Association des Travailleurs Maghrébins de France
10 rue Affre - 75018 Paris
01 42 55 91 82 national@atmf.org

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SAUVONS LA VIE DU JOURNALISTE MAROCAIN SOULAIMAN RAISSOUNI

Appel à rassemblement devant la Mairie de Gennevilliers

Le journalisme n’est pas un crime

Libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion au Maroc

76 jours de grève de la faim, 13 mois de détention arbitraire

Souleiman RAISSOUNI est en danger de mort

 

21 jours de grève de la faim, 11 mois de détention arbitraire

Omar RADI voit sa santé, se détériorer gravement

Leur délit : La pratique d’un journalisme indépendant

Leur délit : La liberté d’expression et d’opinion

Ils ne sont pas les seuls : Les autorités marocaines renouent avec les pratiques des années de plomb

La liste des victimes de la brutalité répressive ne cesse de s’allonger…

Le dernier en date,  l’arrestation de  Nourredine AOUAJ, le mercredi 16 juin

Lors du rassemblement de soutien aux deux journalistes

Ce n’est pas le premier et ce n’est certainement pas le dernier

Exigeons la libération de tous les détenus politiques, de tous les détenus d’opinion :

Les activistes des droits de l’Homme, Les militants du Hirak du Rif, Les youtubeurs, Les artistes, Les manifestants des mouvements populaires

Exigeons la libération urgente et sans condition de Souleimane, d’Omar et d’Aouaj

de toute voie proclamant les libertés fondamentales, et de toute voie s’étant élevée pour dénoncer l’injustice sociale

Il y a urgence 

Souleiman est déterminé : La liberté ou la mort

Mercredi 23 juin, 17h30 – 19h30

Mairie de Gennevilliers

177 avenue Gabriel-Péri

Premiers signataires :

  • Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF)
  • Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM) -Association des Marocains en France (AMF)
  • Association Marocaine des Droits Humains (AMDH-Paris/IDF)
  • L’Association des Familles Prisonniers et Disparus Sahraouis (AFAPREDESA)
  • Comité pour le Respect des      Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRDLHT)
  • Fédération des Tunisiens Citoyens des deux Rives (FTCR)
  • Agir pour le changement et la démocratie en Algérie (ACDA
  • L’Assemblée des Originaires de Turquie (L’ACORT)-L’Association Démocratique des Tunisiens en France (ATDF)
  • Dounia News (Belgique)
  • Le Conseil Lumineux de la Diaspora Congolaise (C.L.D.Congo)
  • Parti Communiste Français (PCF)
  • Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP)
  • Riposte Internationale
  • Collectif des Amazighs de France pour le Changement Démocratique au Maroc
  • Comité de Soutien au Mouvement Rifain (CSMR-Paris)
  • Institut Mehdi Ben Barka-Mémoire Vivante
  • Association des Tunisiens en France (ATF)
  • Forum Marocain pour la Vérité et pour la Justice en France (FMVJ-F)

 

 

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CGT Soutien enseignants contractuels au Maroc

Depuis plusieurs mois, des milliers d’enseignant·e·s contractuel·le·s au Maroc ne cessent de manifester dans différentes villes pour obtenir leur titularisation.

Face à cette revendication légitime, les autorités marocaines n’ont apporté que la répression comme réponse.
Le recours aux enseignant·e·s contractuel·le·s au Maroc en 2016 a été dicté par la volonté de réduire le nombre d’enseignant·e·s titulaires, bénéficiant du statut de fonctionnaires, afin de répondre aux exigences des institutions financières mondiales.

Depuis le 6 mai 2018, la coordination nationale des enseignant·e·s contractuel·le·s n’a cessé de mobiliser les enseignants dans des rassemblements et manifestations locaux, régionaux et nationaux, afin d’alerter le gouvernement marocain sur ce statut précaire qui ne répond pas aux revendications des enseignants contractuels.

Les réponses des autorités marocaines, notamment lors de la manifestation nationale des 6/7/8 avril à Rabat ont été les suivantes : arrestations, violences et harcèlement sexuel des enseignantes, répression, passage devant les tribunaux pour certain·e·s enseignant·e·s accusé·e·s de diffusion de l’appel de la coordination à manifester, et, leur poursuite en état de
liberté, retenue sur salaires…

La FERC-CGT et la CGT-Éduc’Action, fidèle à leurs valeurs, saluent le combat des enseignant·e·s contractuel·le·s au Maroc.

La FERC-CGT et la CGT-Éduc’Action apportent tout leur soutien et toute leur solidarité à la lutte menée par les enseignant·e·s contractuel·le·s et leur coordination nationale.

Montreuil, le 11 juin 2021

 


Fédération de l’éducation, de la recherche et de la culture // 01-55-82-76-12 // ferc@cgt.fr

 

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TRIBUNE COLLECTIVE – “LOI SÉPARATISME : IL EST ENCORE TEMPS” PUBLIÉE SUR LIBÉRATION

Tribune collective, à l’initiative de la LDH, signée par 50 organisations et 54 personnalités signataires et publiée dans LIBÉRATION 

Le projet de loi confortant le respect des principes de la République est à nouveau examiné par l’Assemblée nationale, après l’échec de la commission mixte paritaire et une version durcie par le Sénat.

Nous alertons solennellement sur ce texte de division et de surenchère sécuritaire qui met gravement en péril l’équilibre réalisé par les grandes lois laïques de 1882, 1901 et 1905, avec des mesures dans tous les sens, soit imprécises, soit disproportionnées, qui sont dangereuses pour les libertés publiques de toutes et tous.

Nous nous alarmons de ce projet qui vient encore fragmenter la société française et jette une suspicion généralisée à l’encontre des personnes de confession musulmane, comme sur toutes les associations et les citoyennes et citoyens engagés.

Il est encore temps pour les députés, le gouvernement et le président de la République d’écouter toutes les inquiétudes exprimées, les vives critiques de la Défenseure des droits, du Conseil d’Etat, de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, du Haut conseil à la vie associative, les fortes réserves de la communauté internationale, comme dernièrement celles du rapporteur général sur la lutte contre le racisme et l’intolérance du Conseil de l’Europe.

Il est encore temps de tirer les leçons de la censure du Conseil constitutionnel sur la loi sécurité globale, qui a sanctionné l’article polémique sur le droit de filmer les forces de l’ordre plutôt que de le recycler sous une forme tout aussi douteuse dans ce projet. 

Il est encore temps de refuser cette voie de tension et de défiance, un retour à une logique concordataire, une remise en cause de l’autonomie des collectivités territoriales, de la liberté associative et de la liberté d’expression.

Il est encore temps, en cette période de grave crise sanitaire et sociale, de renoncer à importer dans les entreprises privées liées par une commande publique des obligations qui relèvent par nature de l’Etat et de l’administration, en obligeant une neutralité politique et religieuse à des millions de salariés en dépit du droit européen qui interdit toute discrimination directe ou indirecte fondée sur la religion ou les convictions au sein des entreprises.

Il est encore temps de réaffirmer une confiance envers le monde associatif, essentiel à la cohésion sociale et à la solidarité, plutôt que de le fragiliser en imposant un « Contrat d’engagement républicain » décrété par le seul gouvernement, qui ouvre à l’arbitraire et aux contrôles abusifs par des élus locaux délégués à un pouvoir de police morale et de la pensée.

Ce projet de loi, s’il était adopté, porte les germes de sombres perspectives que nous refusons.

Nous appelons, au contraire, à une démocratie vivante et pacifiée, à un dialogue social et civil riche de notre diversité, restant tous profondément attachés aux principes fondamentaux de notre République solidaire, démocratique et sociale et à des libertés publiques égales pour toutes et tous.

Premiers signataires :

Ligue des droits de l’Homme (LDH), Confédération générale du travail (CGT), Fédération syndicale unitaire (FSU), Syndicat des avocats de France (Saf), Syndicat de la magistrature (SM), Syndicat national des journalistes (SNJ-CGT), Syndicat national des personnels de l’éducation et du social à la protection judiciaire de la jeunesse (SNPES-PJJ/FSU), Union nationale des étudiants de France (Unef), Union syndicale Solidaires, Action non violente – Cop21 (ANV-Cop21), Alternatiba, Anticor, Assemblée citoyenne originaires de Turquie (Acort), Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (Attac), Association des travailleurs Maghrébins de France (ATMF), Association des Tunisiens de France (ADTF), ATD Quart monde, Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (Cedetim), Centre de recherche et d’information pour le développement (Crid), la Cimade, Collectif des associations citoyennes (Cac), Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre solidaire), Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal), Coordination nationale Pas sans nous, Droit au logement (Dal), Emmaüs France, Fédération des associations de solidarité avec tous-tes les immigré-e-s (Fasti), Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE),  Fédération nationale de la Libre Pensée, Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT), Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), Femmes égalité, Fondation Copernic, Fondation Danielle Mitterrand, France nature environnement (FNE), Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP), Greenpeace France, Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), Jeunesse ouvrière chrétienne (Joc), Lallab, Médecins du Monde, Memorial 98, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC), les Petits débrouillards, le Planning familial, la Quadrature du net, Secours catholique – Caritas France, SOS Racisme.

 

Signatures individuelles, premiers signataires :

Philippe Aigrain, auteur et éditeur ;

Gérard Aschieri, ancien secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU) ;

Emma Aubin-Boltanski, directrice de recherche au CNRS ;

Yves Aubin de la Messuzière, ancien ambassadeur de France, président d’honneur de la Mission laïque française ;

Bertrand Badie, professeur émérite des universités à Sciences Po Paris ;

Jean Baubérot, historien et sociologue français, spécialiste de la sociologie des religions et fondateur de la sociologie de la laïcité ;

Miguel Benasayag, psychanalyste et philosophe ;

Jean-Paul Benoit, président de la Fédération des mutuelles de France ;

Laurent Cantet, cinéaste ;

Claude Calame, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) ;

Monique Chemillier-Gendreau, professeure émérite de droit public et sciences politiques à l’université Paris Diderot ;

Dominique Clémang, avocate au barreau de Dijon, bâtonnier de l’Ordre 2018-2019 ;

Maxime Combes, économiste ;

Olivier Compagnon, professeur d’histoire contemporaine à l’université Sorbonne nouvelle ;

Marie Cosnay, autrice ;

Marie Cuillerai, professeur de philosophie à l’université de Paris ;

Mireille Damiano, avocate au barreau de Nice, ancienne présidente du Syndicat des avocats de France (Saf) ;

Jean-Michel Delarbre, co-fondateur et militant du Réseau éducation sans frontière (RESF) ;

Laurence De Cock, historienne et membre du Comité central de la LDH ;

Bernard Defrance, philosophe ;

Stéphane Douailler, professeur émérite de philosophie à l’université Paris 8 ;

Jean-Michel Ducomte, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Toulouse ;

Mireille Fanon-Mendes France, ancienne experte de l’Onu, présidente de la fondation Frantz Fanon ;

Didier Fassin, professeur à l’Institute for advanced study de Princeton et titulaire de la chaire annuelle de santé publique du Collège de France ;

Eric Fassin, sociologue à l’université Paris 8 ;

Benoit Garcia, vice-président du Conseil économique, social et environnemental (Cese) ;

Cécile Gondard-Lalanne, membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese) au titre de l’union syndicale Solidaires ;

Bernadette Groison, membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese) au titre de la FSU ;

Cédric Herrou, responsable d’Emmaüs-Roya ;

François Journet, psychiatre ;

Françoise Lorcerie, directrice de recherche émérite au CNRS, spécialiste des questions scolaires ;

Myriam Laïdouni-Denis, co-fondatrice de  l’Association nationale villes et territoires accueillants (Anvita) ;

Henri Leclerc, avocat et président d’honneur de la LDH ;

Joris Mathieu, directeur du théâtre Nouvelle génération, centre dramatique national de Lyon ; René Monzat, pour la Commission Islam et laïcité ;

Gérard Mordillat, écrivain et cinéaste ;

Marie-Noëlle Orain, membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese) au titre de la Confédération paysanne ;

Edwy Plenel, journaliste ;

Gilles Porte, cinéaste ;

Philippe Portier, ancien directeur du Groupe sociétés, religions, laïcités du Centre national de recherche scientifique (GSRL – CNRS), directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études et titulaire de la Chaire « Histoire et sociologie des laïcités » ;

Anne Rochette, artiste et professeure à l’école nationale des Beaux-arts ;

Patrice Rolland, professeur émérite de droit public ;

Joël Roman, philosophe et essayiste ;

Frédéric Sawicki, professeur de sciences politiques ;

Barbara Stiegler, professeure des universités en philosophie politique ;

Hocine Tandjaoui, écrivain ;

Annie Tobaty, ancienne inspectrice générale de l’Education nationale ;

Maryse Tripier, sociologue ;

Anaïs Vaugelade, autrice, illustratrice et éditrice ;

Fabien Vehlmann, scénariste de bande dessinée ;

Patrice Vermeren, professeur émérite au département de philosophie de l’université Paris 8 ; Dominique Vidal, journaliste et historien ;

Patrick Viveret, philosophe et magistrat honoraire ;

Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherches émérite au CNRS.

Lire la tribune sur LIBÉRATION

Paris, le 15 juin 2021

 

Appel loi separatisme – Il est encore temps def

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Les mineur.es isolé.es marocain.es victimes du marchandage entre la France et le Maroc

Des enfants assimilés à une marchandise qu’on utilise dans un rapport de force pour obtenir de l’Europe des avantages politiques et financiers en contrepartie du contrôle des flux migratoires, c’est ce que la France vient de « saluer » en réagissant favorablement à la directive royale du 1er juin sur le retour des mineur·es isolé·es de nationalité marocaine présents sur le territoire européen.

Ces déclarations ne peuvent être déconnectées des événements de Ceuta et Melilla de mai dernier. Des événements qui ont révélé la « passivité » des autorités marocaines face à la fuite de milliers de Marocains et de Marocaines dont un grand nombre de mineur·es, suscitant une réaction de l’Union européenne, prompte à défendre ses « frontières » et à menacer le Maroc de sanctions.

Cette situation de crise a conduit à des négociations entre le Maroc et l’Espagne, puis à un accord aux termes duquel la prise en compte de l’intérêt des enfants ne tient aucune place.

Les autorités marocaines portent à ce titre une double responsabilité. D’abord, celle de créer des conditions conduisant une partie de sa jeunesse à risquer la mort en traversant la Méditerranée dans l’espoir d’un avenir meilleur. Puis d’accepter leur retour forcé, ce qui les replacera immanquablement dans les mêmes conditions que celles qui ont motivé leur départ.

L’Union européenne, sous couvert de coopération en matière de protection de l’enfance, sous-traite au Maroc la gestion de ses frontières extérieures, en bafouant la Convention internationale des droits de l’enfant.

De son côté, la France, en contournant sa propre législation sur l’interdiction de l’éloignement forcé des mineurs étrangers, met délibérément ces enfants en danger en les renvoyant dans leur pays où ils encourent des peines de prison pour avoir émigré illégalement.

Le Maroc et la France, en signant la convention internationale des droits de l’enfant, ont pris des engagements intangibles. Ils doivent les respecter en renonçant à appliquer la déclaration d’entente qu’ils ont signés le 7 décembre 2020, permettant le renvoi des mineur⋅es marocain⋅es.

 

Premiers signataires :

Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF), Groupe d’information et de soutien des immigré·e·s (Gisti), La Ligue des droits de l’Homme (LDH), le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), InfoMIE, Migreurop, Réseau éducation sans frontière (RESF), Fédération CGT Education Recherche Culture (FERC-CGT), Utopia 56, Association De Défense Des Droits De L’Homme Au Maroc (ASDHOM), Accompagnement et Défense des Mineurs Isolés Étrangers (ADJIE)

14 juin 2021

 

 

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Hier les juifs, aujourd’hui les musulmans et les français issus de l’immigration. Demain, tous ceux revendiquant la justice sociale

«Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines »

Suffit, violence ! Suficiente violencia ! ! عنف كفى ! מספיק אלימות

La violence est là, bien présente, subie par celles et ceux qui paient invariablement les frais de chaque réforme antisociale, chaque campagne électorale. Encore et encore…

Celles et ceux qui, à travers l’ethnicisation des questions sociales, sont utilisés comme un moyen d’externalisation des causes de la dégradation des conditions de vie des classes populaires.

Celles et ceux qui subissent constamment, dans leur chair, dans leur âme, la violence sociale de la précarité économique, la violence des contrôles policiers au faciès, la violence des discours politiques et médiatiques ainsi que la violence des agressions racistes quotidiennes se banalisant de plus en plus.

Sans cesse, les discours idéologiques suscitent peurs, angoisses, créant la panique autour d’un supposé péril menaçant notre société, dans son « unité », son « identité » et sa « sécurité ».

Dévier la colère contre l’insécurité sociale vers une colère contre « l’insécurité », est la logique qui anime ces discours sur les « territoires perdus de la République ».

Ainsi, les deux tribunes de militaires qui se disent prêts à intervenir pour sauver la France menacée de « délitement », en raison d’un « certain antiracisme », de « l’islamisme » et des « hordes de banlieue »…, marquent grave un tournant dans ce processus de légitimation de l’extrême droite et de son discours d’assise fasciste.

La lettre ouverte du syndicat Police-France fait froid au dos : « Dans le cadre de l’état d’urgence, il faut procéder au bouclage des 600 territoires perdus de la République, y compris avec le renfort de l’Armée, en contrôlant et en limitant les entrées et sorties de ces zones par des check points sur le modèle israélien de séparation mis en place avec les territoires palestiniens».

Cette lettre appelle par ailleurs, à légiférer pour le droit de tuer en toute impunité instaurant « la légitime défense pour les policiers et les gendarmes leur permettant d’ouvrir le feu dès lors qu’un fuyard n’obtempère pas ou qu’ils sont l’objet de tirs de mortiers et d’artifices ou de jets de cocktails Molotov.», invitant à s’inspirer « du modèle brésilien et philippin en matière de lutte contre le narco-terrorisme. »

Aujourd’hui, nous sommes déjà dans le projet de demain, se référant à des systèmes politiques de l’apartheid et des dictatures, faisant appel à la légitimation de la violence d’institutions incarnant l’ordre, la police et l’armée.

Cette démonstration de force menace la démocratie, menace l’avenir de notre société dans son ensemble.

La responsabilité en incombe à la politique qui fait d’une part siennes, les thèses du séparatisme, de l’islamo gauchisme, de la peur sécuritaire, et qui mène d’autre part, des réformes antisociales, le tout relayé avec une violence inouïe par des médias à la botte de leurs détendeurs.

Jeter une partie des citoyens de ce pays au lynchage médiatique et à la haine raciale, paupériser les franges populaires, les précariser, leur ôter le droit à une vie digne, est ce qui ouvre grandement les portes à l’emprise de tous les fascismes.

Aucune voix ne sera arrachée, aucune victoire électorale ne sera effective, sans mener la bataille contre les idées noires des corbeaux, sans une politique de justice sociale.

 

ATMF, 11.06.2021

 

L’ATMF appelle à marcher pour les libertés et contre les idées de l’extrême droite ce samedi 12 juin 2021

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QUAND L’HUMAIN N’EST PLUS RIEN D’AUTRE, QU’UNE VARIABLE D’AJUSTEMENT !

Variable d’une équation, où les rives du sud comme du nord agitent le « nationalisme »

Les raisons qui poussent aujourd’hui, des milliers de marocains à fuir massivement le pays qui les a vu naître, sont les mêmes qui animent les luttes revendiquant justice sociale et libertés fondamentales. Elles sont les mêmes qui ont motivé le mouvement du Hirak du Rif qui a porté haut fort les exigences sociales et culturelles d’une région où les seules alternatives pour survivre restent liées massivement à la contrebande et à une immigration périlleuse.

Pour dénoncer cette situation, notre association n’a pas trouvé de mots aussi justes, aussi forts, que ceux portés et scandés par la jeunesse de cette région. Ce sont les paroles des supporters du « Itihad Tanger» :

https://youtube.com/watch?v=py-fA4YDp88&feature=share

 

« Les paroles de la galère éclairent »

 

Pourquoi, de ce pays,

des fils immigrent ?

Ceux qui sont arrivés à destination

et ceux qui sont morts

Cette vie qui ne vaut rien,

est la cause de la migration

Félicitations, le pays se vide

Ni santé, ni éducation… que corruption et …

Patients, nous sommes et dieu est espérance

Ils usurpent les moyens de vie des personnes

Et s’il n’ ya plus que le néant,

c’est parce que tes enfants sont en exil

Eh ma terre « mi amor »

celle que mon cœur a aimé

Elle habite mon esprit,

alors que je traverse les mers

On nous a fracassé, oh ma mère…

je jure que ce n’est pas par choix

Ni boulot, ni rien… et ils veulent que je m’incline

L’amour du pays habite le cœur

Seul dieu le sait

Rouge et vert, le drapeau !

Que d’argent dépensé en projets,

et d’enfants dans les rues, des victimes vivantes

Je reste patient et je me dis,

Meilleur que le passé, sera ce qui est à venir

Vous avez parasité nos esprits … Par où passe la drogue ?

Elle passe par la douane

Et le peuple, pour un join,

vous le jetez dans les prisons !

Oh ! Dieu notre seigneur

Demande des comptes à ceux qui nous font du mal,

ceux qui vivent à nos dépends

Marocain de nationalité… Ils l’ont ignoré

J’exprime en toute liberté de simples revendications

Et j’ai des regrets,

quand je pense à mes parents,

qui nourrissaient des espoirs envers moi

J’ai fait des études qu’ils ont financées

Le diplôme, le voilà

où est donc l’emploi ?

La lala lala…

 

La vie doit avoir la même valeur, sans distinction aucune.

Les marchandages honteux aux dépens des plus démunis doivent cesser.

Les autorités marocaines doivent avoir comme urgence nationale d’assurer l’emploi et un revenu minimum pour ceux qui n’en ont pas.

Les autorités européennes doivent arrêter de sous-traiter la maltraitance des migrants. L’immigration est aussi la résultante des politiques néocoloniales.

Le droit à la dignité des migrants doit être préservé.

Aucune maltraitance ne doit être tolérée.

Aucune poursuite pénale des migrants.

Liberté de circulation.

Abrogation des accords de la sous-traitance de l’immigration.

 

Atmf.org – 20 mai 2021

 

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Pour la mémoire de Brahim BOUARRAM

Pour la mémoire de toutes les victimes du racisme

Pour un avenir de justice sociale,

Combattons la politique du bouc émissaire 

Plus d’un quart de siècle, que nous n’oublions point. 

Plus d’un quart de siècle, dont nous nous souvenons. 

Pour ne pas effacer. Pour prévenir. Pour agir.

Pour tenir vivace la flamme d’un devoir de mémoire.

 

Brahim BOUARRAM, a été exécuté, jeté dans la Seine par les mains de l’extrême droite, un 1er mai 1995.

Plus d’un quart de siècle après, nous nous devons et devons à toutes et à tous les Brahim, de combattre le processus de fascisation, libérateur des passages à l’acte des fanatiques de tout bord.

 

Plus d’un quart de siècle après, à des fins de détournement des colères sociales, les mêmes politiques de construction d’un bouc émissaire désigné, sont toujours à l’œuvre.

Le recours à la stigmatisation des quartiers populaires et de l’immigration, aux discours islamophobes, n’est en rien une réponse à la paupérisation et au déclassement social d’une majorité de la population.

 

Plus visibles, sont depuis la pandémie, les conséquences désastreuses des choix économiques et politiques menés ainsi que celles du démantèlement des services publics. Austérité pour les mêmes et enrichissement scandaleux pour une petite minorité !

 

Des milliards ont été débloqués, mais pas pour tous. Seul 0,8 % du financement du plan de relance sera consacré aux plus pauvres, alors qu’une grande partie des aides publiques sont allées, sans condition, aux grandes entreprises du CAC 40. La finance est aux commandes !

Réduction des allocations pour « inciter les chômeurs à reprendre le travail ». Telle est la logique de la réforme de l’assurance chômage, qui entraînera une baisse de revenus de 15,15 millions de personnes, à hauteur de 17%, dont les plus touchés sont les précaires et les femmes. Une économie de 2,3 milliards par an, sur le dos des plus fragiles, des plus précaires !

Retirer aux plus pauvres pour donner aux plus riches.

A qui en incombent les responsabilités ?

N’est-ce pas là, le cœur de toutes les manifestations et revendications populaires ?

N’est-ce pas là, les raisons de la remise en cause de la légitimité des dominants ?

 

La démonstration n’a-t-elle pas été faite, qu’il n’y a nulle différence de traitement entre français de différentes origines, quand le « peuple d’en bas » réclame ses droits ?

 

Les violences réservées habituellement aux jeunes des quartiers populaires, n’ont-elles pas visé aussi férocement les Gilets Jaunes et les manifestant-e-s contre la réforme des retraites ?

 

Le corollaire évident de cette intense campagne idéologique, politique et médiatique portant sur l’immigration, le communautarisme, le voile, le séparatisme, le péril que représente l’islam de France, n’est-il pas une reprise, et une banalisation du discours de la haine ?

 

La gestion des mouvements sociaux par le recours aux trois composantes, idéologique par le biais de la construction d’un bouc émissaire dévoyant les colères sociales, juridique en intégrant des mesures d’exception dans le droit commun, et répressif en instaurant la doctrine de l’ordre public, ne révèle-t-elle pas que le processus de fascisation ne se limite pas à son aspect raciste, mais menace tous ceux qui s’opposent aux politiques des dominants ?

 

Le discours guerrier autour d’un ennemi extérieur, le terrorisme, et un ennemi intérieur, le séparatisme, n‘a-t-il pas pour seul but de fabriquer une opinion publique qui adhère à cette guerre idéologique, pendant qu’une guerre contre les libertés fondamentales, les droits économiques et sociaux des plus défavorisés est menée à pas de charge ?

 

Ce processus de lepénisation, dopé notamment par le contexte des élections présidentielles, est le véritable danger, dans la mesure où il prépare le terrain à l’avènement de l’extrême droite et sa possible accession au pouvoir. Il ne faut pas s’y tromper.

 

Le Rassemblement National n’est pas porteur de progrès social, ni d’équité, ni de sécurité. Son projet n’est pas anticapitaliste. Tout au contraire il reproche aux capitalistes de ne pas aller assez loin. Et s’il n’hésite pas aujourd’hui à s’aligner sur des revendications populaires, c’est par pure manipulation. Ses positions historiques le prouvent.

 

Le fascisme est le démon du capitalisme. C’est lui qui a assassiné Brahim. Et c’est lui qui vise l’étouffement de toutes les aspirations portées par les luttes sociales, dont celles des quartiers populaires.

 

La politique du bouc émissaire est ce qui menace notre vie et plonge des milliers d’entre nous dans la précarité et la misère, sans distinction aucune de nos origines. Et c’est tous ensemble, dominés, exploités, exclus, combattants de la justice sociale, que nous ferons reculer l’ombre planante du fascisme.

 

C’est la base de l’engagement que nous prenons en tant qu’organisations, pour que la mort de Brahim Bouarram et de toutes les victimes du racisme rappelle à tous que l’histoire risque de se répéter.

 

Nous vous donnons rendez-vous l’année prochaine pour nous retrouver là où Brahim a été assassiné, là où le devoir de mémoire continuera de vivre.

 

Premiers signataires :

ATMF, LDH, Femmes Plurielles, ASDHOM, FTCR, ADTF, ATF, UTAC, CRLDHT, CEDETIM, AFAPREDESA, ACDR, REMCC, UJFP, Femmes en luth citoyennes à part entière, Le paria, FUIQP, FASTI, GISTI, L’ACORT, Institut Mehdi Ben Barka-Mémoire Vivante, La Horde, APCV, AMF, Union Syndicale Solidaires

PEPS – Pour une Ecologie Populaire et Sociale

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La réponse de l’ATMF à Rodolphe GRANIER, élu municipal du « Groupe Changer Paris »

« On domine plus facilement les peuples, en excitant leurs passions qu’en s’occupant de leurs intérêts. »

Gustave Le Bon – 1913

« La loi « Séparatisme », est une Menace pour Tous.

Elle participe d’un « renforcement global du contrôle de l’ordre social ».

Elle renoue avec les pratiques d’allégeance.

Elle s’éloigne de la République ».

Notre association l’a affirmé dans son communiqué du 02 avril 2021

Rodolphe GRANIER, élu municipal du « Groupe Changer Paris », l’a illustré par son intervention, lors de la séance du conseil de Paris, du 15 avril 2021.

Il a demandé la suppression de la subvention accordée à notre association.  Le motif évoqué est que l’ATMF est une « association politique ». Et pour preuve, il cite les communiqués qu’elle a publiés :

  • contre le royaume du Maroc et la répression de l’état à l’encontre du Hirak du Rif
  • contre l’annexion des territoires palestiniens
  • sur le 17 Octobre 1961
  • sur les violences policières
  • sur la « loi séparatisme »

Ainsi, la loi « conforter les principes de la République », ouvre la voie à des surenchères hautement dangereuses pour le droit démocratique de tous les citoyens de France, et particulièrement de ceux issus de l’immigration et leurs enfants français.

Alors, pour quel modèle de république œuvre-t- on pour l’ensemble des citoyens, quand on défend une monarchie totalitaire et la répression de ceux qui se battent pour « la liberté et l’égalité» ?

Qu’en est-il de la liberté d’opinion ?  Les associations défendant les droits des immigrés et de leurs enfants, seraient exclues de ce droit ? De quel « universalisme » républicain, peut-on se revendiquer, dans ce cas ?

La politique constitue-t-elle un délit de « séparatisme » pour certains citoyens, quand elle est une preuve d’implication dans la vie de la cité pour d’autres ?

Pour notre association, il s’agit d’une volonté d’instaurer une police de la pensée, en agitant le chantage aux subventions. Exclure du champ politique, une association agissant sur les questions relatives à l’immigration, relève d’une logique d’exclusion de l’égalité des droits et de domination.

Les déclarations répétées de Rodolphe GRANIER ne sont pas un fait isolé. Elles participent, dans un contexte de crise économique et sociale sans précédent, puis de préparation des élections présidentielles,  au déploiement d’un climat idéologique caractérisé par une Lepénisation des esprits. Reprendre des concepts d’extrême-droite ou issus du passé colonial, devient un moyen de capter des voies à l’extrême droite. Un exercice auquel se livre une frange de la droite, mais pas uniquement.

Pendant que l’on stigmatise une partie des citoyens en les désignant comme un danger pour la république, des prérogatives plus larges pour réprimer les protestations populaires sont octroyées. Pour les uns, c’est la loi « séparatisme », pour tous, c’est la loi sur « la sûreté globale ».

L’ATMF restera résolument attachée, à la défense des droits, des libertés  de tous  ceux qui en sont privés, et là où ils sont bafoués, « sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.

L’ATMF continuera « à s’occuper des intérêts » de tous sur une base d’égalité et de justice sociale.

 

Atmf, 19 avril 2021

 

 

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La loi « séparatisme » se trompe de cible

 

Le séparatisme n’est pas le fait de ceux qu’on stigmatise

Le séparatisme est le fait d’un état qui a abandonné, a ghettoïsé, a discriminé, des populations défavorisées, bafouant l’Egalité Des Droits, Principe de la République.

La loi « confortant le respect des principes de la République »,  devrait « conforter » l’égal accès de tous, aux droits fondamentaux, aux droits économiques et sociaux, sans quoi la République ne peut faire corps.

Oui, la République est menacée.

La République est menacée par le tournant autoritariste actuel

La République est menacée par les attaques en règle contre la liberté d’expression, la liberté de culte et la liberté d’association. « Les mesures du projet de loi concernent pratiquement tous les droits et libertés publiques », a estimé le Conseil d’Etat

Contraindre les associations à la signature d’un « contrat d’engagement républicain » :

  • Participe d’un « renforcement global du contrôle de l’ordre social », a déclaré le Défenseur des droits
  • Renoue avec les pratiques d’allégeance
  • S’éloigne de la République

La loi « Séparatisme », est une Menace pour Tous.

Elle découle d’une même logique, celle qui  a animé la Loi sur la sureté globale, la loi de programmation de la recherche, les décrets sur le fichage, les dissolutions d’associations, le déni des violences policières, les accusations d’islamo gauchisme, la relance du débat sur « l’identité nationale »

Elle découle d’une stratégie de compétition avec l’extrême droite et de la volonté de récupérer une partie de l’électorat de la droite traditionnelle

Elle découle d’un durcissement des politiques répressives à l’égard de tous ceux qui dénoncent, qui revendiquent, qui luttent, qui résistent.

La République ne fera sens, qu’avec tous ses citoyens, sur une même base d’égalité

La République ne fera sens, qu’avec la justice sociale

La République ne fera sens, qu’avec la fin des discriminations et du racisme

La République ne fera sens, qu’avec l’abrogation de toutes les lois liberticides

C’est le sens que nous donnons au Contrat Républicain

Atmf, 2 avril 2021


Les associations membres :
l’ATMF national regroupe vingt associations membres. Ces membres se répartissent sur l’ensemble du territoire français (Paris, Saint Denis, Gennevilliers, Argenteuil, Aix-en-Provence, Dijon, Strasbourg, Reims, Rennes, Nancy, Sens, Nord-Pas-de-Calais, Nantes, Montpellier, Saint-Avold, Bagneux, Villeurbanne…) et défendent ses valeurs à travers leurs actions.


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تعقيب على تقرير المجلس الوطني لحقوق الإنسان حول حَراك الريف

تعقيب على تقرير المجلس الوطني لحقوق الإنسان( المغرب) حول محاكمات السجناء السياسيين لحراك الريف

النشر يوم الجمعة 5 مارس 2021

 

1)  كلمة تقديمية لجمعية ثافرا

2)  كلمة جمعية العمال المغاربيين  بفرنسا

3)  مساهمة من أبوبكر الجامعي

4) PDF تعقيب على تقرير المجلس الوطني لحقوق الإنسان حول حَراك الريف : في الجزء السفلي من الصفحة ، بتنسيق 

 


..كلمة تقديمية لجمعية ثافرا

تحلّ علينا، يوم 05 مارس 2021، الذكرى الرابعة لإقرار وثيقة الملف المطلبي للحراك الشعبي بالريف بعد المصادقة عليها جماهيريا يوم 5 مارس 2017 بساحة كالا بونيتا بالحسيمة. وبهذه المناسبة الهامّة نتشرف في جميعة ثافرا للوفاء والتضامن أن نتشارك مع جميعة العمال المغاربيين بفرنسا نشر هذا التعقيب على تقرير المجلس الوطني لحقوق الإنسان حول حراك الريف، آملين أن يكون هذا الاجتهاد الذي خطّه صاحبه بصدق مناسبة للأخذ والرد الهادئين وحافزا لبلورة تعقيبات أخرى على تقرير المجلس الوطني لحقوق

.الانسان ونؤكد أن جمعية ثافرا مستعدة للتعاون مع كل الصادقين في أي عمل جماعي ينحو في هذا الاتجاه

نتوخّى من نشر هذا التعقيب المتميّز في هذه المناسبة استعادة رمزية هذه المحطة بدلالاتها العميقة والمكثفة والتذكير بمحورية الملف المطلبي من حيث منهجية صياغته وتشاركية مساره وديمقراطية إقراره وعدالة مطالبه ومصداقيتها. كما نبتغي من ذلك التذكير بمشروعية الحراك الشعبي بالريف، والتأكيد على براءة معتقليه السياسيين الذين يجب إطلاق سراح من لا يزال منهم رهن الاعتقال بدون قيد أو شرط، مع تنبيه الدولة المغربية إلى غلطها التاريخي في التعاطي مع الحراك بمقاربة أمنية قمعية ارتكبت من خلالها فصولا

.جديدة من فصول انتهاكاتها الجسيمة لحقوق الإنسان بالريف وبعموم الوطن

إن هذا التعقيب الأول من نوعه في دقته النظرية والمفاهيمية وعمقه في التعليق على تقرير المجلس الوطني، يفند من الزاوية القانونية والممارسة الحقوقية مغالطات المجلس وادعاءاته المستمدة من محاضر الضابطة القضائية والنيابة العامة وتصريحات دفاع الطرف المدني وشهود الزور، ويدحض شيطنته للحراك الشعبي بالريف ونشطائه باختزاله في أعمال العنف والفوضى ونشر الكراهية والتطرف والعنصرية لا لشيء سوى أنه طالب الدولة الاعتراف بتاريخ الريف وإعادة الاعتبار لرموزه وكشف حقيقة ما حدث فيه من انتهاكات جسيمة لحقوق الإنسان على امتداد قرن من الزمن. فرغم أن المجلس يقرّ بأن ما شهدته منطقة الريف يعد « حدثا استثنائيا في الحياة السياسية والاقتصادية والثقافية للمغرب الحديث؛ سواء من خلال مدتها وحجمها أو انعكاساتها »، وبأنه  » لا نظير له في سياقات حقوق الإنسان بالمغرب »، إلا أنه عمد إلى تجريد الحراك الشعبي بالريف من هويته الإسمية وطابعه المجتمعي بنزع مفهوم الحراك عنه واختزاله في عبارة فضفاضة هي « احتجاجات الحسيمة »، بل وحاول جاهدا طمس حقيقته السلمية والحضارية والمطلبية

عبر تمرير الرواية الرسمية لتبرئة الدولة من الانتهاكات الحقوقية التي ارتكبتها بالريف، إمعانا منه في محاولاته اليائسة لنزع صفة الاعتقال السياسي عن معتقليه

لقد حاول تقرير المجلس تسويغ تعامل الدولة مع حراك الريف بالقمع والعنف من خلال تمييِز التقرير في صيرورة الحراك بين مرحلة طبعتها الاحتجاجات السلمية تنتهي حسبه يوم 26 مارس 2017، وبين مرحلة تلتها اتسمت بالاحتجاجات العنيفة. لكنّ العودة إلى كرونولوجيا الحراك تظهر أن لجوء الدولة إلى القمع والعنف بدأ مباشرة بعد طرح مشروع الملف المطلبي، إما عبر فرض حصار على مدينة الحسيمة واحتلال ساحاتها التي تحتضن تظاهرات نشطاء الحراك والجماهير الشعبية كما كان الأمر مع تطويق ساحة محمد السادس (ساحة الشهداء) بذريعة إقامة معرض المنتوجات التقليدية، وإما عبر تعنيف المحتجين ومنع تجمع النشطاء ومطاردتهم في شوارع المدينة كما كان الشأن مع حظر مسيرة تخليد ذكرى رحيل محمد بن عبد الكريم الخطابي والمصادقة على الملف المطلبي يوم 5 فبراير 2017. والحقيقة التي يغيبها تقرير المجلس في هذا السياق هي أن نشطاء الحراك، رغم هذا الجو الرهيب الذي فرضته الدولة في مدينة الحسيمة، ناشدوا في بلاغاتهم عموم المواطنين إلى التزام الهدوء وتجنب الانسياق مع استفزازات القوات الأمنية والتشبث بالسلمية، ما أكسب الحراك زخما إضافيا حيث انتقلت مسيرات الحراك إلى خارج مدينة الحسيمة: إمزورن، بني بوعياش، بوكيدارن، تماسينت، تروكوت، الناظور، العروي، سلوان، تارجيست، بني حذيفة، بني بوفراح، أولاد أمغار… وبالتالي فشلت المحاولة الأولى لقمع الحراك، وانتهت بتكسير الحصار على مدينة الحسيمة والمصادقة على الملف المطلبي يوم 5 مارس 2017

 

في الوقت الذي تعامى فيه تقرير المجلس عن الطابع السلمي والحضاري والفني الجمالي لاحتجاجات حراك الريف بهدف انتزاعه من هويته الحضارية والمجتمعية واختزاله في التطرف والكراهية والعنصرية والانغلاق، انكبّ على تلميع صورة الدولة وأجهزتها وتقديمها كضحية وصمتَ عن عنفها الشرس ضد الحراك وبرره بشكل مفضوح عبر ادعاءات مضلّلة ومغالطات كاذبة ووقائع مزيفة وانتقائية فاضحة، كأن أجهزة الدولة الأمنية لم تعذب المعتقلين ولم تداهم بيوتا ولم تكسّر أبوابا ولم تخرّب ممتلكات خاصة وعامة

.ولم تمارس عنفا لفظيا وماديا في حق المواطنين العزّل بمختلف أجناسهم وفئاتهم ولم تعرقل حقهم في التنقل، وكأنها لم تقتل مواطنا بالرصاص

وحتى يضفي التقرير مصداقية على استنتاجاته، ادّعى دون استحياء أنه « عقد لقاءا مع جمعية ثافرا حول ما جرى »، ما يوحي بأن اللقاء كان حول التقرير. وهو ما نعتبره افتراءً وسقطة أخلاقية لتركيبة المجلس الحالية، تعري الموضوعية والحياد التي تدعيها وتضع مقصد مساعيها موضع الظّن. ونؤكد أن اللقاء بالمجلس لم يكن حول التقرير وإنما حول الوضع المأساوي لمعتقلي حراك الريف بمختلف السجون، حيث طالبنا المجلس بتفعيل اختصاصاته الدستورية والقانونية والتدخل لدى المندوبية العامة لإدارة السجون لتجميع المعتقلين في أقرب سجن من عائلاتهم وتوفير وسيلة لتنقل العائلات لزيارتهم وتمكينهم من ملفاتهم الطبية وغيرها من مطالب المعتقلين السياسيين العاجلة والآنية في تلك اللحظة. ومن المستملحات التي تخللت ذلك اللقاء، ما قاله السيد أحمد الزفزافي رئيس جمعية ثافرا لرئيسة المجلس حين استفاضت في تبرير تأخر المجلس عن إصدار تقريره: « طلقو لدراري وخوذوا التقرير ». وليت تركيبة المجلس الحالية أخذت بتلك النصيحة عوض أن تكون شاهدة زور ومجتهدة في تبرير انتهاك حقوق الإنسان وتحويل الضحية إلى جلاد وتبرئة مرتكبي انتهاكات حقوقية جسيمة في حق نشطاء حراك الريف وعموم الأهالي من القتل طحنا في حاوية الأزبال أو بالرصاص، منع الاحتجاج السلمي وتفريق المتظاهرين بالعنف، الاستعمال المفرط للغازات المسيلة للدموع وبشكل عشوائي وفِي المناطق الآهلة بالسكان، تخريب الممتلكات العامة والخاصة من طرف قوات الأمن، عسكرة الريف،

.الاختطاف والاعتقال التعسفي، التعذيب الجسدي والنفسي، المحاكمات الصورية، الأحكام الباطلة والظالمة، تشتيت المعتقلين السياسيين، المعاملة الانتقامية والعنصرية

إن إصرار تقرير المجلس على تضمين فصوله وقائع غير موضوعية واستنتاجات غير حيادية، يجعلنا أمام تقرير غير حقوقي؛ بل أمام رواية سياسية تنسجم مع رواية الأغلبية الحكومية والتوجه الأمني، وبعبارة أدق أمام تقرير بمثابة شهادة الزور على التاريخ. وعليه، نثير انتباه الدولة إلى ضرورة إعمال العدالة والإنصاف والاعتراف في معالجة

.تداعيات حراك الريف، لأنه مهما بدت تصوراتها المستقبلية للريف صادقة وواعدة سيبقى الماضي يلوّنها إن لم تسوَ جراحه بعدالة

جمعية ثافرا 05.03.2021

 


L’Association des Travailleurs Maghrébins de France et l’Association & TAFRA pour la solidarité et la fidélité diffusent conjointement un commentaire à propos du Rapport du conseil national des droits de l’homme sur le Hirak du Rif : Pourquoi ?

لماذا التعليق؟

هذا التعليق وثيقة عملية تستند إلى أحداث موثقة ومؤرخة ومحدّدة بدقة  ولكنه أيضاً إضاءة تعتمد على التحليل القانوني. وهدفها هو إبراز الجوانب الذاتية والمغالطة التي اشتمل عليها التقرير الذي  أنجزه المجلس الوطني لحقوق الإنسان والتي تكشف التواطؤ  وتكشف بالدليل توظيف هذه المؤسسة من أجل التغطية على الانتهاكات

.كما أن الوثيقة أداة لإعادة إطلاق حملة المطالبة بإطلاق سراح نشطاء الحراك وجميع النشطاء والمواطنين ضحايا القمع

 

لماذا الآن ؟

إن  الأخبار حول المغرب، هي سلسلة من الدلائل لتي تثبت، إذا لزم الأمر، أن حراك  الريف  تعبير شعبي عن مطالب  تندد بجمود السياسات الاقتصادية والاجتماعية والثقافية

.القائمة على نظام مفترس يستحوذ  على ثروات البلاد، باستخدام قمع منهجي لأي شكل من أشكال المعارضة أو التعبير النقدي

وقد برزت الدولة التي لا تحترم القانون  أو دولة اللاقانون بشكل خاص في الحكم على نشطاء « الحراك » في الريف بأحكام مشددة، تصل بعضها إلى السجن 20 عاماً. كما أم القمع في الريف لم يكن استثناء وقد استمر ولا يزال ينزل على المواطنين والفنانين وأصحاب التسجيلات على اليوتوب  ومناضلي  حقوق الإنسان و العديد من الصحفيين المتهمين بالعنف الجنسي والاغتصاب، والاتجار بالبشر، وغسل الأموال، وتعريض أمن الدولة للخطر… السلطة تلجأ إلى المراقبة الجماعية والتجسس على هواتف بعض

.النشطاء من خلال برنامج التجسس الباهظ الثمن بيغاسوس من طرف  شركة NSO الإسرائيلية

وفي الوقت الذي يرسي فيه النظام مناخاً من الرعب، لا يزال يزعم وجود ما يسمى الانفتاح الديمقراطي. ولهذا، فإنه يستخدم كلا من الشرطة والقضاء، مدعياً أن القانون يحظى بالاحترام. ويتم تصدير هذه الممارسات إلى خارج المغرب فقد كشف  بيان مشترك من طرف الإدارة العامة للأمن الوطني والإدارة العامة لمراقبة التراب الوطني و الإدارة العامة للدراسات والمستندات عن وضع شكايات مشتركة ضد الأشخاص الذين يسيئون إلى المؤسسات المغربية من الخارج كما تم مؤخرا اعتقال يوتوبر مغربي

.أمريكي

 وفي مواجهة هذه الانتهاكات الخطيرة للحريات وحقوق الإنسان، فإن السكوت المتواطؤ هو سيد الموقف. إن مصالح الدولة، ولا سيما مصالح فرنسا، لا يمكن أن تكون مبررا

.للتضحية بمصالح الشعوب المناضلة من أجل كرامتها وعدالة المجتمع والحرية والديمقراطية

وهذا هو السبب في أن المطالبة بالحرية مفروضة على جميع الأصوات المحتجة  والتي تندد بالتعسف والتهميش الاجتماعي والثقافي، فضلا عن غياب الآفاق التي تدفع

   .جيلا من الشباب بأكمله إلى التضحية بحياتهم في قوارب الموت. ولهذا السبب، فإن المطالبة بالإفراج عن مناضلي حراك  الريف وجميع الحراكات ضرورة ملحة

05.03.2021 – ATMF


مساهمة من أبوبكر الجامعي

Traduction du texte de Aboubakr Jamaï du français à l’arabe

 

إن هذه الدراسة عمل مفيد جدا . وتتمثل مهمتها الأساسية في كشف أوجه القصور في تقرير صادر عن مؤسسة يفترض أن تحمي حقوق الإنسان. وبذلك، تلقي الدراسة الضوء القاسي على الوظيفة السياسية للمجلس الوطني لحقوق الإنسان: تلميع الصورة السلطوية للنظام الحاكم المغربي أمام الآخرين،   وكما تبين هذه الدراسة، فإن المجلس الوطني لحقوق الإنسان ما هو إلا  واحدة من العديد من الأقنعة لمؤسساتية الزائفة التي يزين النظام بها وجهه الاستبدادي وهي كلها مؤسسات تزعم التمسك بوهم الديمقراطية إن لم تكن الديمقراطية. وقد سبق  للمجلس الوطني لحقوق الإنسان أن تناول أوجه القصور والتجاوزات من طرف أجهزة الدولة وقالت رئيسته  إن نشطاء الحراك تعرضوا للتعذيب  لكنه فعلَ ذلك كساعة معطوبة  تعطي الوقت الصحيح مرتين فقط في اليوم. ولذلك فهذه الدراسة تبرز بالملموس و بالأدلة، وليس المزاعم إلى أي

.مدى لا تلعب هذه المؤسسات سوى دور المساحيق

 

وفوق كل شيء، تساعد هذه الوثيقة  على قياس أهمية الحراك بشكل أفضل في سلسلة الأحداث الكبرى التي تشكل الطريق الشاق إلى مغرب الكرامة والحرية. وتوثق  الثمن الباهظ الذي دفعه النساء والرجال الذين قادوا هذا الحراك وشاركوا فيه. لكن تضحياتهم لن تذهب سدى. وقد دفعت حركة 20 فبراير السلطة في المغرب إلى الاعتراف في الخطاب الملكي الذي يمكن وصفه بالهدنة يوم  9 مارس 2011 بأن مؤسساته السياسية عفا عنها الزمن كما  دفع  حراك الريف النظام إلى ردود فعل سلطوية  أكدت أن  ما يسمى بالإصلاحات الديمقراطية لما بعد عام 2011 ودستورها الممنوح ما هي إلا أوهام و بعد الإساءة التي تعرض لها ناصر الزفزافي ورفاقه وبعد مهزلة المحاكمات التي كانوا ضحايا لها، من لا يزال يستطيع  الادعاء أن دستور عام 2011 والمؤسسات التي انبثقت منه تشكل نقطة تحول ديمقراطي؟

لقد وقع الحراك في منطقة يهيمن عليها انتخابياً حزب الأصالة والمعاصرة وهو حزب أسسه مستشار الملك الأكثر نفوذاً. وفي حين أظهر الحراك   تفاهة هذا الحزب إلا أنه أبرز قبل كل شيء غرور المشاريع السياسية الجاهزة في مواجهة استياء المواطنين. لقد   أجبر الحراك النظام إلى اعتراف آخر بالفشل وهو فشل نموذجه الاقتصادي. و من الحجج القديمة للسلطوية أن تزعم أن إدارتها الاقتصادية أكثر فعالية من تسيير الأنظمة الديمقراطية. وبفضل نشطاء الحراك، فإن النموذج المغربي طويت صفحته  وأبرزت قائمة المطالب الاقتصادية والاجتماعية التي دافع عنها الحراك عدم كفاءة نموذج اقتصادي ريعي يقوم على استثمارات الزينة و الفخفخة التي ليس لها تأثير حقيقي على رفاه

.المواطنين    

وأخيراً، وليس آخراً، فقد أفرز الحراك  مجموعة من القادة الشباب الشجعان والمنظمين الذين استطاعوا أن يبرهنوا على زيف الأطروحة التي تزعم أن المغاربة  وخاصة

.الشباب غير ناضجين  سياسيا .وإذا كانوا يدفعون ثمناً باهظاً لنشاطهم، فقد زرعوا بذور المغرب الأفضل الممكن


 

تعقيب على تقرير المجلس الوطني لحقوق الإنسان حول حَراك الريف