criantes dans tous les domaines. L’essentiel de la richesse du pays est concentré entre les mains de quelques uns. Les aspirations exprimées avec force en 2011 n’ont pas trouvé écho auprès du pouvoir marocain. Bien au contraire, les populations se restent à l’écart des décisions qui les concernent. Les pseudo modèles de développement prônés ne répondent pas à leurs besoins fondamentaux, mais les condamnent à un système de survie infernal.

         En ce 10ème anniversaire du 20 février, il est urgent de dire que nous n’oublions pas, que nous n’acceptons pas, que nous sommes toujours présents, pour soutenir les aspirations du peuple marocain à la liberté, à la dignité, à la justice sociale et à la fin du despotisme, pour exiger le respect du droit d’expression, l’arrêt de toutes les poursuites et la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion.

 

Toutes et tous au rassemblement le 20 février 2021 à 14 heures,

Place de la République (Paris)

 

Appel lancé par :

≠FreeKoulchi Paris – AMDH- Paris Association marocaine des droits humains – Paris – AMF- Association des Marocains en France  ASDHOM – Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc – ATMF-  Association des travailleurs maghrébins de France  Association Justice et liberté au Maroc – Collectif des Amazighs de France – Comité de soutien à Maâti Monjib – CSMR- Paris Comité de soutien au mouvement rifain – Paris  – Institut Mehdi Ben Barka – Mémoire Vivante – Rassemblement Ifni Aït Baamrane  pour la dignité et les droits humains – RIBDH

 

Soutenu par :

Assemblée européenne des citoyens – HCA – France ; ATTAC ; CEDETIM ; CNT

Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie – CRLDHT ; Ensemble ; Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives. FTCR ; Immigration. Développement. Démocratie- IDD ; Ligue des droits de l’homme – LDH ; MRAP ; Nou PA ; Parti des indigènes de la République ; Parti communiste français PCF ; Riposte internationale ; Union syndicale Solidaires

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Maati MONJIB : un défendeur des droits humains au Maroc

Un homme libre défendant la liberté, au prix de sa liberté

Que dit son arrestation ?

Finie et révolue, l’époque de Hassan II. Une époque où la répression politique des militants n’avait pas besoin de dissimuler sa nature. Tout au contraire, c’était un étendard qu’on déployait pour terroriser la population et la dissuader de toute implication dans la défense de son droit à une vie digne.

La nouvelle époque, est celle d’une répression qui s’appuie, entre autres, sur trois constantes :

  • La surveillance de masse et ciblée des citoyens, notamment par des moyens technologiques
  • La stigmatisation et les campagnes de diffamation
  • Les persécutions par voie judiciaire

 

Maati MOUNJIB est une victime, parmi d’autres citoyens, de cette stratégie répressive :

  • Il a été ciblé par le logiciel espion « Pegasus » de l’entreprise israélienne « NSO Group »,
  • Il a été visé publiquement depuis 2015, par des accusations fallacieuses portant sur des « malversations financières » et « l’atteinte à la sécurité de l’état », converties aujourd’hui en « blanchiment d’argent »
  • Son procès a été reporté plusieurs fois depuis 2015, aboutissant à son incarcération le 29 décembre en attente de son jugement par un parquet financier.

Derrière ces pratiques diffamatoires et le recours abusif au droit pénal, un objectif : discréditer les militants en portant atteinte à leur réputation et décrédibiliser la cause qu’ils défendent. Le but final est d’entraver, d’empêcher la poursuite de l’action de ces militants.

 

Il s’agit d’une stratégie répressive structurelle.

Elle vise aujourd’hui le militant Maati MONJIB.

Elle a visé auparavant, des citoyens de mouvements revendicatifs, des artistes des blogueurs, des journalistes, des militants.

Elle concernera demain, tous ceux qui osent s’indigner, dénoncer et résister.

 

 

Une seule revendication :

La libération du militant Maati MOUNJIB

La libération de tous les détenus d’opinion

 

Atmf, 31 décembre 2020

 

 

 

معطي منجب: مدافع عن حقوق الإنسان في المغرب

رجل حر يدافع عن الحرية، على حساب حريته

ماذا يعني اعتقاله؟

 

لقد مرت أيام الملك الحسن الثاني عندما لم يكن فيه القمع السياسي للمناضلين بحاجة إلى إخفاء طبيعته. بل على العكس من ذلك، فقد كان ذلك القمع رسالة واضحة يجب إرسالها من أجل إرهاب جميع الناس وردعهم عن أي مشاركة في الدفاع عن حقهم في حياة كريمة، أما هذا العهد الجديد فهو عصر القمع الذي يعتمد، على ثلاثة ثوابت:

–   المراقبة الجماعية واستهداف المواطنين، بما في ذلك عن طريق الوسائل التكنولوجية

–   تشويه السمعة وحملات التشهير الإعلامي

–   المضايقات القضائية من خلال المحاكم

إن الأستاذ معطي منجب ضحية لهذه الاستراتيجية القمعية، برفقة مواطنين آخرين:

لقد استهدفه برنامج التجسس « بيغاسوس » التابع لشركة « إن إس أو غروب » الإسرائيلية، وهو ملاحق قضائيا منذ عام 2015، بتهمة زائفة حول « مخالفات مالية والمس بأمن الدولة »، تم تحويلها الآن إلى « غسيل أموال » وقد تأجلت  محاكمته عدة مرات منذ عام 2015، وبلغ التضييق ذروته عندما سجنوه في 29 ديسمبر الماضي على ذمة معلومات صادرة من النيابة العامة التي تحقق في المخالفات المالية.

وراء هذه الممارسات التشهيرية والتوظيف السيء للقانون الجنائي، يوجد هدف واحد: تشويه سمعة النشطاء من خلال الإضرار بسمعتهم وتشويه سمعة القضايا التي يدافعون عنها. والرغبة النهائية هي إعاقة ومنع استمرار عمل هؤلاء النشطاء في مجالات الحرية وحقوق الإنسان.

إنها استراتيجية قمعية ممنهجة ومنظمة وهي الآن تستهدف الناشط البارز الأستاذ معطي منجب  وقد سبق أن استهدفت مواطنين آخرين من الحركات الاحتجاجية والفنانين والمدونين والصحفيين والنشطاء. وستستهدف غدا كل الذين يجرؤون على التعبير عن الغضب والاستنكار والمقاومة.

ولذلك فإن مطالبنا تتلخص في كلمة واحدة:

« الحرية للأستاذ معطي منجب والحرية لكل معتقلي الرأي في المغرب « .

جمعية  العمال المغاربيين بفرنسا

31 دجنبر2020

 

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La monarchie du Maroc normalise ses relations avec un Etat coupable !

  • Coupable de crimes contre l’humanité
  • de crimes de guerre et d’apartheid

C’est trahir le peuple palestinien et son droit à un état et à une terre

Normaliser les relations avec un état coupable

  • d’enlèvements, de tortures, d’éliminations,
  • de suprématie, de non-respect des résolutions de l’ONU

C’est trahir les droits humains, décision actée (la journée internationale des droits de l’homme)

Normaliser les relations avec un état coupable, dans le cadre du plan de Trump

  • un plan qui légitime l’annexion des territoires palestiniens, la colonisation,
  • un Trump qui déplace l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem

C’est trahir, trahir et trahir

La question palestinienne ne peut être l’objet d’un marchandisage

Nous nous indignons et dénonçons avec force toute trahison au droit inaliénable du peuple palestinien à un état indépendant et à une paix juste et durable.

C’est le sens du combat de toutes les femmes et hommes épris de justice et de liberté, quel que soit leur confession

 

Et c’est le sens de notre engagement

Nous refusons cette normalisation

Nous appelons le peuple marocain et les personnes épris de justice à une expression massive de ce refus

Nous appelons à toutes formes de solidarité avec le peuple palestinien et ses droits.

 

Atmf, 11 décembre 2020

 

 

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Le terrorisme ne nous fera pas plier !

Devant l’innommable l’ATMF salue la mémoire des trois victimes assassinées ce jeudi 29 octobre 2020 à proximité et dans la Basilique Notre-Dame à Nice.

L’ATMF exprime sa solidarité et sa compassion aux familles et aux proches des victimes. L’ATMF dénonce fermement cet acte dont la barbarie fait frémir. Encore une fois la France se trouve attaquée et endeuillée par un drame inqualifiable et inacceptable.

Les obscurantistes et leurs commanditaires qui incitent et encouragent à de tels actes doivent être dénoncées et combattues sans relâche et avec la plus grande vigueur. L’ATMF lance un appel à l’Unité et à la Solidarité contre ce fléau.

 

ATMF, 29 octobre 2020

 

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Halte à la terreur. Nous ne céderons pas !

L’ATMF condamne sans réserve le crime barbare qui a coûté la vie à l’enseignant Samuel Paty. Ce vendredi 16 octobre 2020, la France a été endeuillée.

Encore une fois elle a été la cible d’un acte terroriste barbare et abject dont la violence aveugle suscite le dégoût et l’horreur. Devant cette tragédie, nos pensées attristées vont d’abord à sa famille, ses proches, aux enseignant-e-s, aux élèves et au personnel du Collège Bois d’Aulne.

A eux, nous exprimons toute notre compassion et notre soutien.

Plus que jamais l’ATMF tient à affirmer avec fermeté sa totale indignation, et dénonce cet acte ignoble d’un autre âge.

Ce qui s’est passé ce 16 octobre 2020 est une atteinte à l’humanité tout entière et c’est en tant que telle que cette tragédie doit être vécue et analysée. Rien ne peut justifier cet assassinat, ici ou ailleurs.

Samuel Paty vit en nous parce que nous appartenons à la même humanité. Notre solidarité à l’égard de sa famille est totale. Ce crime est immense mais c’est en continuant à vivre librement et fraternellement que notre réponse sera à la hauteur.

ATMF,

17 octobre 2020

 

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17 octobre 1961 – 17 octobre 2020 : 59ème Anniversaire – Vérité et Justice

Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par le gouvernement de l’époque dont le Premier ministre, Michel Debré, était hostile à l’indépendance de l’Algérie, et le Préfet de Police Maurice Papon sous ses ordres. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés – notamment par la « force de police auxiliaire » – ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police.

59 ans après, la Vérité est partiellement en marche. Cependant, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées, – en particulier la Guerre d’Algérie – non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu’elles ont entraînés, comme ce crime d’Etat que constitue le 17 octobre 1961. Le 17 octobre 2012, le Président de la République (François Hollande) avait certes fait un premier pas important, en déclarant : « Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes. » Mais le terme de crime n’est pas repris, et la responsabilité, sous entendue, n’est pas clairement définie. Nous demandons une parole claire aux autorités de la République, au moment où certains osent encore aujourd’hui continuer à parler des « bienfaits de la colonisation », à célébrer le putsch des généraux à Alger contre la République, à « honorer » les criminels de l’OAS.

Dans ce domaine, il est donc nécessaire que des mesures significatives soient prises :

  • Que la lumière soit faite sur les soi-disant « retours vers leurs douars d’origine » des algériens survivants du 17 octobre envoyés en fait dans des camps de la mort de l’Algérie coloniale.
  • Que la création d’un lieu de mémoire voué à cet évènement, demandée dans la résolution votée par le Sénat en octobre 2012 qui reconnaissait elle aussi ce massacre, soit rapidement mise en œuvre par les autorités de l’Etat, de la Ville de Paris et la Région Ile-de-France.
  • Pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs collègues algériens
  • La vérité doit être dite sur l’organisation criminelle de l’OAS que certains au sein de la droite et extrême droite politique veulent réhabiliter.

Ce n’est qu’à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la Guerre d’Algérie, à savoir le racisme, l’islamophobie et les discriminations dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyennes et citoyens, ressortissants d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières.

On ne construit pas la démocratie sur des mensonges et des occultations. Après plus d’un demi-siècle, il est temps :

  • Que le Président de la République, au nom de la France, confirme, par un geste symbolique, la reconnaissance et la condamnation de ce crime d’Etat. Comme il l’a fait en septembre 2018 pour l’assassinat de Maurice Audin par l’armée française et pour l’existence d’un système de torture généralisé. Cette reconnaissance doit s’étendre aux milliers d’Algériens qui en ont été victimes (voir le site www.1000autres.org)
  • Que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l’internement arbitraire, pendant la Guerre d’Algérie, d’Algériens dans des camps ;
  • Que la liberté d’accès aux archives soit effective pour tous, historiens et citoyens ;
  • Que la recherche historique sur ces questions soit encouragée, dans un cadre franco-algérien, international et indépendant.

Rassemblement : Samedi 17 Octobre 2020 à 18h au Pont Saint Michel à PARIS

Associations, Organisations Syndicales : 4 ACG (Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre), 17 octobre contre l’oubli, ACCA (Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui), ACDA (Agir pour le changement et la démocratie en Algérie), ACORT (Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie), ANPROMEVO (Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS), Association Josette et Maurice AUDIN, Au Nom de la Mémoire, APCV (Agence de Promotion des Cultures et du Voyage)  APEL-ÉGALITÉ, ATTAC, ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants), ASABP (Association de Soutien aux Amoureux au ban Public), ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins de France),  CEDETIM (Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale), Collectif Faty KOUMBA, CRLDHT (Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie), Confédération Nationale du Logement, Institut Mehdi Ben Barka, Conseil National des Assos Familiales Laïques, LDH (Ligue des Droits de l’Homme), Fédération Nationale de la Libre Pensée, FTCR (Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives), Les ORANGES, Les Amis de Max Marchand de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons, Mémorial 98, MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), Mouvement de la Paix, Union Syndicale Solidaires,

Partis Politiques : GDS (Gauche démocratique et sociale), PCF (Parti Communiste Français), Parti de Gauche,

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DANIÈLE OBONO : communiqué de l’ATMF

DANIÈLE OBONO « esclave enchaînée »

Un scandale d’État

Une République en dérive

 

L’indignation suscitée par la représentation faite par Valeurs actuelles de la députée noire Danièle OBONO, grimée en esclave (chaînes autour du cou) est légitime et nécessaire mais restera sans portée si on ne se demande pas où sont les responsabilités : là où l’apologie du racisme prend racine et là où elle trouve les relais pour s’ériger en stratégie politicienne clivante et destructrice de notre société.

 

Si, à l’origine de ce poison réside l’extrême droite et ses thèses dangereuses, la reprise de certaines de ces dernières par d’autres forces politiques, a préparé le terrain non pas à une Danièle OBONO « esclave », mais à des milliers comme elle, toutes celles et ceux qui partagent sa couleur de peau, son origine d’immigrée, qui sont jetés en pâture au moindre débat politique racialisé. Ces enfants de la République, toujours étrangers dans l’imaginaire collectif, sont particulièrement stigmatisés à la veille de chaque échéance électorale, où la course aux voix de la droite dure et de l’extrême droite les expose à une violence inouïe.

Faire la couverture de « Valeurs actuelles », accorder des interviews à cette revue comme l’ont fait le Président de la République et plusieurs de ses ministres, ne peut être considéré comme une expression parmi d’autres. C’est un signal fort conduisant cet organe à se sentir légitime, poussant plus loin la libération de sa parole haineuse. Thierry VEYRIER, responsable du Rassemblement National vient également de le faire en menaçant de mort  Anasse KAZIB (militant syndicaliste) sur Twitter.

 

Déclarer en tant que ministre de l’Intérieur, qu’il « faut stopper l’ensauvagement d’une partie de la société », revient à reprendre à son compte une thématique chère à l’extrême droite désignant les Noirs, les Arabes et les musulmans de France comme les sauvageons.  Le raccourci est vite établi entre sauvageon et sauvage, puis sauvage et couleur de peau. D’ailleurs, le magazine Valeurs actuelles, s’en est pris à la députée Danièle OBONO, dans un numéro titré « l’ensauvagement », un numéro consacré entièrement aux « méfaits de ces barbares ».

Marlène SCHIAPPA, ministre déléguée à la Citoyenneté, en reprenant à son compte les propos de Gérald DARMANIN,  « Je partage le constat et le vocabulaire… », met à mal  la citoyenneté.

 

Véhiculer les clichés à l’encontre d’une partie des citoyens français en raison de leurs origines,  avoir recours à la virulence verbale au nom d’une France profonde qui ne supporterait plus des « sauvages » qui prôneraient « séparatisme », « communautarisme », « racialisme », visent à nous détourner du véritable combat, celui pour la justice sociale pour tous, sans discrimination aucune et quelque soit sa couleur de peau. Il ne faut pas s’y tromper.

 

Il n’y a nulle voie en dehors de l’union de toutes de celles et ceux qui aspirent à une vie digne et juste.

C’est l’unique voie qui triomphera de la haine au profit de notre humanité.

C’est l’unique voie où nulle femme, nul homme ne sera esclave.

Nous nous devons d’être solidaires de toutes et tous les Danièle OBONO.

 

ATMF est signataire de l’appel du rassemblement

de samedi 05.09.2020

de 17 h à 20 h

à la Place du Trocadéro  Paris.

Atmf – Paris, le 1er septembre 2020